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Entretien avec David Aymonin sur le learning center

Le learning center est au centre de nombreuses interrogations. Quoi de mieux dès lors que d’interroger David Aymonin, celui qui dirigea le Rolex center et  qui est aujourd’hui en Nouvelle Calédonie au SCD de Nouméa après après avoir été conservateur de bibliothèques en Métropole mais aussi responsable de diverses structures documentaires de par le monde. Vous trouverez ici quelques éléments sur lui, même s’ils sont déjà un peu anciens. Bonne lecture et à vos réactions.

En préambule à « l’interviouwe » qui va suivre, je voulais d’abord te remercier Olivier de m’avoir contacté dans ma lointaine contrée, désormais la Nouvelle Calédonie, pour me donner l’occasion de réfléchir et de m’exprimer sur le sujet des learning centers, en l’élargissant à celui des bibliothèques scolaires appelée chez nous CDI, et en me permettant de constater à quel point le monde entier est confronté aux mêmes questions, de l’Australie à la Nouvelle Zélande, en passant par la Finlande ou la Suisse.

1. Quelle définition donnerais-tu du  learning center ?
Je dirais que c’est une bibliothèque conçue et organisée pour permettre à ses utilisateurs de mener et réussir leurs projets d’études et de recherche.
Autant que l’accès à l’information (sur place et à distance et sur tous supports) avec son propre matériel (ordi portable, tablette, cahier, crayon, etc..) sinon via le matériel mis à disposition, c’est le service personnalisé d’aide et d’assistance offert par le personnel qui compte le plus,
Auxquels s’ajoutent les dispositifs mobiliers (mobilier flexible et mobile ou au moins facile à bouger, salles de travail en groupe, tableaux blancs, systèmes d’accrochages aux murs, câblage électrique et informatique adéquat) et matériels (copieur multifonction en réseau, scanner, ordinateurs portables ou fixes accédant à internet, équipés des logiciels adéquats, acceptant clés usb et cartes SD ou la connexion bluetooth avec les téléphones, TV, lecteur de CD/DVD, massicot, relieuse, agrafeuse, etc…, bref tout équipement technique et informatique pour consulter, capturer, assembler, produire, gérer les documents, sur tous les supports),
Et bien sûr les conditions d’accessibilité adaptées aux besoins et possibilités de la population desservie (horaires ajustés aux heures où le public est disponible), accès autonome à certaines heures (les professionnels doivent pouvoir dormir ;-) ) et diversité des ambiance (silence là où c’est nécessaire, bruit là où c’est possible) et le fait d’offrir un certain confort (zones de détente, boissons)
Pour mesurer le changement que cela peut représenter le learning center, par rapport à une bibliothèque plus traditionnelle qui se conçoit comme ayant d’abord une offre de documents, la phrase type que prononcerait un professionnel en y voyant entrer un lecteur serait : Puis-je vous aider ? au lieu de Que cherchez-vous ?
Bref, rien de très nouveau sous le soleil, mais cela nous pose de vrais problèmes d’adaptation de l’existant dans nos bibliothèques, notamment celui des moyens financiers nécessaires pour assumer ces transformations. Au niveau humain cela ne me semble pas très compliqué, les bibliothécaires ont déjà largement prouvé dans tous les pays qu’ils portent déjà cette mission, et savent réagir face aux changements induits par le numérique (et la société de consommation).

2. Que penses-tu de la volonté actuelle de  transformer les CDI en  learning centers ?

Dans un contexte où l’Etat se déclare lui-même quasiment en faillite – et de nombreux pays ont le même discours, il n’y a pas qu’en France qu’il faille “couper dans les dépenses publiques, alors que le PIB mondial n’a jamais été aussi élevé selon les statistiques… – il devient nécessaire pour certaines autorités de trouver des solutions à des problèmes anciens, tout en faisant des économies.

Pour ce que j’en ai compris et entendu, il me semble que la démarche actuelle visant à transformer les CDI en learning centers est motivée par ce double objectif.

Et j’ai comme l’impression que le problème à régler en France est double :
1.    Tout d’abord l’identité professionnelle des professeurs documentalistes n’est pas reconnue par leurs pairs (principaux et proviseurs, professeurs des autres disciplines, IGEN).
2.    Le monde de l’enseignement a par ailleurs un besoin urgent de trouver des moyens pour mieux accueillir les élèves pendant les absences des profs, de trouver des locaux accessibles pour le travail en groupe, d’avoir enfin des gestionnaires de l’informatique et du réseau.
3.    Et donc, en dehors du monde des professeurs documentalistes, l’équation se résout d’elle même si l’on transforme le CDI en espace d’appui à la vie scolaire et les documentalistes en assistants de la vie scolaire.
Ce n’est pas forcément idiot ni inutile, mais c’est sans doute un changement radical et prendre le risque de nier le rôle des enseignants documentalistes en tant qu’enseignants en charge de la transmission de la compétence informationnelle aux jeunes de12 à 18 ans.

Mais je ressens que c’est surtout très peu honnête de cacher cette volonté derrière l’expression “learning center” et de vouloir faire croire que la modernisation du métier de documentaliste est l’objectif de ces changements.

