Nestor Halambique est-il une métaphore de Paul Otlet ?

Halambique en couverture
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J’émets une supposition que je n’ai pas trouvée exprimée ailleurs pour l’instant. Je viens de relire hier soir le sceptre d’Ottokar et je m’interroge fortement sur le personnage du professeur Halambique que rencontre Tintin. Je lui trouve une ressemblance avec Paul Otlet. peut-être est-ce une déformation personnelle, mais j’expose ici une suggestion.

Je ne sais pas si Hergé a connu Paul Otlet ou s’il a été au courant de ces travaux, mais le personnage présente quelques similitudes physiques, sans compter que la fédération internationale de sigillographie fait vraiment penser à la Fédération Internationale de documentation, ex office international de bibliographie. En 1938, l’année d’apparition du professeur Halambique, le mot bibliographie auquel pourrait faire songer la sigillographie, est moins usité, car le mot documentation a clairement pris le dessus.

Halambique en couverture

Halambique fait la couverture

Halambique a rédigé non pas un traité de documentation, mais une brochure sur comment on devient sigillographe ? On voit bien un personnage passionné, quelque peu distrait et qui consacre sa vie à une discipline dont il cherche également à démontrer le caractère scientifique. L’histoire évoque aussi l’idée de jumeaux, dont un est en fait un traître. La gémellité ici fait peut-être référence au duo Lafontaine-Otlet. Le personnage pourrait être alors un mélange des deux.

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

En ce qui concerne la sigillographie, Paul Otlet consacre quelques remarques sur l’étude des sceaux dans le traité de documentation par ailleurs (voir le passage sur wikisource).

Est-il possible d’envisager une rencontre entre Georges Rémi et Paul Otlet, même fortuite ? Je suis tenté de l’exprimer, surtout que les conditions de lieu et de temps paraissent tout à fait plausibles.

Avis aux tintinophiles..

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Amusant également, l’histoire de la perte de la serviette. On voit quelques photos d’Otlet ou de Lafontaine avec justement des serviettes du même type. C’était probablement la mode de l’époque, mais quand même… le rapprochement en tentant. Je vous invite à voir les photos de Paul Otlet et d’Henri Lafontaine sur les collections du Mundaneum.

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Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Henri Lafontaine et sa serviette

Henri Lafontaine et sa serviette

Qu’est-ce que le digital labor, par Dominique Cardon et Antonio Casilli

digitallabor
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Voici un livre court et synthétique et peu onéreux qui prend naissance dans le cadre des ateliers de l’INA animée pendant plusieurs années par Louise Merzeau qui  signe d’ailleurs la préface de cette édition.

