Category Archives: web 2.0 , la nouvelle Lévytation?

Finalement, le web 2.0 n’est qu’une concrétisation des mythes de l’Internet déjà théorisés par Pierre Lévy.

Ça va être folkso !

Un petit billet pour signaler une journée sur les folksonomies dans toutes ses dimensions à laquelle j’aurais le plaisir de participer.

Organisée par le CNAM et le laboratoire DICEN, cette journée sera l’occasion de réaliser un premier bilan sur le sujet et d’envisager de nouvelles pistes de recherche et d’applications.

Voici les interventions prévues :

9h30  Introduction de la journée
9h45-10h15  Fabien Gandon (INRIA) : Web sémantique et folksonomies : état de l’art
10h30-11h  Freddy Limpens (INRIA) : Approche collaborative et assistée à l’enrichissement des folksonomies: entre algorithmie et ergonomie.
11h15-11h45  Alexandre Monnin (Université Paris 1) : La spécifité du tagging et sa dimension philosophique.
12h-12h30  Manuel Zacklad (Cnam) : Web socio-sémantique et recherche ouverte d’information : le SI entre participation et contrôle.


14h-14h30  Alexandre Gefen (Université de Bordeaux 3) : Fabula ou l’expérience d’une folksonomie collaborative.
14h45-15h15  Patrick Peccatte (Soft Experience) : Les Machine tags de Flickr et folksonomies catégorisées.
15h30-15h45  Dominique Besagni, Cécilia Fabri, Claire François (INIST), Evelyne Broudoux (UVSQ) : Étude comparative du partage de références scientifiques (CiteUlike, Bibsonomy, 2Collab, Connotea).
16h-16h30  Olivier Le Deuff (Université de Bretagne) : Folksonomies et hypomnemata numériques.
16h45  Conclusion de la journée

L’approche est donc également transdisciplinaire. Pour ma part, je n’ai pas totalement encore fixé les thématiques que je vais aborder.

Je mettrai en ligne le support de mon intervention et quelques réflexions.

Lien Google Agenda.

Résultats de l’enquête sur la bibliothèque 2.0.

Je communique donc les premiers résultats de l’enquête sur la bibliothèque 2.0.
Je les commente donc peu pour l’instant.
Ce sera le cas dans un article scientifique et peut-être dans un autre document d’analyse qui sera également mis en ligne sous les mêmes conditions.
Résultats Enquête bibliothèque 2

reponseavenir

Bonne lecture.
Je reviendrai prochainement également sur une autre enquête d’une plus grande ampleur, celle que je mène sur les réseaux de loisirs créatifs.

L’isolement des blogs ?

J’ai fini de lire hier soir l’ouvrage de Frank Rébillard « Le web 2.0 en perspective ».

Le livre est intéressant même s’il demeure trop ancré à mon goût sur une analyse socio-économique. Toutefois, c’était annoncé dans le sous-titre. Il s’attarde surtout sur les discours dont il démontre bien les tenants et les aboutissants et a le mérite de casser certains mythes en les remettant d’en une perspective historique plus large. Narvic en avait déjà parlé.

Mais c’est surtout un passage qui a fait tilt car il correspond à un autre paradoxe du web 2.0 qui est celui de distinguer des milieux d’initiés un peu isolés alors que les discours prétendent à l’inverse à l’émergence d’une participation où tout le monde est sur le même plan .Lorsqu’on se trouve au sein du milieu, on apprend beaucoup et on satisfait assez aisément (au prix d’un grand nombre d’heures de boulot) les différents besoins que j’avais déjà mentionnés auparavant.

Il demeure que tout le monde ne peut pas consacrer autant d’énergie pour être un initié.  Et qu’il faut donc créer des liens ce que démontre bien Frank Rébillard (p.69)

 » Difficile en effet de prendre « en cours de route » le train de la publication distribuée, dont le cheminement s’opère par renvoi de site en site, lorsque l’on n’a pas assisté aux échanges de départ. Difficile de ne pas se sentir « déconnecté » d’une communauté dont les membres sont surtout des auteurs de blog, et où les simples visiteurs s’avèrent  très peu nombreux. Ce fonctionnement en vase clos, sans forcément viser volontairement un tel enfermement, mais y conduisant souvent irrémédiablement du fait d’une surenchère dans  l’expertise et les commentaires, n’est pas de nature à élargir le public des blogs. » (p.69)

Tout cela pour dire que la liste de diffusion est parfois bien plus « sociale » que les blogs.

