Pour en finir avec la division entre pédagogues et républicains et « sauver la lecture »

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A priori, je me définirais plutôt comme pédagogue. Mes différentes interventions sur mon site web en témoignent. Seulement, je n’ai jamais été dupe et encore moins démagogue. Pédagogie ne signifie pas démagogie. Par conséquent je ne saurais faire la sourde oreille aux arguments des dits « républicains » En ce sens, je ne suis pas de ceux qui diraient qu’actuellement e le niveau monte. Je pense sérieusement que le niveau général a monté probablement jusqu’au milieu des années 1990. Depuis la fin des années 1980 des facteurs sociologiques, technologiques et historiques ont provoqué des changements souvent incompris et qui ont eu parfois des effets pervers. De par mon âge (je suis né en 1977), j’ai pu plus facilement percevoir ces micro-changements générationnels. Il est évident que les élèves ont changé et ce de manière rapide. Je ne m’étonne donc pas des récents résultats de la dictée du collectif « sauver les lettres » Tout cela était prévisible et probablement depuis 1989. La loi d’orientation de l’époque était dans l’ensemble positive mais était probablement trop angélique. Pourquoi ? Tout simplement parce que les nouveaux dispositifs qui allaient être mis en place et la trop grande « psychologisation » de l’élève allait produire des effets néfastes du fait d’un bouleversement sociologique. Les mesures de 1989 auraient du s’appliquer aux générations précédentes qui en auraient tirés sans doute des bénéfices. Seulement, les nouvelles générations qui allaient entrer au primaire avaient changé. Il était difficile de le concevoir pour des politiques et même des enseignants à l’époque. Sans doute car la plupart ne connaissent pas la vie en dehors de l’Ecole. Or son importance est capitale. Notamment parce qu’en peu de temps, il s’est produit d’énormes bouleversements. La lecture a trouvé des concurrents puissants : télévision, jeux vidéo…Si ma génération a très bien su s’en sortir par des hybridations permettant à la lecture de garder une place importante, les générations suivantes ont trouvé trop d’intérêt en dehors de la lecture. La place de la lecture a donc ainsi diminué de plus en plus. De même les capacités de concentration ont décru en classe car les élèves en avaient déjà usée devant la télévision ou leurs consoles de jeux. De plus, si les élèves ont changé, leurs parents aussi. L’enfant a pris une place plus importante dans le sens où ses désirs sont plus écoutés qu’auparavant. De même, la plupart de nos élèves sont nés après 1989 et n’ont pas la même conception du monde que la nôtre. Ils ont énormément de libertés mais n’en sont pas conscients et ne savent qu’en faire. Tout cela fait que tout ce qui nécessite un effort de l’enfant devient plus difficile. L’apprentissage peu passionnant mais pourtant nécessaire est rejeté par l’enfant. Le ludique et le facile trouve alors plus d’écho mais comment progresser lorsque les bases sont peu solides ?

 

Il en résulte une forte complexité qui nécessite une réflexion aboutissant sur des méthodes plus efficaces notamment en matière de lecture. La lecture est en perte de vitesse et cela explique sans doute les carences orthographiques. D’ailleurs ce ne sont pas que des carences orthographiques mais bien plus que cela : des carences linguistiques. De là en découlent toute une série de négligences au sens étymologique : neg-lego. La non-lecture s’opère dans un spectre large allant de la non-lecture de romans à la non-lecture de consignes. Je ne développe pas ici ces constats mais il est évident qu’on ne peut les nier et que le phénomène pose problème à l’heure d’Internet.

 

Il faut donc promouvoir une politique de la lecture et en profiter pour apprendre les méthodes de lecture rapide. Plus l’élève saura lire vite et bien, plus il aura envie de lire. Si on veut « sauver les lettres », c’est sans doute là qu’il faut agir. Mais il ne s’agit pas non plus de prétendre que c’était mieux avant. Avant c’était différent. Par conséquent il faudra mettre en place des stratégies nouvelles sans pour autant faire table rase du passé.

 

L’affrontement entre « pédagogues » et « républicains » est vain. Il faut simplement chercher l’efficacité et construire ensemble l’avenir de l’Ecole.

Une réflexion au sujet de « Pour en finir avec la division entre pédagogues et républicains et « sauver la lecture » »

  1. Christian Jacomino

    Un bel article, Olivier, que j’avais lu et que je relis avec intérêt. J’étais comme toi plutôt partisan de la voie moyenne. Mais plus le temps passe, plus je me sens pédagogue. Sans doute y a-t-il des travers et des excès dans la position des pedagogues. Mais celle-ci me parait ouverte, évolutive. Tandis que celle des républicains me parait figée et fermée.
    L’une semble vouée a l’évolution. L’autre au refus, a la crispation.
    En matière d’éducation, oserais-je le dire?, il s’agit de tout sauf de résister.

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