Il faut reconnaître l’efficacité de l’ouvrage qui juxtapose deux interventions, la première d’Antonio Casilli, la seconde de Dominique Cardon. Les deux conférences se suivent et se répondent ce qui forme un objet éditorial opportun.
L’ouvrage répond à pleins de questions actuelles et correspond à mon avis à beaucoup de cursus qui évoquent les questions numériques et notamment mon cours d’intelligence collective où je vais le faire figurer au programme, car il éclaire de façon intéressante les tensions actuelles avec la mise en avant des concepts autour du travail et du digital labor, qu’on peine finalement à traduire en français. Pour 6 euros, il y a de quoi faire travailler les étudiants autour de ces questions, car cela donne un cadre de réflexion pour toute analyse de dispositifs et de plateformes qui pourraient être étudiés.
Antonio Casili resitue la question du digital labor et l’évolution du concept ces dernières années. Il évoque également les données afin de savoir si elles doivent être l’enjeu d’intérêts privés ou bien s’ils peuvent être considérés comme une forme nouvelle de biens communs. Son intervention permet de retrouver de nombreuses références bibliographiques en note de bas de page. Il faudrait presque d’ailleurs une bibliographie numérique pour retrouver les liens directement en ligne. Le Mechanical türk d’amazon y est expliqué notamment dans cette première partie, et Casilli y revient fort justement également dans le débat.  Casilli insiste bien que le travail désigne également un ensemble de relations sociales, susceptibles d’être source d’antagonisme. De même, il évoque la question des frontières peu claires parfois entre travail et loisir, avec le néologisme de Weisure.
Dominique Cardon insiste beaucoup sur la transformation de l’idéal du web au fil du temps avec un élargissement des publics qui s’éloignent des logiques des pionniers, avec une démocratisation des accès, des contenus et des publications qui aboutissent à des formes de tension, entre des logiques initiales qui ne recherchaient pas nécessairement la marchandisation, et des intérêts actuels qui au contraire revendiquent des formes de contribution davantage rémunérées, car le web est en fait devenu un espace professionnalisé. Si je rejoins globalement Dominique Cardon sur cette transformation progressive que j’ai vécue en partie également, je pense qu’il faut nuancer cette vision d’un web initial idéal, basé surtout sur le partage de la connaissance et un web actuellement d’essence marchande.
D’une part, parce que le web a très vite été vu comme un espace commercial potentiel, et ce dès l’arrivée des navigateurs comme Mosaic. Dale Dougherty remporte  en 1994 une récompense pour la meilleure application commerciale du web. D’autre part, le web est également très vite associé à des aspects de chat, de rencontres et des sites pornographiques dans les années 90. Il ne fait d’ailleurs que poursuivre des aspects déjà présents dans les communautés en ligne de l’Internet, et en France des logiques importées du minitel se retrouvent dans les nouveaux réseaux.
Je crois qu’il y a ici une sorte de vision idéale des pionniers, défendus parfois par certains geeks, mais qui ne correspond qu’à une réalité partielle. Je pense également que la vision d’un web influencé par l’imaginaire des communautés à la Steward Brand est fortement exagérée. Si je repense à certains créateurs d’Arpanet, je crois que la réalité est différente, de même avec Berners-Lee. La lignée principale reste celle des technologies de l’information et de l’hypertexte.
Intéressantes également les remarques sur les risques d’une perturbation par une logique de rétribution qui pourraient tarir la source du crowdssourcing, avec le risque final d’une rémunération pour ceux qui disposent des codes culturels ou qui sont capables de générer de l’attention, et les autres à qui on accordera une propriété ou une co-propriété sur leurs données personnelles, mais qui seront dès lors exclues des biens communs. Situation qui aboutirait à un résultat décevant.
Cardon soulève alors la question de l’exploitation, et notamment le fait qu’il y aurait production d’un travail inconscient dont les bénéfices seraient acquis par d’autres, notamment les plateformes. Si le sociologue reconnaît ici qu’il y a sans doute des enjeux d’aliénation basée sur une mécanique des égos, il incite à la plus grande prudence théorique, tant les affirmations péremptoires qui décrivent Facebook comme un camp de concentration sont réductrices. Il en appelle ici à davantage d’enquêtes sérieuses sur le terrain pour mieux mesurer le phénomène. Cardon souhaite par conséquent sans doute plus de modestie intellectuelle en la matière, et on perçoit plusieurs critiques sous-jacentes à certains travaux dans la lignée de Stiegler, critique que la référence à Rancière dans le débat ne fait que confirmer. On ne peut ici que le rejoindre dans le besoin de s’appuyer davantage sur des études empiriques. On peut néanmoins se demander si demeurer sur les seuls usages n’est pas le meilleur moyen de botter en touche, en restant un simple observateur. Une position qui nous semble de moins en moins souhaitable dans le cas des humanités digitales.
La dernière partie du livre fait place au débat, notamment entre nos deux précédents auteurs. La forme est étonnante, mais néanmoins intéressante. Les réactions d’Antonio Casilli apparaissent importantes, car elles nuancent la vision libérale d’une alliance entre le marché et les usagers du web, et le fait que les externalités positives seraient telles que le digital labor ne serait qu’un objet trivial, d’une importance moindre. Antonio montre en citant des exemples précédents, notamment le fait que Perry Barlow ait été critiqué vers 1996 pour ses positions favorables à l’entreprise, que le débat n’est pas si récent et que la question de la critique des industries du numérique existe donc depuis au moins 20 ans. Casilli propose non pas une économie de la contribution basée sur des micropaiements qui casserait toute dynamique collective et réellement contributive, mais une logique qui serait celle de participation aux biens communs via le développement du revenu de base universel.
Casilli souligne également qu’il importe de prendre en compte un changement de paradigme du web qui pourrait être celui d’un web de publications intentionnelles à un web d’émissions de données non intentionnelles, et que l’enjeu autour de ces questions apparaît peu appréhendé.
Le débat se termine par la position de Cardon qui plaide pour une place du chercheur et de l’intellectuel qui soit davantage placé au milieu (il serait tentant de développer ce point d’ailleurs) et moins comme au-dessus, en tant que celui qui sait et qui observe les autres qui ne savent pas.
En tout cas, tout lecteur de cet ouvrage en saura un peu plus et aura fait avancer sa propre réflexion sur les phénomènes autour du digital labor qui concerne tous les s usagers du web y compris les plus grands esprits de ce temps.
 Le modèle éditorial est intéressant. Un livre court, rythmé et riche en références.  On retrouve d’ailleurs l’article de Casili sur Hal-Shs, ce qui ne nuit pas au fait de produire un objet éditorial intéressant. A l’avenir, je suis tenté pour produire des ouvrages du même type, avec version papier et version numérique (enfin digitale).
digitallabor

Un lien vers amazon est-il une forme de digital labor?