Enquête sur la bibliothèque 2.0

Je mène une enquête sur la bibliothèque 2.0 et l’évolution des structures documentaires par rapport au web 2.0.

Le sujet me tient un peu à cœur car j’ai été moi-même acteur du phénomène si bien que je me retrouve à nouveau en observation participante.

Je travaille en effet sur la genèse et l’évolution du concept « bibliothèque 2.0 » (mais est-ils vraiment un concept ?) afin de voir quelles sont les évolutions professionnelles concrètes qui ont pu être réalisées ainsi que les oppositions et controverses qui ont pu émerger ou résulter notamment de la confrontation entre la bibliothèque et le web 2.0.

Je suis donc également preneur de vos réflexions sur le sujet mais l’enquête vous permet aussi de vous exprimer.

L’enquête se trouve ici et se terminera à la fin du mois.

Il y a évidemment aussi chez moi l’envie de dire « la bibliothèque 2.0, oui mais après ? ».

La difficulté méthodologique pour réaliser cette enquête est liée à l’arrêt de biblio-fr. Je sais que cela va me priver de centaines de réponses ce qui pose question aussi sur ce que devient la communauté de pratiques issue de biblio-fr. Finalement, des questions ne finissent que par en en faire émerger d’autres.

Je donnerai d’ici fin janvier, les résultats et les premières analyses. L’occasion pour vous ici de donner les vôtres dans une forme d’analyse collaborative. Je mettrai donc également à disposition pour ceux que ça intéresse les fichiers pour analyser les résultats notamment pour ceux qui aiment les tris croisés à n’en plus finir. L’occasion pour moi de développer de plus en plus une stratégie de science 2.0 et d’ e-science en tentant de mettre à disposition les sources et les données sur lesquelles je travaille.

Le secret de la bibliothèque 2.0 : elle fait-elle disparaître les mauvaises graisses ?

Je prépare actuellement un article sur le concept de bibliothèque 2.0, sa genèse, ses contradictions et les raisons de son relatif succès.

Par acquis de conscience, je suis allé vérifier quels étaient les premiers liens renvoyés par Google.

Le premier à partir d’une requête Google me renvoie à bibliopédia.

La publicité présente présente nous gratifie d’une magnifique explication sur le secret de la bibliothèque 2.0.

Pourtant, souvent dans les applications de la bibliothèque 2.0, il y a une tendance à en rajouter un peu de trop comme fonctionnalités issues du web 2.0.

Peut-être faut-il voir le fait que le catalogue, devient plus souple en tant que cataloblog. Dans tous les cas, c’est vrai que c’est mieux après qu’avant. Plus c’est souple, plus c’est facile d’innover et faire évoluer la bibliothèque.

Finalement, je me demande si cette publicité n’est pas encore une atteinte aux vieilles bibliothécaires ! (clin d’œil à biblio-fr)

Le retour de la liste

 

La raison graphique demeure dans nos environnements avec comme dernier témoignage en date, l’effervescence sur twitter autour d’une fonctionnalité banale : la liste.

 

Désormais, il faut être listé, comme signe de recommandation. Le recommandable se doit d’être listé.

Finalement, ce sont les anciens instruments de filtrage, de classements qui demeurent. Rien de révolutionnaire dans le numérique. A l’instar des systèmes de partage de signets qui présentent des ressemblances avec les lieux communs, ces carnets de note des étudiants de la fin du MA et du début de la renaissance, le numérique ne fait qu’exploiter avec une ampleur plus importante d’anciennes techniques.

Quelque part, le retour à la liste pourrait paraître étrange dans des environnements basés théoriquement sur l’hypertexte. Encore une fois, il me semble qu’il ne faut pas opposer trop strictement la linéarité avec les potentialités de l’hypertexte. Le texte est déjà hypertexte.