Peut être est-on en train d’essayer de déshabiller Pierre pour habiller Paul, sur le dos de Gérard. Mais Gérard, s’il est fin tacticien, pourrait en profiter ….

Car si l’on met le learning center au centre de l’établissement en diversifiant ainsi les missions du CDI, le travail sera pour nos collègues beaucoup plus varié et concret, avec des résultats tangibles et d’une grande ampleur.
Cela pourrait apporter un niveau de réalisation personnelle des documentalistes plus élevé, grâce aussi à de plus nombreux contacts de contacts avec le reste du monde, administration, proviseur ou principal, enseignants, élèves, entreprises fournisseurs, etc.
A la condition de récupérer non seulement la mission mais aussi le pouvoir de décision correspondant, comme par exemple le budget informatique de l’établissement.
Une certaine déconcentration administrative serait le corollaire de cette réforme.

3. La démarche de transformation des CDI en LC te semble-t-elle pertinente, faisable, réalisable, adéquate, adaptée au système éducatif français? (adaptée à l’enseignement secondaire français notamment)
Au vu de ce que j’ai dit juste avant, à moins d’un changement déjà mené et de moi inconnu, je ne vois pas comment l’administration française et notamment l’éducation nationale avec sa culture centralisatrice et ses processus administratifs et comptables si particuliers – et que le monde regarde avec étonnement et incrédulité parfois ;-) – arriverait à jouer le jeu.
Lors d’un récent déplacement à Auckland en Nouvelle Zélande, j’ai eu un échange passionnant avec les responsables de la bibliothèque nationale néo zélandaise, qui aujourd’hui travaillent ENORMEMENT avec les bibliothèques scolaires et ont réfléchi à l’avenir de ces bibliothèques.
Selon eux, ensemble avec les enseignants de toutes les disciplines, les bibliothèques scolaires doivent donner non seulement la capacité mais aussi le goût et même l’AMOUR de la lecture à tous les enfants. Ce projet se base sur les résultats de la recherche qui indiquent que ce facteur est très important dans la réussite des études ultérieures.

Dans le système néo zélandais, les bibliothécaires des écoles ne sont pas bien formés à la bibliothéconomie et ne sont pas enseignants. De ce fait, historiquement la bibliothèque nationale a beaucoup contribué au développement de la lecture et des bibliothèques scolaires. Ils ont développé un service universel, centralisé et individualisé pour chaque école et chaque enseignant, basé sur les ressources papier (un enseignant ou une bibliothèque scolaire peut commander des livres sur un sujet) et online, poser des questions, demander un conseil ou obtenir les ressources documentaires  : http://schools.natlib.govt.nz/curriculum-service-online-request-form.

Ce système, fort éloigné du nôtre, donne cependant des pistes de réflexions intéressantes sur ce qui doit être mutualisé et géré à un niveau collectif en dehors du CDI, et en remplacement des CDDP en voie d’extinction. Remplacer des services locaux toujours en sous effectif ou ouverts aux mauvaises heures par un service universel à distance et gérés par des pros pour les pros ! Pas mal hein !

En Australie par contre le modèle professeur documentaliste est implanté, comme chez nous, http://www.asla.org.au/policy/school.libraries.Australia.htm, mais le manque de moyens (ou les économies souhaitées) font que le système est aussi remis en cause.

Les collègues néozélandais m’ont signalé qu’ils étaient proches de ce que faisait la Finlande en matière de soutien à la lecture et aux bibliothèques scolaires. Originalité du modèle finlandais semble-t-il et qui peut alimenter la réflexion : selon les documents mis en ligne, l’associations des bibliothécaires scolaires essaie de de discuter avec les PRINCIPAUX de collège et les PARENTS : http://www.oph.fi/download/47629_good_school_library.pdf

Les américains semblent à la recherche de la pierre philosophale dans le même domaine et sont allés voir dans le monde ce qui se passait. On trouvera une vidéo intéressante de l’American Library Association qui présente le système finlandais http://www.youtube.com/watch?v=X8-TK8BR-I8. Et une page web qui recense les associations de bibliothécaires scolaires dans le monde et décrit leurs actions : http://connect.ala.org/node/76430

4. Quelles compétences (spécifiques ?) s’avèrent nécessaires pour les professionnels exerçant dans les learning center universitaires ?
En BU la fonction des bibliothécaires évolue à mon sens vers une plus grande polyvalence afin de répondre à toutes les attentes de nos publics et les nécessités de nos métiers, en face d’un monde massivement numérique, mais qui garde une grande partie de sa mémoire encore sur papier.
La BU elle même évolue du « tout posséder au cas où » au « avoir accès à tout, quand c’est nécessaire », ce qui change la manière de constituer et traiter les collections. Ensuite, du fait de la charge de service public, et du travail en équipe sur des améliorations, des innovations ou simplement la résolution de problèmes du quotidien, les bibliothécaires deviennent des gens très ouverts qui fonctionnement en mode projet, tout en gérant leurs tâches de spécialistes, et en faisant face aux imprévus du quotidien.