TSUNDOKU : l’art d’empiler les ouvrages sans les lire

Nathalie Portman peut se reposer sur la connaissance
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Non, ce n’est pas une nouvelle interjection, et le dernier cri du joueur de Pokemon Go lorsqu’il découvre une espèce inconnue tel un naturaliste des siècles passés. C’est le nom que l’on donne en japonais au fait d’entasser des ouvrages qu’on a parfois pris plaisir à acheter, mais qu’on ne lira jamais. Après tout, on catalogue bien des ouvrages sans les avoir lus. Rien de coupable dans cette attitude.
Je viens de découvrir ce mot grâce à cet excellent article qui explique  ce concept de lecture, ou plutôt de non-lecture. L’article mentionne à la fin que les japonais ont eu raison d’inventer ce terme et fait référence aux ouvrages de Murakami qui sont parfois longs et que certains ne liraient pas. Je ne fais pas partie de cette espèce, car j’ai toujours pris soin de lire tous les Murakami que j’ai achetés ou empruntés. Le concept a été relayé depuis pas mal d’années dans la presse notamment par rue 89 et télérama qui a même inciter ses lecteurs à montrer des photos de cette activité apparemment très partagée. Doku renvoie à l’idée de lecture, tandis que tsumu fait référence à l’empilement et l’accumulation. La requête sur pinterest laisse entrevoir des heures d’exploration.
L’art du tsundoku a été relié avec les propos d’Umberto Eco quant à l’importance des documents et ouvrages présents dans une bibliothèque, mais qu’on n’a jamais lu. En effet, la bibliothèque doit rassembler bien plus que la somme de ce que nous avons lu ou de ce que nous connaissons, car elle n’est pas un instrument de mise en  scène de soi, mais un outil de recherche. À l’inverse des bibliothèques ou les livres n’ont jamais été lu (voir aussi les vidéos encore sous blister), car les pages n’ont pas été coupées, ou comme le décrit Alberto Manguel lorsqu’il découvre qu’une belle bibliothèque familiale n’est en fait qu’une apparence : le haut des pages a été coupé pour que les livres soient à la bonne taille des étagères de la bibliothèque, le fait de disposer d’ouvrages potentiellement consultables constitue un atout opportun.
L’amas de savoirs requiert un certain sens de l’organisation, un goût pour la collection, un peu comme chez Des Esseintes :
Le fatras des philosophes et des scoliastes, la logomachie du Moyen Âge allaient régner en maîtres. L’amas de suie des chroniques et des livres d’histoire, les saumons de plomb des cartulaires allaient s’entasser, et la grâce balbutiante, la maladresse parfois exquise des moines mettant en un pieux ragoût les restes poétiques de l’antiquité, étaient mortes; les fabriques de verbes aux sucs épurés, de substantifs sentant l’encens, d’adjectifs bizarres, taillés grossièrement dans l’or, avec le goût barbare et charmant des bijoux goths, étaient détruites. Les vieilles éditions, choyées par des Esseintes, cessaient — et, en un saut formidable de siècles, les livres s’étageaient maintenant sur les rayons, supprimant la transition des âges, arrivant directement à la langue française du présent siècle.

Il y a une forme de dandysme dans le tsundoku, si on se montre capable de produire une esthétique qui prenant le contre-pied de la bibliothèque trop organisée. Cela résulte davantage d’un butinage allant de rebond en rebond, se complaisant à voir s’accumuler au-dessus d’ouvrages achetés sur un coup de tête il y a parfois des années, de nouveaux arrivages comme autant de promesses, prêtes à s’effondrer au moindre faux-pas, mais permettant la révélation de l’ouvrage oublié, celui qui apparaît au bon moment pour être saisi et qui pourrait avoir la chance d’être lu de façon exhaustive. Le tsundoku dans son étalement rappelle les cornes d’abondance du savoir, cornucopiae, ces gisements sur lesquels on peut se reposer au sens propre comme au sens figuré.

Johnny Depp, un dandy en mode tsundoku ?

Johnny Depp, un dandy en mode tsundoku ?

Quid du tsundoku dans ses déclinaisons digitales, où la tentation du téléchargement est telle qu’elle ne garantit aucunement qu’il sera possible de procéder à une lecture intégrale, mais rassure quant au besoin soudain de vouloir disposer de tel document au moment opportun. Difficile cependant de pouvoir représenter des epub et des pdf sous la forme de l’empilement.

