Typologie religieuse des documentalistes.

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Je mets en ligne l’autre partie du document paru dans intercdi 205 en 2007. Une petite typologie à prendre avec humour…ou pas ! (Avertissement : toute ressemblance avec des personnages existants est volontaire !)

 

La typologie est sans doute un peu caricaturale mais je suis sûr que vous vous y reconnaitrez ou que vous reconnaitrez même certains collègues.

 

 

Les exemples à éviter (à notre avis)

 

Le moine reclus (équivalent féminin : la clarisse)

Il a généralement un âge avancé mais pas toujours. Il garde son CDI jalousement et personne n’ose y entrer de peur de subir sa colère. Il déteste le bruit ou bien que quelqu’un cherche un ouvrage qui ne figure pas dans les vieux tiroirs qui contiennent les fiches cartonnés. Le CDI doit toujours demeurer parfaitement rangé pour lui. Tout désordre est une offense. Les élèves en ont peur et ses collègues ne lui parlent guère, certains pensant d’ailleurs qu’il a fait vœu de silence. Pour lui un CDI idéal est définitivement sans élève.

 

L’inquisiteur :

Personnage peu aimable et soupçonneux. Il surveille avec une grande vigilance les emprunts des élèves ainsi que les recherches sur Internet. De nombreux ouvrages jugés pernicieux ont été déplacés dans une pièce dans lui seul a la clef, nommée l’enfer. La plupart des sites Internet est filtrée tandis que la moindre discussion est aussitôt perçue comme un éventuel complot.

 

L’ermite :

Le CDI tombant en ruine et étant déserté, l’ermite n’y est même plus. Déprimé, il erre parfois dans l’établissement, mais nul ne sait s’il reviendra un jour vraiment exercer ses fonctions. Sa quête du mysticisme et sa volonté de se détacher de la bassesse de ses collègues et de la faiblesse d’esprit des élèves n’est qu’une façade pour masquer une addiction prononcée au Prozac.

 

Les voies à suivre ?

Le prophète :

Comme beaucoup de ses collègues, le prophète tente de s’imposer par son charisme vis-à-vis de ses collègues et de ses élèves. Il prêche parfois en vain mais ses efforts lui apportent néanmoins des résultats et de la reconnaissance.

 

Le découvreur-architecte :

Il débarque un beau matin dans son nouvel établissement et constate que le CDI n’a de CDI que le nom. Tout est hideux, rien n’est informatisé. Il prend souvent la succession d’un moine ou d’un ermite. Il lui faut avoir des qualités de prophète pour mobiliser les volontés et surtout les fonds pour reconstruire. Parfois dans ce fatras de départ, il a la chance de découvrir un trésor architectural ou un document fantastique. L’avantage vient du fait qu’il pourra éviter certaines erreurs de choix de matériels ou de reconfiguration en participant à la reconstruction du lieu.

 

L’initié :

Il a déjà quelques années d’exercice dans le milieu. Ancien prophète ou découvreur-architecte, il a acquis des savoirs que jalousent ses condisciples. Il continue d’ailleurs à se former sans cesse et manie aussi bien les informations qui circulent sur les réseaux que les vieux écrits. Il se complait parfois dans un rôle de précepteur pour former également ses collègues, notamment les jeunes reçus au concours ou les aspirants-documentalistes.

 

Hors norme : L’Education Nationale n’ayant effectué aucune canonisation à ce jour.

Le saint :

Il est partout, il fait tout et on peut tout lui demander. Il répond toujours oui avec un enthousiasme débordant. Il peut être aperçu à la fois dans son CDI en train de mettre à jour la base, en train d’aider un élève dans sa recherche, être également en salle multimédia car c’est la panique et être en salle des professeurs pour travailler sur un projet avec un collègue. Son don d’ubiquité est évident, mais peu l’ont remarqué. Il devrait normalement mourir jeune à moins qu’il n’ait eu l’idée de changer de profession.

 

2 réflexions au sujet de « Typologie religieuse des documentalistes. »

  1. Sylvie Fayet-scribe

    Il manque la sœur courtillière qui s’occupe du jardin dans le monastère; sans doute en parlerais-je ce jour là.
    Je vous envoie ci-dessous le programme d’une journée d’étude le 14 décembre à la BNF. Enfin la documentation fait partie de l’histoire! Merci de me faire parvenir votre email.
    Sylvie

    BnF François-Mitterrand

    Les ateliers du livre

    L’histoire des bibliothèques : état de la recherche

    Entrée libre

    Mardi 14 décembre 2010
    9h30 – 17h30

    09h30 Introduction
    Par Denis Bruckmann, BnF, directeur des collections

    Matin Le Moyen Age et l’Ancien Régime
    Séance présidée par Fabienne le Bars, BnF, Réserve des livres rares

    09h45 Ouverture
    Par Christian Jacob, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS

    10h15 Bibliothèques médiévales : état de la recherche et perspectives
    Par Donatella Nebbiai, directeur de recherche au CNRS, Institut de recherche et d’histoire des textes

    10h45 20 ans après l’Histoire des bibliothèques françaises, état des recherches sur les bibliothèques privées de l’Epoque moderne (XVe-XVIIIe siècles)
    Par Annie Charon, professeur à L’Ecole nationale des chartes

    11h30 La tentation de l’ouverture : « public » et bibliothèques d’Ancien Régime
    Par Yann Sordet, conservateur en chef du département de la Réserve, Bibliothèque Sainte-Geneviève, chargé de conférences à l’EPHE

    12h00 15 ans qui ont révolutionné l’histoire des bibliothèques françaises (1789-1804)
    Par Dominique Varry, professeur à l’ENSSIB

    Après midi L’Epoque contemporaine
    Séance présidée par Martine Poulain, directrice du département de la Bibliothèque et de la documentation, INHA

    14h30 L’histoire institutionnelle des bibliothèques
    Par Hélène Richard, inspecteur général des bibliothèques

    15h00 Etudier l’architecture des bibliothèques publiques : un bilan historiographique (XIXe-XXe siècles)
    Par Marc Vernes Le-Cœur, BnF, département des Estampes et de la photographie

    16h00 De la bibliothéconomie à la documentation (XIXe-XXe siècles)
    Par Sylvie Fayet-Scribe, maître de conférences habilitée en histoire et en science de l’information, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    16h30 Perspectives pour l’histoire des bibliothèques
    Table ronde animée par Isabelle Le Masne de Chermont, BnF, adjoint aux affaires scientifiques et techniques
    Avec Jacqueline Sanson, directrice générale de la BnF ;
    Jacques Berlioz, directeur de l’Ecole nationale des chartes ;
    Anne-Marie Bertrand, directrice de l’ENSSIB

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