La formation à la recherche documentaire devient une activité quotidienne pour de plus en plus d’agents dans les BU. Chacun contribue un peu, ou beaucoup, selon son emploi du temps et son profil, via les cours donnés, les pages web alimentées, les renseignements donnés sur place ou via le guichet virtuel, etc…
Pour les recrutements, il est souhaitable de diversifier les profils des agents pour avoir des équipes capables de tout faire, de la gestion doc à la communication en passant par l’animation ou les nouveaux services via le web, ou surtout le contact direct avec les enseignants chercheurs, mais qui restent soudés par un métier commun de spécialiste de l’information, acquis par la formation sur le terrain ou par un diplôme.
Une tendance lourde est à mon avis la maîtrise des disciplines pour les acquéreurs et les bibliothécaires qui viennent en appui aux chercheurs : un bibliothécaire en fac de droit rend un meilleur service si il est (au moins presque) juriste. Il ou elle peut ainsi approcher sans complexe les enseignants et les chercheurs, et répondre à leurs besoins.
En BU la difficulté vient aujourd’hui du fait que les équipes sont souvent assez importantes et hiérarchisées, ce qui fait que les cadres A ou B sont moins concernés par les services au public que les agents de catégorie C. La polyvalence vaut pour tous et je crois indispensable que tous les agents soient face au public, d’une manière ou d’une autre. Cela demande un gros travail de réorganisation des équipes, avec des freins structurels et conceptuels forts.
En CDI c’est l’inverse, on a plutôt des « OPL, one person libraries » (cf http://en.wikipedia.org/wiki/One-Person_Library) et la polyvalence n’est pas un problème. Par contre la capacité à développer des projets, mener des chantiers importants de transformation, ou même simplement partir en formation, est très limitée. Un soutien collectif par un travail en collaboration entre plusieurs CDIstes d’une même ville est à mon avis indispensable.
5. Les étudiants que tu as pu observer en contexte sont-ils autonomes dans leur appréhension des ressources ?
Oui, suffisamment pour apprécier ce mode d’accès libre à l’information. En cas de besoin ils peuvent approcher les bibliothécaires pour demander de l’aide ou des conseils.
Cette satisfaction générale s’explique aussi par des raisons moins avouables :
-    l’illusion de compétence : c’est si facile avec google et wikipedia, n’est-ce pas….
-    L’absence d’exigence académique : si le professeur ne prescrit pas une recherche documentaire poussée qu’il évaluera et même notera, l’étudiant se contente de lire le polycopié ou le livre que le prof aura indiqué comme étant la référence utile.
La prescription enseignante joue donc un rôle essentiel pour amener les étudiants à vouloir développer leurs compétences informationnelles.

6. Quel(s) modèle(s) d’apprentissage, s’il en existe de solide(s), fonde(ent) le premier terme de l’expression “learning center” ?
Je ne suis pas qualifié en pédagogie, mais je crois pouvoir dire que c’est l’apprentissage par résolution de problèmes. Qui s’applique aussi bien en sciences exactes qu’en SHS ou en DEG.

7. Que demandent les documentalistes, bibliothécaires aux enseignants ? Que demandent les enseignants aux bibliothécaires ?
Cette question serait-elle le nœud du problème français ? Enseignants et documentalistes bibliothécaires ont-ils formulé clairement et précisément ces attentes à un niveau collectif ?
Aujourd’hui on pourrait penser qu’il y a un malentendu et même le dernier rapport moral de la FADBEN  n’arrive pas  à le dissiper car c’est comme si l’on voulait convaincre l’IGEN du rôle des documentalistes alors que ce sont les proviseurs, principaux et enseignants et même les parents, qu’il faut convaincre.
Je n’en dis pas plus, là je joue mon joker, si tu es d’accord.

8. L’ouverture aux partenaires économiques pour subvenir à leurs besoins ne participe-t-il pas de l’entrée du marché dans les institutions éducatives ? Peut-on prévoir les conséquences d’une adaptation d’un tel modèle ?
Dans mon précédent poste à l’EPFL à Lausanne on m’a demandé une fois si « R… Learning Center » ne me gênait pas. Ce n’est pas R… qui me gêne mais l’usage de l’anglais pour désigner la bibliothèque d’aujourd’hui.
Le marché est déjà dans les cours d’école avec les marques sur les vêtements et sur les portables et les mp3 des enfants. La question est selon moi : comment ne pas brader les intérêts publics en période de sous investissement de l’état et du collectif. Si la ressource manque pour faire correctement ce qu’il y a à faire, et si l’on ne veut pas que notre système éducatif ressemble à ceux du tiers monde (on en est si proche déjà), alors invitons à la table les partenaires économiques, mais prudemment, et voyons sur quoi on peut s’entendre.

9. Quels sont les coûts pour la constitution d’un LC…et sa gestion et sa pérennité ?

Les mêmes que ceux d’une bibliothèque universitaire bien dotée comme on en voit dans les pays voisins que sont l’Allemagne, le Danemark, les Pays bas, la Suisse, ou bien d’autres. C’est un peu plus cher que ce que l’on met en France en général dans le budget des BU, mais avec une bonne organisation, ouvrir tard le soir ne coûte pas beaucoup plus cher et cela rend un tel service aux étudiants que la société en bénéficie.
La documentation, une fois achetée ne coute pas non plus cher si elle est utilisée, c’est évident. Donc là aussi une mutualisation et une optimisation des collections peuvent permettre d’élargir l’offre sans en augmenter nécessairement le coût.