A l’époque de Caramail

Caramail en 1999
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Lorsque j’aborde les événements passés du web et de l’Internet, je peux m’empêcher de dire « à l’époque ». Je dois bien prononcer l’expression une dizaine de fois par séance pour mon cours de culture numérique (pour rappel, le super qcm est ici). C’est dire que les âges du web se succèdent rapidement avec des marqueurs forts qui ne perdurent pas.
J’ai donc pris plaisir finalement à me recréer une adresse mail avec l’extension caramail.com comme au temps jadis avec GMX qui a racheté le nom de domaine depuis quelques années. Et voilà, oledeuff@caramail.com de retour 18 ans après… j’avais beaucoup d’autres alias, notamment tceridrezal@caramail.com qui était un double numérique qui militait pour la création d’un organisme supranational (mon premier site web d’ailleurs). C’était une autre époque.
Les jeunes youtubers qui cartonnent s’étaient d’ailleurs moqués expressément de cette tendance à parler des époques précédentes

Seulement, il me semble que cette succession de tendances devient problématique, s’il n’y a pas une inscription culturelle plus forte qui permet de mieux  comprendre l’évolution du web, et surtout qui permet de replacer ces techniques dans une histoire plus longue, celle des techniques bien évidemment,  mais principalement celles des techniques de l’information en général. Sans quoi, on demeure dans un temps répété et jamais analysé et impossible à interpréter.
Il apparaît que nous ne vivons pas tous exactement désormais dans le même web, ce qui n’est pas spécifiquement gênant; ce qui devient embarrassant c’est l’ignorance totale de la généalogie des médias qui se produit. L’archéologie des médias apparaît ici une piste opportune pour se réinterroger sur nos pratiques et usages au fil des années.
Si le retour d’une adresse caramail est à nouveau possible, elle est marquée par une certaine nostalgie également. La porte d’entrée dans le monde de caramail me manque. Elle était symbolique d’un passage dans un nouvel univers, celui d’une messagerie sympathique, mais aussi le lien vers les fameux chats qui faisaient fureur dans les salles informatiques de l’université. Notamment, celles de l’université Rennes 2 où j’étais étudiant. Je me souviens aussi des problèmes attentionnels qui faisaient déjà leur apparition avec peu d’étudiants qui bossaient vraiment sur les outils de recherche d’information ou de production d’information, et qui étaient happés par le web, attendant fébrilement qu’une place se libère, pour se connecter et cliquer sur l’icône salvatrice d’un autre univers : Netscape qui nous promettait une entrée remarquable dans le cyberespace. Combien d’étudiants s’étaient promis de travailler sur leur exposé et leur mémoire… et s’étaient laissés aller à consulter leur messagerie puis à aller passer cinq minutes sur le chat de caramail, histoire de voir… Une heure après voire deux heures, ils n’avaient pas écrit une ligne de leur mémoire et avaient pourtant écrit des centaines de ligne de chat. J’ai pourtant réussi à écrire mon mémoire et malgré les dispositifs de dispersion de l’attention, je suis parvenu à écrire bien d’autres documents de plus grande ampleur.
Parfois, on dialoguait avec des personnes qui étaient dans la même salle que nous. Ridicule assurément, mais on était en 1998, 1999. Voilà qui montre que nous n’avons pas tant que ça évolué dans nos comportements que certains qualifieraient d’addictifs.

Caramail en 1998

Caramail en 1998

J’avoue m’être fait piéger régulièrement par ces dispositifs attentionnels, et que je le suis encore parfois. Je me souviens également que je présentais déjà le fait de passer du temps sur ces chats comme du travail gratuit du fait des dispositifs publicitaires, le digital labor n’est pas nouveau. Il faut néanmoins rappeler qu’au niveau technique et ergonomique, je crois pouvoir affirmer qu’en dehors des systèmes de messagerie instantanée, aucun dispositif de chat n’a depuis égalé la puissance et la convivialité du chat de caramail qui était supérieur à celui de multimania. Ces derniers avaient d’ailleurs fusionné leurs services autour de lycos. Cela prouve que les innovations ne sont pas toujours celles que l’on croit. Il existe d’ailleurs des services qui prétendent reprendre l’idée du chat de caramail. Ils sont très mauvais à tout point de vue.
Il y a peu de documents de recherche sur le phénomène caramail. Une requête sur google scholar montre l’absence d’études sérieuses sur le sujet avant 2003. Et c’est bien dommage. Cela montre l’intérêt de produire des études à court terme, bref de la speed science, car elles sont bien utiles des années plus tard pour produire de la slow science avec autres choses que des souvenirs.
La nostalgie c’est bien quand on est capable de produire du neuf avec. A quand un projet type strangers things mais pour les premiers âges du web ?
Caramail en 1999

Caramail en 1999 avec ce cercle, marqueur de la communauté.