Le meilleur exemple est démontré par le mind mapping. Il est aisé de transformer une simple liste en carte hypertextuelle et vice versa. La plupart des logiciels de mind mapping permettent de le faire aisément.

Au commencement, était certes le verbe, mais ensuite la liste : liste de commandements, listes des récoltes, listes des impôts, liste des courses, liste de ce qu’il ne faut pas oublier, liste des exceptions, etc. Les civilisations humaines semblent toujours tourner autour de cette fameuse liste sur laquelle il faut parfois figurer quand il s’agit d’une forme de reconnaissance : qui sera sur la liste de Raymond ? (Je note d’ailleurs que je figure sur la liste des remplaçants d’@asiledefoot sur twitter)

Mais parfois, il s’agit de ne pas y figurer tant elle est associée à une mort programmée.

La liste est ainsi l’exemple de l’hypomnemata par excellence du support de mémoire de base le plus efficace tout en constituant un pharmakon, permettant les plus grandes avancées organisationnelles notamment en matière scientifique via des classifications mais en constituant inversement le summum de l’horreur, de l’individu transformé en simple donnée à traiter…et souvent à faire rayer.

update : Patrick Pecatte me signale cette interview d’Umberto Eco qui évoque longuement les listes.

Square rooms : le web doit-il être bien rangé?

L’expression web 2.0 n’étant plus assez in et sachant qu’il faille tenter d’exprimer les nouvelles avancées et potentialités du web et de l’Internet, le web squared ou web ² arrive. !

L’expression émane de Tim O’Reilly et de John Battelle, deux des quatre qui avaient déjà propulsé le web 2.0 sur le devant de la scène il y a 5 ans.

Le web squared, c’est un entredeux entre le web 2.0 et l’idéal sémantique des données interconnectées et porteuses de sens. Il s’agit de la rencontre entre les aspirations et les imaginaires de l’internet et la (triste ?) réalité du monde.

L’expression confirme que celle du web 2.0 étant bien empreinte de new age, mais que désormais après le côté hippie  (et ses mashups qui se mélangent avec tout et n’importe quoi), il faudrait réguler un peu tout cela. Ce côté bien rangé est également décrit par Hervé Le Crosnier dans sa réaction à l’article de Fred Cavazza :

Il me semble qu’en langage populaire, “square” se disait des gens “dans l’ordre des choses”, i.e. qui n’avaient pas succombé à la philosophie hippie, notamment le psychédélisme.

Finalement, avons-nous vraiment envie d’un web superstructurée ou tout est clean, tout le monde marche de pair, en concert à l’instar du clip de la chanson « square rooms » d’Al Corley ? Ce dernier semble se laisser tenter par cette perspective en laissant partir son Eurydice dans un ailleurs. Cependant il finit par rendre avec se départ sa vie de fait trop normée, régulée, un peu comme si le petit papy de la chanson (on dirait Paul Otlet, non ?) était celui qui filait la vie et produisait les métadonnées avec son orgue de barbarie.

Même s’il faut sortir Eurydice des enfers, il ne faut pas qu’elle perde tout de sa magie, de ce qui constitue  notre imagination.  Il faut donc un peu de doute, d’incertitude, de la méta-stabilité.

Alors faut-il un web au carré empilant nos identités dans des petites boites faciles à observer ?

Heureusement, Hervé Le Crosnier nous rassure un peu sur les intentions d’O'Reilly et de John Battelle :

Le gars Tim, quand il s’accoquine avec Battelle a toujours une boutanche au frais. La preuve, à chaque fois ils nous sortent un concept marketing… qui devient réalité. Pas si square qu’il n’y paraît, isn’t it ?

Il y a donc à boire et à manger dans ce web squared…

L’autre point important est aussi celui de cette rencontre ou plutôt convergence entre le virtuel et le réel et… de savoir qui va le plus influencerl’autre. Est-ce le monde et ses errements économiques et écologiques qui va prédominer ou à l’inverse, un certain esprit du web, à la fois plus ouvert et plus critique…qui va changer le monde ?

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