La conclusion à laquelle je suis arrivé au cours de la lecture des différents documents signalés, en réfléchissant à tes questions, en repensant à mon expérience dans les BU, c’est que si les enfants n’acquièrent pas au primaire et au secondaire la compétence informationnelle, ce sera une catastrophe à l’université et nos BU n’auront pas la capacité de rattraper ces années de formation perdues. Il est donc essentiel pour la société de maintenir cet enseignement d’une manière ou d’une autre, et même de le renforcer, car pour l’instant il n’est dispensé par aucune autre institution ni par les familles.

Education et réseaux sociaux in Séminaire Réseaux Sociaux, ISCC, S02E01

Un petit aperçu de mon document support de l’intervention de lundi dans le cadre du séminaire de l’ISCC, saison 2 E01 Merci encore aux scénaristes, Alexandre Coutant et Thomas Stenger !

 

 

Intervention au séminaire « Médias sociaux et Education » Lundi 5 décembre à Paris (MSCI)

Je passe un message pour signaler ma présence dans un séminaire où il sera question de médias sociaux, de réseaux sociaux, d’identité numérique et de leurs rapports avec l’éducation.

J’y interviendrai dans la lignée de l’article que j’avais publié dans Hermès.

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Creative Commons License photo credit: ProgRock92

Voici la description de l’évènement, en espérant vous y retrouver.

Intervenants

Julien Pierre, « Usages et perceptions des réseaux socionumériques »

Julien Pierre est doctorant au laboratoire GRESEC de Grenoble. Sa thèse porte sur « l’industrialisation de l’espace anecdotique : pratiques, usages et enjeux des identités numériques ». Il est par ailleurs fondateur et rédacteur du carnet de recherche en ligne Les identités numériques.

Quelle place occupent les réseaux socionumériques dans l’apprentissage de la vie adulte ? Cette présentation s’inscrit dans un double parcours : celui d’une recherche doctorale en SIC, et celui d’une expérience de 12 ans en tant que formateur en BTS Tertiaires. S’interrogeant sur les pressions vécues par une population en apprentissage d’autonomie, nous avons interrogé l’engagement de ces jeunes adultes dans les dispositifs de socialisation en ligne : s’agit-il d’une échappatoire ou d’une nouvelle forme de pression ? Pour cela, nous avons administré en ligne un questionnaire, complété par des entretiens semi-directifs ou informels du fait de notre immersion dans la population cible. Après avoir présenté la méthodologie (et ses biais), nous pourrons comparer d’abord les usages des RSN selon différentes grappes. Ensuite, nous verrons à partir d’une série d’indicateurs (autonomie, surveillance, addiction, etc.) dans quelles mesures se reproduisent les pratiques professionnelles dans la socialisation médiatisée par ordinateur.

Olivier le Deuff, « Quels réseaux sociaux pour l’éducation ? »

Olivier le Deuff est enseignant-chercheur au laboratoire Mica, Université de Bordeaux 3. Il est fondateur et rédacteur du blog Le guide des égarés consacré à la culture de l’information.

Les réseaux sociaux ne sont pas des supports d’apprentissage traditionnel mais ils constituent des moyens d’apprendre à s’intégrer au groupe, comme l’ont montré notamment les travaux de Danah Boyd (Boyd, 2008). Toutefois, l’apprentissage par les usages des réseaux sociaux est insuffisant, contrairement à ce que prétendent les discours autour des digital natives. Ces diverses plateformes possèdent des atouts en matière de formation à condition de ne pas se cantonner aux seuls réseaux sociaux numériques. Nous distinguons ici plusieurs types de réseaux dont nous souhaitons montrer les potentialités éducatives.

 Informations pratiques

Le séminaire est ouvert à toute personne intéressée par les enjeux associés aux identités numériques – chercheurs, praticiens, enseignants, militants… – et désireuse de s’enrichir des différentes approches de cet objet complexe !

Inscription gratuite mais demandée pour des raisons d’organisation auprès de Alexandre Coutant et Thomas Stenger.

Lundi 5 décembre 2011, 14h30 à 17h

Maison des sciences de la communication et de l’interdisciplinarité (MSCI)
20 rue Berbier-du-Mets, Paris 13e
Métro 7, Les Gobelins

Mandat pédagogique du professeur-documentaliste, sa faisabilité et le menace d’une transformation-disparition

Message posté également sur la liste e-doc ce vendredi soir en réponse notamment à des questions de faisabilité et sur le  débat actuel.

Sur les affaires de faisabilité, il y a évidemment une question en suspens  notamment sur comment on dégage les heures, comment on les fait, avec qui et quand et dans quel lieu. Vieille question d’ailleurs… mais qui ne semble pas impossible à remédier.

Toutefois, comme le dit Marion, on ne peut pas rester sur une problématique uniquement de terrain en évoquant telle difficulté locale voire telle impossibilité concrète sur le terrain. Il faut penser global de manière à avoir un territoire commun professionnel et surtout une forme de « programme commun ».