Mon bingo de l’infocom

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Frédéric Clavert a demandé de façon pernicieuse il y a une quinzaine de jours sur twitter, s’il existait un bingo de l’infocom, c’est-à-dire une sorte de jeu qui listerait l’ensemble des mots-clés, des auteurs, et des expressions un peu tarte à la crème de la discipline.
claverttweet
Je me prête donc au jeu en livrant le mien, qui est évidemment également une autocritique personnelle. En effet, il n’est pas inopportun d’interroger ses dadas référentiels et ses logiques de pensée et d’écriture. Je vous fais grâce de ne pas mentionner les concepts information et communication, qui sont de toute façon polysémiques, car évoqués de manière polysémique. C’est d’ailleurs un tel enjeu que plusieurs travaux sont consacrés à cette recherche conceptuelle et définitionnelle.
Je le livre ici de façon commentée et volontairement désordonnée ce qui pourrait être mon bingo. Je n’ai pas le courage de vous fournir une grille que vous pourriez appliquer sur les publications dans le champ et notamment les miennes. Toutefois, tout candidat à la qualification au CNU pourra s’y référer également et j’encourage les futurs candidats à produire un wiki et un algorithme qui permettra d’assurer d’un taux suffisant d’infocom dans vos publications. Une telle start-up pourrait d’ailleurs remplacer le CNU. Il suffirait de télécharger les publications et hop on aurait aussitôt son taux. Je plaisante, mais c’est tellement facile à faire…
Allez, commençons…
Michel Foucault. Frédéric Clavert avait suggéré qu’il était certain que l’intellectuel français faisait partie du panthéon du bingo. Je ne peux que le confirmer. J’oserai même dire que c’est probablement ma seule religion. Mais comme je suis un mauvais disciple, je ne suis pas un épigone foucaldien, mais un indiscipliné foucaldien, ce qui lui ferait d’ailleurs plaisir. Alors, je vais poursuivre dans cette voie. Vous allez me dire, mais Foucault, il n’a jamais été en infocom ! C’est vrai, mais il ne le savait pas, tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, Foucault faisait de l’infocom… C’est tiré par les cheveux ? Oui, et c’est sans doute pour cela qu’il n’en avait plus et que Mister Affordance a perdu les siens.
Dispositif : Impossible de ne pas parler de dispositif. C’est pratique, parlant, très foucaldien bien évidemment, et cela met bien en jeu le fait que le dispositif suppose une logique de pouvoir couplé à des logiques techniques et organisationnelles. C’est tellement bon comme concept que les anglosaxons l’emploient fréquemment. L’infocom sans dispositif, c’est le PSG sans Ibrahimovich, et l’Om sans Bernard Tapie (voir un chagrin d’amour, ce n’est plus de l’amour)
Forme : De l’information à la forme, il n’y a qu’un pas. Reste à ne  pas demeurer dans la seule logique du schème hylémorphique et la métaphore simpliste de la glaise que l’artisan forme et déforme à sa guise. Et c’est là que c’est intéressant, car finalement de l’information on songe aussi à la déformation, bien avant finalement la désinformation. (c’est mon explication préférée en conférences : un téléspectateur qui ne regarde que le JT de JP Pernaut est-il formé ou déformé?)
Formation: concept riche qui permet de ne pas trop parler d’éducation, si on ne veut pas être plutôt considéré comme  trop pédago et donc appartenant aux disciplines des sciences de l’éduc.
Norme : concept utilisé aussi bien au sens de la norme type afnor, que des normes tacites et intégrées plus ou moins consciemment. Puisque je vous dis que Foucault faisait de l’infocom !
Littératie : là, c’est la nouvelle mode, et dans ce domaine je plaide aisément coupable. Alors que personne ne l’employait quasiment en SIC à l’époque où je débutais ma thèse, en dehors de quelques références à Goody, le concept est devenu populaire. On le partage assez bien avec les sciences de l’éducation. Je pense avoir grandement contribué à la popularisation du concept. L’occasion de rappeler qu’il s’écrit bien avec trois T. Vous perdez des points pour toute autre orthographe.
Système : impossible de ne pas évoquer ce concept qui va de pair avec toutes les théories de l’information, et qui nous permet d’étudier l’ensemble des différents types de systèmes d’information. Même les anti-systèmes ou déclarés tels, font vraiment partie du système.
Simondon : Celui là, tout le monde l’avait oublié jusqu’à ce qu’il y a une dizaine d’années, il fasse son retour sur la scène via ses travaux sur la technique. Il n’a pas toutefois encore colonisé toutes les publications.
Médias : ancien et nouveaux, c’est aussi l’infocom avec d’ailleurs des querelles parfois entre les médias d’avant et les néo.
Médiations : un concept riche, intéressant pour qui sait le manier.
Organisations : le génie de l’infocom, c’est de pouvoir parler de toutes les formes entrepreneuriales, institutionnelles ou associatives grâce à concept. Saint-Graal du courant de la communication des organisations, il est aussi bien pratique pour l’étude de l’organisation des connaissances. Pour toute utilisation répétée dans un article d’une autre discipline, veuillez envoyer un chèque de 5 euros à la SFSIC.
Numérique : En infocom, tout le monde parle de numérique depuis fort longtemps. Cela ne signifie pas que tous les chercheurs y connaissent quelque chose. Je reconnais qu’il existe quelques chercheurs télématiques (trop d’observation participante du 3615 ulla. À mettre en relation avec Internet et Web. On ne saura trop que rappeler que ce n’est pas la même chose.
Usages : le mot en vogue des années 2000. ça se calme un peu, sans doute aussi parce que l’étude des usages a trop négligé les dispositifs techniques. À mettre en relation avec le concept de pratiques.
Digital : c’est mon nouveau mot bingo. Voir ici.
Wolton : insulte. Permet de reconnaître l’initié du profane.
Connaissance : on a beau parler beaucoup d’informations, on a quand même un sentiment de supériorité. Ce qui nous intéresse, c’est la connaissance !
Réseaux sociaux ou réseaux sociaux numériques : on ne compte plus les références sur le sujet. J’y participe grandement, même si certains vieux parangons à moustache considèrent que cela ne fait partie des SIC. On fera donc fi de cette remarque, d’autant que les vrais créateurs de la discipline le considéraient comme un escroc. On va d’ailleurs pouvoir consulter les archives secrètes de la SIC, on vous en dira plus quand l’ANR aura financé le projet SICLeaks !
Technique : on trouve parfois son complément sociotechnique qui permet d’équilibrer l’ensemble. Cela fait plus dispositif, et cela fait moins peur aux évaluateurs technophobes.
Blog : un sujet d’étude à part entière, et un territoire dont raffole les acteurs des SIC, même s’il ne faut pas trop insister dessus, car cela ne fait pas trop sérieux quand même.
Editorialisation : l’édition c’est has been, place à l’éditorialisation. Symbole sans doute pour beaucoup d’un verbiage infocom, le terme est beaucoup employé dans d’autres disciplines, et puisqu’il est utilisé aussi au Québec, c’est qu’il doit être intéressant. En tout cas, il a le mérite de nous sortir des impasses intellectuelles dans lesquelles nous place le syndicat national de l’édition. Je ne peux donc qu’à encourager à son utilisation.
Design : nouveau buzzword qui ne touche pas que l’infocom. Personne ne sait vraiment ce que cela veut dire, alors on envisage de faire des thèses sur le sujet. Certains même voudraient créer une nouvelle discipline au CNU ! Sans doute, n’ont-ils jamais entendu parler de l’infocom célèbre pour sa plasticité…
Plasticité : le numérique c’est plastique, non pas Bertrand, mais cela désigne le fait que le numérique possède une certaine souplesse, en tout cas plus grande que celle du papier. De toute façon, le plastique, c’est fantastique (voir Elmer food beat) et on aurait tort de s’en priver en infocom.
Document : le concept essentiel bien évidemment, et ce sans aucun parti pris bien sûr. Tous ses dérivés sont bien entendu acceptés dans le bingo
Stiegler : philosophe indispensable que j’utilise trop et que certains professeurs de la discipline jalousent. À souvent un coup d’avance au niveau de la réflexion, même s’il est absent des réseaux sociaux. Il doit se planquer quelque part dans le dispositif.
Umberto Eco : intellectuel pratique pour faire érudit et qui a déjà posé toutes les questions en matière de sens et probablement en matière d’organisation des connaissances. Comme tout grand nom, s’avère pratique pour ne pas citer ses collègues de la discipline, notamment lorsqu’on ne les aime pas ou qu’on ne lit plus rien depuis des années.
Marketing : principalement utilisé dans une approche critique. On y forme nos étudiants, en leur disant que c’est pas bien… mais il les utiliseront quand même.
Discours : un bingo c’est déjà une étude des discours. On ne peut pas faire sans. Pour toute interrogation, voir Foucault.
Sens : à utiliser justement dans tous les sens.
Texte-hypertexte-architexte-contexte : indispensable, car tout est texte.
Image : souvenez-vous quand même que tout est texte.
Politique : souvenez-vous que le but de l’infocom est de replacer la politique dans tous les dispositifs de façon plus ouverte. Du coup, la section est parfois considérée comme gauchisante. Quand on parle davantage d’économie, on devient trop à droite.
Sexe-corps: si vous voulez frapper un grand coup, il va falloir mener des travaux dans ses territoires. Évitez surtout le concept de genre qui contient des DRM chronodégradables à moins d’user du sublime concept de  » transgenre ». On attend la future thèse sur le rapport entre humanités digitales et humanités génitales.
Se citer. C’est l’effet bingo par excellence. A ne pas confondre avec l’effet fayot qui consiste à citer tout son jury de thèse.
Vous pouvez dorénavant fabriquer vos grilles et venir en colloque avec. Le problème dans cette histoire, c’est que le bingo, c’est déjà une sorte de dispositif d’observation. Du coup, je me demande ce qu’en dirait Michel Foucault…