Or ce programme, ne peut être le PACIFI qui tente d’implémenter dans les programmes un saupoudrage informationnel de manière administrative.  La réelle présence de l’enseignement et sa réelle évaluation étant quasi nulle. De plus, le pacifi désintègre la cohérence  d’une réelle formation et de son contenu avec à un document administratif dont la valeur est faible pour ne pas dire nulle.  Clairement il ne s’agit pas de « culture de l’information » ou alors c’est du made in china qu’on nous fait passer pour du Louis Vuitton. Pas besoin d’être expert pour voir la falsification.

Denis, je sais que tu plaides pour le développement d’une ingénierie documentaire comme socle du métier plutôt qu’une transmission de savoirs de type information-communication. Sur les aspects « cours infocom », Pascal a déjà clairement répondu ici et sur les trois couronnes.

Je reviens donc sur les aspects d’ingénierie. Seulement, moi cette ingénierie me pose problème à plusieurs titres :

-          De quel niveau est-elle réellement ? S’agit d’une formation technique de pointe reposant principalement sur une autre discipline : l’informatique documentaire couplée avec des éléments d’infrastructures web ? Dans le cas présent, en quoi une telle ingénierie correspond-t-elle à un capes ? Je ne nie pas la nécessité d’un développement de ces compétences dans la formation des professeurs-documentalistes, je rejette simplement qu’elle en soit le cœur de métier.  Pour en avoir déjà parlé avec toi, je crois qu’en terme de faisabilité, on en est très loin en terme de faisabilité sur le terrain.

-          Tu vas me dire qu’il faut rajouter à ces compétences techniques, des compétences en gestion et en animation de projets et de ressources.  Soit, et je suis bien placé pour te dire qu’en effet ces éléments peuvent faire partie des compétences des professeurs-documentalistes, mais surtout des documentalistes d’abord.  Je suis bien placé pour le savoir vu que j’ai en charge des étudiants de ce type de formations et qu’on mêle bien des logiques de projets à des logiques plus d’informatique documentaire.  Au passage, ces compétences sont quand même souvent liées à l’infocom …ainsi qu’à l’administratif.

 

Dès  lors, en quoi si ces compétences devenaient principales, auraient-on besoin d’attribuer à son titulaire un capes dont l’objectif principal est bien la mission pédagogique ? Si on parle de faisabilité, pour le coup, il faut bien s’interroger aussi sur le fait qu’à force de dériver sur les vocabulaires de l’ingénierie, on risque de se tromper fortement et d’évacuer de fait la dimension pédagogique.  L’ingénierie technique ne doit figurer que pour permettre au professeur-documentaliste de maitrise la technique et donc d’être majeure face à elle (comme le dit Gilbert Simondon)

 

On peut  me rétorquer que certes la dimension pédagogique figure dans les nouveaux textes et dans les derniers projets de circulaire.

Mais le problème c’est que tout est pédagogique en ce moment et c’est bien le risque !

Tous les administratifs prétendent faire de la pédagogie, plus on en parle moins on en fait. Finalement, le professeur-documentaliste accompagne les dispositifs pédagogiques et contribue à son fonctionnement… ce qui ne signifie en aucun cas que son mandat pédagogique est reconnu. C’est même l’inverse dans la mesure où il finit de fait par contribuer de la même manière que le Cpe et le chef d’établissement.

 

De plus, sur cette ingénierie technique, il est évident que ça entraîne une nouvelle hiérarchie documentaire et notamment administrative avec un responsable du système d’informations qui aura lui le niveau ingénieur…et qui opérera sur plusieurs établissements  ou qui sera un adjoint d’établissement d’un nouveau type… qui aura sous sa coupe  des « documentalistes »  de niveau bac + 2 par exemple et qui assureront le bon fonctionnement et la bonne gestion du centre de doc.

Exit alors le capes… Et oui, quel intérêt de payer et de recruter des personnels à niveau capes une fois qu’on aura nié leur mandat pédagogique et qu’on aura développé des infrastructures totalement online avec des abonnements et des dispositifs clefs en main.  Car avec la restriction des budgets et un fléchage vers des ressources numériques en silos qui seront surtout choisis par les administratifs d’ailleurs…conformément à des incitations ministérielles bien encadrées. La politique documentaire du learning centre dans toute sa dimension.

 

Voilà pourquoi, défendre le mandat pédagogique signifie non seulement répondre à une mission de service public en matière de formation à l’information, aux médias et à la documentation, mais aussi défendre l’identité d’une profession dont il est aisé de précipiter la disparition programmée par petites touches successives.

 

Alors, oui la faisabilité d’un curriculum pose encore problème. Cela nécessite des affinements et une variété de dispositifs d’apprentissage. Cela ne signifie pas qu’il faille nécessairement considérer toutes les heures comme devant être effectuées en magistral.  Il existe aussi des moyens de prolonger le présentiel avec des cours en ligne notamment. S’il devait y avoir une ingénierie, cela pourrait être aussi dans ce domaine pour maximiser l’efficacité du présentiel pour un suivi plus individualisé sur des cours en ligne.

C’est pas facile mais pas infaisable, j’en suis persuadé.