A propos de la trilogie d’Antoine Bello : le storytelling et la vérité

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Je suis en train d’achever avec plaisir la trilogie d’Antoine Bello avec les producteurs qui fait suite aux  falsificateurs et aux éclaireurs. (les liens vont vers Amazon, mais vous les trouverez chez votre libraire ou bibliothécaire préféré)
L’histoire est bien menée, difficile de décrocher et cela fait écho en plus à certains faits du passé, et cela ne peut que nous faire réfléchir.
Cette trilogie me semble incontournable pour ceux qui s’intéressent à la question du storytelling et sans doute également du transmédia, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à la fabrique du faux ou tout au moins du plausible.
L’ouvrage nous interroge sur notre rapport à la vérité.
Antoine Bello décrit une organisation dont le but est de travestir la réalité  que nous connaissons, pour nous proposer des alternatives que nous prenons d’ailleurs pour des vérités dans des buts qui sont en général plutôt progressistes et pacifiques, même si l’organisation secrète s’avère plus complexe.
Des documentalistes travaillent dans cette organisation, et on se demande au final s’ils sont vraiment au service de la vérité, car l’organisation repose sur plusieurs types de hiérarchies et différents personnels.
Mais les principaux emplois concernent finalement les scénaristes, ceux qui inventent des histoires, et les falsificateurs, ceux qui produisent, transforment des documents pour les rendre crédibles.
Le personnage principal est justement un scénariste islandais  Sliv Dartunghuver qui arrive au sommet de l’organisation. Un nom étrange qui résonne comme un dark hangover, une mauvaise gueule de bois.
Cette capacité à raconter des histoires et finalement parvenir à les diffuser via les médias et bien sûr de plus en plus de façon transmédia est pasionnante à découvrir dans l’ouvrage, car cela pose la question des régimes de vérité qui nous gouvernent. Or, il semble que ce soit clairement une lutte, à l’instar de celle déjà décrite par Bruno Latour dans les milieux scientifiques, si ce n’est que c’est également le cas pour à peu près tout ce qui nous entoure. Le CFR ( Consortium de falsification du réel ) fonctionne finalement comme un gigantesque système de lobby supranational. Les méthodes sont finalement assez similaires au point d’ailleurs qu’on se demande si l’auteur n’a pas travaillé dans ces milieux.  En tout cas, Antoine Bello est un écrivain hors-norme, pas si éloigné du héros principal finalement, en étant également un homme d’affaires qui vit aux États-Unis d’après cet article de Télérama.  L’auteur a fondé une société Ubiqus qui s’inspire d’un de ses romans . On note qu’en tant que descendant de Marcel Aymé, cette histoire d’ubiquité me fait penser à la nouvelle « les sabines ».
Mais finalement, est-ce que tout cela est vrai ? D’ailleurs, on se demande à la fin si l’auteur ne finit pas par se perdre lui-même dans la dernière partie de sa trilogie avec cette histoire de tribus maya qui peine à nous convaincre… sans doute avons-nous été dès lors à bonne école avec les deux tomes précédents. Mais bon, la morale de l’histoire est sans doute quand le dernier tome nous place dans une situation qui consiste à  nous faire regarder dans la profondeur de la mer avec cette histoire d’épave près des côtes mexicaines,  alors qu’il serait sans doute plus opportun de  regarder en l’air peut-être. On se demande parfois, s’il ne peut pas y avoir une autre lecture de la triologie, avec un sens caché qui nous aurait échappé. L’appendice final n’y répond que de façon partielle.  D’ailleurs est-ce vraiment la fin de la trilogie ?
Bello nous montre que les ressors de la falsification reposent sur les mécaniques du storytelling couplées aux logiques de la captation de l’attention. On notera d’ailleurs les nombreuses références aux stratégies de manipulation des réseaux sociaux qui sont déployées par les protagonistes notamment dans ce dernier tome. Par endroit, on est tenté de dire que ça sent le vécu…
Bref, une bonne trilogie intéressante à lire pour passer un bon moment et pour ouvrir également sa réflexion quant à la fabrique de la réalité et de la vérité.
À la lecture de la trilogie, il devient également difficile d’en vouloir aux conspirationnistes , car la production massive d’histoire qu’on nous sert au quotidien ne peut que semer le doute en chacun de nous. J’avais déjà remarqué lors de ma thèse que la pire situation serait celle d’un doute qui empêcherait finalement toute position vis-à-vis de la vérité. Une vérité qui ne deviendrait qu’une illusion, un idéal absurde. Telle est d’ailleurs la conclusion du dernier roman d’Umberto Eco.
Ce rapport à la vérité est pourtant essentiel à plusieurs titres :
– Il fait partie des prérogatives de nombreux professionnels de l’information, comme les journalistes et les documentalistes. C’est également une des missions de la science, même si l’erreur est possible et que la science doit permettre la contradiction.
– Il constitue finalement un objectif ou idéal de l’humanité ou en tout cas de l’esprit humain. Comment envisager un humanisme si on considère que la vérité n’est que relative, et que tous les discours se valent finalement?
– cela pose également la question : qui sont les détenteurs et autorités de la vérité ? Les travaux notamment dans la lignée de Foucault montrent que les institutions se sont souvent construites dans un rapport d’une détention du savoir et de la vérité qui est légitime ? Mais qu’en est-il actuellement, à l’heure où les plus grandes démocraties de l’histoire font le choix de l’extrémisme (imaginons qu’après le Brexit britannique, les États-Unis choisissent Trump et la France Marine Le Pen ?) notamment parce que le pouvoir politique est devenu inconsistant (c’est le cas du hollandisme qui n’est pas un consensus mou, mais une mollesse sans consensus et un daladiérisme inconscient). Le pouvoir a basculé sur d’autres institutions que sont les industries, notamment les industries de programmes et de services.
Ce sont les GAFA qui désormais écrivent l’histoire supranationale, mais également nos petites histoires du quotidien qui tout en nous offrant une liberté apparente d’action, nous contraignent dans des formes pré-écrites, des architextes. Il ne s’agit pas de fantasmer sur les big data et les algorithmes, ce sont simplement des logiques de petites histoires qui sont ainsi constituées.
Il reste à savoir si dans ces écritures pro-grammées, il y a véritablement un idéal, un objectif ultime, question qui taraude les membres du CFR dans la trilogie d’Antoine Bello. S’il semblait y avoir quelques idées dans les organismes de paix internationaux à leur début, on ne peut qu’en douter depuis. Dès lors, y a-t-il un ghost in the machine chez Google, Facebook et consorts où faut-il n’y voir que la main invisible du marché qui doit souffrir d’arthrite aiguë, car elle ne semble faire que le même mouvement pour remplir la même poche.
J’y reviendrai certainement, mais actuellement cela ne peut qu’interroger les professionnels de l’information. Paul Otlet considérait que l’information devait être vraie comme base de la documentation. De plus, cet accès devait au final permettre l’amélioration du niveau intellectuel de la population mondiale afin de pouvoir espérer une paix universelle. Qu’en est-il actuellement ?
Quand des professionnels de l’information d’un grand groupe français me disaient il y a quelques années, qu’ils procédaient beaucoup à de la destruction de documents trop sensibles et donc pas nécessairement pour conserver pour les archives, cela ne peut que nous interroger.
Complexe également est la formation dont je m’occupe qui oblige à multiplier les compétences et à savoir les utiliser au bon moment à bon escient. Tantôt, il faut faire preuve de proximité avec le document original lorsqu’il s’agit de réaliser une analyse documentaire qui ne doit souffrir d’aucune déformation, interprétation et critique, tantôt il faut développer  des qualités communicationnelles qui impliquent à l’inverse d’imaginer et de produire du nouveau.
Les professionnels de l’information ne sont pas nécessairement au service de la vérité. Ils font parfois oeuvre de fiction. Reste à savoir quelle est la recette du bon équilibre.
D’ici quelque temps, je vous reparlerai d’Antoine Bello avec son dernier ouvrage Ada, autour de l’intelligence artificielle.