 

Par contre ce qui est rapidement possible en terme de faisabilité, c’est de cesser de recruter des professeurs-documentalistes pour recruter des contractuels « documentalistes » chargés de faire 1600 heures annuelles. Et c’est d’autant plus facile si on accepte de céder le mandat pédagogique. Et c’est bien sur cette question qu’il s’agit de se prononcer et pas une autre.

Le réveil de la veille : prendre soin plutôt que de surveiller.

Article paru il y a quelques temps dans Intercdi et comme on me le demande, il est temps de le diffuser sur le blog.  ref. Le Deuff, O. (2009). « Le réveil de la veille : prendre soin plutôt que surveiller ». Intercdi, (220), 66-68. J’ai retiré quelques élements anciens notamment images et tableaux.

 

« Au fin fond de l’univers, à des années et des années lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle, quand il n’est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le capitaine Flam. »

Cette phrase célèbre prononcée en exergue de chaque épisode du capitaine Flam, captain futur pour les anglo-saxons, la dimension super-héros mise à part, montre en fait une image de la veille qui nous semble bien plus convenir aux actuelles évolutions de stratégies et des outils de veille documentaire et informationnelle. Il s’agit d’une dimension qui cherche à développer le sens de « prendre soin » de l’autre, ce qui est valable pour nos proches, mais aussi collègues et élèves. Les travaux de Bernard Stiegler[1] peuvent ici nous éclairer :

« Prendre soin, ici, signifie aussi faire attention, et d’abord porter et prendre attention à soi-même, et par la même occasion, aux siens, et aux amis des siens, et donc de proche en proche, à tous : aux autres quels qu’ils soient, et au monde que l’on partage avec eux en sorte que la formation d’une telle attention constitue une conscience d’universalité fondée sur (et profanée par) une conscience de singularité. »

Notre propos ne concernera pas les systèmes de types netvibes mais d’autres moyens de faire de la veille même si les univers netvibes constituent des instruments recommandables[2]. De la même nous n’évoquerons l’utilisation d’outils tels Google Reader qui permettent de réaliser un veille poussée et de la partager.

La veille change et de plus en plus ce ne sont pas seulement des mots-clés voire des sites que nous surveillons mais bel et bien des personnes. Le site Twitter[3] est l’exemple le plus flagrant de ce déplacement. Ce qui peut sembler comme je l’ai parfois qualifié de communication klean-ex[4] s’avère en fait bien plus riche et correspond à une vision non pas à la « big brother » mais plutôt à la little sister où chacun surveille tout le monde tout en étant lui même surveillé par les autres. Communication klean-ex dans la mesure où Twitter limite l’expression à 140 caractères et qui parfois nous transporte dans le culte de la transparence mais qui permet d’échanger de l’information et d’amorcer des discussions. Comme le résume bien Olivier Ertzscheid, l’homme est devenu un document comme les autres[5]. Evidemment, cela implique une gestion de son identité numérique. Nous nous attarderons par ce sujet ici, mais simplement nous voulons souligner que cette identité individuelle s’inscrit pleinement dans un collectif et que c’est ce dernier qui peut conférer une bonne ou mauvaise image, pour ne pas dire une bonne ou mauvaise réputation.

Dès lors, il faut sortir de la logique de la surveillance et aller dans une autre direction qui correspond davantage à l’inscription de l’individu dans un collectif qui lui permet à la fois de se valoriser personnellement (individuation) et de participer au travail collectif. Les réseaux de signets type diigo, delicio.us ou ma.gnolia permettent ainsi de partager sa veille avec le plus grand nombre, de créer des groupes thématiques également. Ils reposent sur des folksonomies[6], mot composé par Thomas Vander Wal à partir de folk et de taxonomy et qui définit la possibilité offerte à l’usager d’ajouter des mots-clés appelés tags à des ressources. Nous encourageons donc nos lecteurs à utiliser ces systèmes.

Nous pouvons considérer qu’il s’agit d’une intelligence collaborative ou coopérative. Un peu à l’instar de l’ensemble des astronomes amateurs ou professionnels d’ailleurs qui braquent leurs télescopes sur la galaxie, la veille collaborative permet de se partager les découvertes selon les domaines et selon les disponibilités. Cela peut donc se faire entre un nombre d’utilisateurs restreints sur un domaine particulier comme dans l’exemple suivant qui montre un groupe thématique alimenté par un groupe limité d’usagers qui partagent leurs découvertes concernant les folksonomies.

L’autre stratégie, c’est de surveiller non pas une thématique mais tout simplement de voir les derniers signets des membres de votre réseau. Il s’agit dès lors d’identifier les personnes dignes de confiance et d’intérêt pour votre veille personnelle. Il est également intéressant de parcourir les réseaux de personnes pour découvrir ainsi de nouveaux veilleurs.

 

Prendre soin plutôt que de surveiller.

Dès lors, pour reprendre l’expression de Bernard Stiegler, il s’agit de “prendre soin”, ce n’est pas de la veille type surveillance qu’il faut mettre en place, mais de la confiance et de la mise en valeur. En quelque sorte, c’est là que réside la différence entre la culture de l’information de type citoyenne ou éducative par rapport à la vision “intelligence économique” : la confiance plutôt que la défiance. Un travail peu évident car notre époque est profondément marquée par la guerre froide et la lutte contre le terrorisme. Dans ces conditions, l’autre est souvent synonyme de danger ou de méfiance. Aujourd’hui si pronétariat[7], il y a vraiment, il s’agit pour ce dernier de travailler à la création de valeur et de veille. Et c’est bien cette dimension qui peut permettre aux réseaux d’être véritablement sociaux. Nous ne devons pas surveiller les activités dans un but d’espionnage mais dans une optique de partage de connaissances, de savoirs. Il s’agit de travailler à de la confiance mutuelle et à la mise en valeur de personnes que nous avons identifiées comme fiables et intéressantes.

Les personnes de mon réseau twitter ne sont pas des personnes que j’espionne mais des contacts que je mets en valeur, que je distingue et dont il “faut prendre soin” d’écouter et parfois de prendre soin tout court. Désormais ce n’est pas notre seule valeur qui est prise en compte mais bel et bien la force de mobilisation de notre réseau.

 

Veiller sur les traces

Les outils du web 2.0 tardent à être pleinement utilisés dans l’Education Nationale. D’autre part, il me semble qu’encore une fois, c’est une logique d’adaptation qui prédomine et nullement une volonté proactive de mettre en place des stratégies pédagogiques. Pourtant, il y a urgence à s’emparer des possibilités qui s’offrent à nous. Néanmoins, derrière l’apparente simplicité, il faut être capable de songer à (ou penser la) la complexité. Mais cela ne peut se faire qu’au travers de la construction de scenarii pédagogiques, de parcours permettant l’acquisition de savoirs et de compétences et pas uniquement en « infodoc ». Il ne s’agit pas non plus de parler d’éducation 2.0 ou d’user des termes similaires qui sont en fait ridicules et qui demeurent l’apanage de consultants qui n’ont jamais exercé parfois en établissements. L’éducation demeure un concept qui ne mérite pas l’adjonction d’un quelconque 2.0, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faut pas faire évoluer le système bien au contraire. Les portfolios, les blogs, les plateformes d’enseignement en ligne et autres wikis permettent une meilleure gestion de la trace et donc de la progression de l’élève. Cela permet une pédagogie davantage différenciée et individualisée et plus motivante. Evidemment cela ne peut être sans incidence sur le fonctionnement actuel toujours basé sur la logique de la captivité. Il s’agit donc de permettre à l’élève de garder en ligne ses travaux, ses cours mais aussi les exercices avec un suivi plus fin et plus précis de la part de l’enseignant. Ce travail a également pour but de montrer la dimension éducative et pédagogique des nouveaux outils. De la même manière, cela permet d’enseigner plus efficacement aux élèves à mieux gérer leurs activités personnelles sur le web grâce à une utilisation plus réfléchie et surtout moins ancrée dans l’imitation du profil myspace ou du skyblog du camarade qui dévoile des informations qui pourraient devenir compromettantes dans un avenir plus ou moins proche.

Bernard Stiegler nous met en garde sur le fait que les nouveaux outils peuvent constituer tout autant des moyens de veiller que de sur-veiller. Il faut pour cela tout autant nous ré-veiller afin que nous ne soyons pas acteurs d’une société de surveillance mais de veille et de confiance. L’occasion aussi de rappeler que si nous ne pouvons totalement échapper aux objets techniques, aux caméras et autres dispositifs de « traquage » de nos activités et de nos traces, nous devons garder notre distance critique, l’esprit documentaire à l’œuvre dans nos professions, cet esprit dans la machine dont je parlais au congrès de la Fadben en mars dernier[9]. Cet esprit documentaire, c’est le nôtre et il est d’autant plus fort si nous travaillons ensemble même s’il ne s’agit pas vraiment d’intelligence collective. Il ne nous reste plus qu’à embarquer à bord du cyberlab du capitaine Flam …à moins que ce ne soit à bord de l’Atlantis d’Albator, bref il nous faut réenchanter le monde comme le préconise encore Bernard Stiegler [10] :

« Réenchanter le monde, c’est le faire revenir dans un contexte de milieux as-sociés, et reconstruire l’individuation comme association (…). »

C’est-à-dire permettre à l’individu de se construire au sein de collectifs d’humains et de techniques afin de prêter attention à nous tous.

 

Nous faisons ici référence aux travaux de Bernard Stiegler, philosophe de la technique qui est actuellement directeur du département du développement culturel au Centre Georges-Pompidou. Le concept de milieu associé auquel nous faisons référence  vient initialement de Gilbert Simondon dans son ouvrage « Du mode d’existence des objets techniques ». Il désigne chez Stiegler « un milieu social, réunissant les êtres humains et les médiations techniques à travers lesquels ils interagissent »[11]. Sur ces questions, il convient d’aller voir le travail d’Alexandre Serres en ce qui concerne les apports potentiels de Stiegler à la culture de l’information sur le site du GRCDI (Groupe de recherche sur la culture et la didactique de l’information) et notamment le séminaire de septembre 2008 :

 

Et donc pour le plaisir, le générique chanté par JJ. Debout

 


[1] Stiegler, B. (2008). Prendre soin : Tome 1, De la jeunesse et des générations. Flammarion. P.319