L’indexation des désirs

Par défaut

Je me fais de plus en plus rare sur le blog, mais ce n’est finalement pas nouveau, puisque c’est le rythme que j’ai adopté depuis quelques années. Pour suivre mon actualité, le plus simple est de vous abonner à mon compte twitter, car je n’ai pas toujours le temps de bloguer toutes mes interventions ou dernières publications.

Je vous propose néanmoins de retrouver mon intervention sur l’indexation des désirs pour le séminaire international « écritures numériques et éditorialisation ». J’étais intervenu avec mon collègue David Pucheu sur le sujet Désir de profilage et profilage du désir : L’intention catégorisée. Le résumé est ici.

Vous pouvez retrouver l’intervention ici  et le support de mon intervention est disponible sous slideshare. (attention quelques visuels sympathiques s’y trouvent !)

L’intervention constituait un prolongement de mon article sur les tags dans la pornosphère.  C’était l’occasion de rappeler les enjeux d’importance qu’il y a derrière ces questions, tant au niveau des recherches dans le domaine des pornstudies qu’en ce qui concerne finalement les enjeux économiques et stratégiques autour de nos données personnelles et nos représentations.

Cette étude avait commencé par ce qui était surtout un pari perdu sur twitter, mais qui finalement allait se révéler bien plus intéressante que je ne l’avais envisagé initialement.

J’y reviendrai prochainement, notamment pour mieux définir ce que pourraient être ces humanités digitales d’un genre particulier, les humanités numérotiques comme les nomment Yves Citton.

Si vous voulez vous détendre pour un prix peu élevé, mon roman Hot&Steam est désormais à 0,99 euros.

 

L’esprit de Norman encombré par une représentation par tags.

norman et les tags