 

[2] Une sélection d’univers netvibes est réalisée par Brigitte Pierrat sur cactus acide : < http://www.culturedel.info/cactusacide/2008/04/08/selection-univers-netvibes/>

[3] <http://www.twitter.com>

[4] Et in arcadia ego : vers une culture de l’information et de la communication. Billet de l »invité d’Urfist-info du 31 août 2007. <http://urfistinfo.blogs.com/urfist_info/2007/08/et-in-arcadia-e.html>

[5] Voir à ce sujet, le panorama réalisé par Olivier Ertzscheid : < http://www.slideshare.net/olivier/lhomme-est-un-document-come-les-autres/>

[6] Sur le sujet, voir mon article : « Folksonomies : Les usagers indexent le web », BBF, 2006, n° 4, p. 66-70. < http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2006-4/bbf-2006-04-0066-002.pdf>

[7] Rosnay, J. D., & Revelli, C. (2006). La révolte du pronétariat : Des mass média aux média des masses (p. 250). Fayard.

 

[8] < http://www.neuroproductions.be/twitter_friends_network_browser/>

[9] Le support de l’intervention est disponible en ligne :< http://www.guidedesegares.info/2008/03/27/de-linnovation-a-la-poursuite-didactique/>

[10] Citation p. 52 de STIEGLER, B., Crépon, M., Collins, G., Perret, C., & Collectif. (2006). Réenchanter le monde : La valeur esprit contre le populisme industriel (p. 172). Flammarion

[11] Alexandre Serres. ( 2008) Glossaire sur Stiegler.in GRCDI < http://culturedel.info/grcdi/?page_id=80>

Juste une mise au poing : Françoise Chapron remet les choses à leur place

kick it!

Creative Commons License photo credit: gagilas

Un billet important de Françoise Chapron qui fait suite au dernier billet de Pascal Duplessis et qui fait écho à ma « gueulante » de mercredi.

Chapron Françoise. « Bas les masques » ou comment on tente de « reprofiler » une profession sans décision réglementaire ! Les Trois couronnes, novembre 2011.

http://lestroiscouronnes.esmeree.fr/table-ronde/bas-les-masques-ou-comment-on-tente-de-reprofiler-une-profession-sans-decision-reglementaire

Françoise revient notamment sur le « hold-up » qui s’effectue devant nos yeux :
« II y a eu en somme une forme de « hold up » sur notre mission, pour laquelle nous avons compétence par notre activité et notre statut, au profit de collègues qui ne l’ont pas demandé, ne sont pas formés et qui, légitimement, ne peuvent travailler les compétences info-documentaires que de leur point de vue didactique disciplinaire, s’ils en ont le temps et l’envie. »
N’hésitez pas à commenter le billet de Françoise.
Pour rappel, tous les billets de mon blog à propos des professeurs-documentalistes sont dans la catégorie « professeur-documentaliste ou le combat de Françoise ». C’est d’abord un hommage, mais c’est aussi une réalité…permanente qui méritait bien cette « mise au poing ».

La formation aux cultures numériques : le livre !

Voilà! J’ai le plaisir de publier chez FYP éditions, mon premier ouvrage : La formation aux cultures numériques dont le sous-titre est : une nouvelle pédagogie pour une culture de l’information à l’heure du numérique.

Le livre est issu de travaux de recherche, d’expériences de terrain en tant que professeur-documentaliste et formateur mais le style d’écriture et le contenu vise un public beaucoup plus large.  Je remercie mon éditeur qui a veillé sur ce travail afin qu’il soit accessible au plus grand nombre. J’ai donc du faire quelques efforts pour éviter de trop parler d’hypomnemata!

Voici donc la présentation de l’éditeur :
Peut-on vraiment prétendre qu’il suffit de faire partie de la génération Y – d’être né à l’époque des jeux vidéos et de l’internet – pour posséder une maîtrise innée de la gestion de l’information et des outils du numérique ? Les mutations engendrées par le numérique ouvrent la porte à de grandes potentialités, mais également à de nombreuses interrogations sur l’évolution intellectuelle, culturelle et éducative de la société. Cet ouvrage met en évidence les dangers et les problématiques de la confusion entre usages et culture. Olivier Le Deuff questionne notamment les évolutions de la lecture, de l’écriture et de l’exercice de notre pensée. Il explique comment former les individus à des environnements numériques toujours en construction et qui, eux aussi, nous transforment. Il propose une nouvelle pédagogie pour l’acquisition d’une culture de l’information et l’adaptation à la civilisation numérique. L’auteur montre également comment adapter les programmes éducatifs, les méthodes et les lieux de formation, et quels sont les apprentissages nécessaires pour les jeunes et les adultes qui doivent désormais se former « tout au long de la vie ». C’est un ouvrage indispensable aux enseignants, formateurs, pédagogues, gestionnaires de l’information, politiques, créateurs de nouveaux services, à tous ceux qui s’interrogent sur le devenir de la formation, et pour que les « natifs » du numérique ne deviennent pas les « naïfs » du numérique.

C’est aussi une forme de prolongement du blog. Il est en effet opportun de temps en temps de changer de support de diffusion.

 

Bonnes lectures

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