Category Archives: Internet et le cyberespace

Ici nous présentons quelques évolutions, nous n’y lutterons pas à l’instar de Cobra contre les pirates de cyberespace…

La culture littéraire et l’ « effrayant génie » de la technique. La culture technique comme réponse.

Un petit texte qui revient sur certaines de mes réflexions du moment, qui aurait du être publié ailleurs que sur ce blog, mais les retards font que le blog devient le meilleur support possible. L’article est en mettre en relation avec un billet qui explorait quelque peu cette thématique. Une partie ce texte est directement inspiré d’un passage de la thèse, qui je crois, n’avait pas plu ou pas convaincu d’autant que j’évoquais clairement la culture littéraire comme un obstacle. Pour autant, j’ai envie de relancer le débat. Bonne lecture et à vos critiques!

 

Intro

 

Notre propos est de montrer que les craintes souvent exprimées à l’égard du web et de l’Internet proviennent d’une culture littéraire, sans doute occidentale d’ailleurs qui rejette la technique et l’objet technique. Nous nous appuyons ici sur les travaux de Gilbert Simondon dont les travaux œuvrent pour une culture technique et son enseignement.

Les  » lettres » qui reposent pourtant sur plusieurs techniques que sont la lecture et l’écriture et la somme de supports qui les accompagnent, tendent toujours à mythifier et à mystifier par le discours la technique. Davantage basées sur la contemplation que sur l’action, elles méprisent l’objet technique perçu comme simple instrument et dont le vocabulaire qui l’entoure est perçu comme grossier. La culture littéraire repose à l’instar de l’œuvre de Chateaubriand sur le désir d’accéder à Dieu, ou tout autre état intellectuel ou spirituel supérieur, par la pensée et la méditation dans l’espoir d’un ailleurs meilleur face à une vie active pénible. La technique est d’ailleurs souvent jugée bassement par la mythologie grecque et la religion judéo-chrétienne : le porteur de lumière est celui qui ouvre la porte des enfers. De plus les éléments techniques sont parfois assimilés à la culture de masse ou populaire et nullement celle de l’homme lettré, ce qui est non seulement absurde mais aboutit également à une absence de formation du fait de cet impensé.

 

 

  1. La culture littéraire et ses frayeurs.

Cette position problématique de la culture littéraire est parfaitement exprimée par Gilbert Simondon à propos de Chateaubriand :

« Il y a plus d’authentique culture dans le geste d’un enfant qui réinvente un dispositif technique que dans le texte où Chateaubriand décrit cet “effrayant génie” qu’était Blaise Pascal » (Simondon, 1958, p.107)

L’effrayant est en fait utilisé pour qualifier l’inexpliqué, ce que le littéraire refuse ici de comprendre. Chateaubriand tente dans Le Génie du Christianisme de montrer le côté religieux de Pascal. Or, il se trompe de génie. Celui de Pascal concerne surtout la science et la technique. Or Pascal n’est pas expliqué, il est fait mythe :

« Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques ; qui, à seize, avait fait le plus savant traité des coniques qu’on eût vu depuis l’antiquité ; qui, à dix-neuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l’entendement (…) enfin qui, dans les cours intervalles de ses maux, résolut, par distraction, un des plus hauts problèmes de la géométrie, et jeta sur le papier des pensées qui tiennent autant du Dieu que de l’homme. Cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal. » (Chateaubriand, 1993)

Le génie technique est recouvert ici par le brouillard du génie chrétien.

Chez Chateaubriand, ce qui s’avère l’effrayant, c’est que Pascal ait osé se rendre sur des terrains jugés diaboliques, ceux de la science et de la technique, et que son salut n’est que la résultante de sa confiance en Dieu.

En aucun cas, Chateaubriand ne cherche à suivre la voie de Pascal ou à inciter à la suivre. Le génie ne peut être mu que par Dieu. Cette attitude diffère totalement de l’encyclopédisme des Lumières publiant plans et explications et incitant le lecteur à passer à l’action.

 

Chateaubriand sépare la littérature de la technique de la même façon que son père séparait sa famille aux quatre coins du château de Combourg. Les peurs enfantines et adolescentes se retrouvent dans l’œuvre et cette crainte est aussi celle qui sépare la culture littéraire de la culture scientifique et technique.

Chateaubriand s’inscrit dans la filiation de Montaigne, celle du commentaire, de la recherche du beau, de la méditation tout autant que l’imagination. C’est l’obscurité du romantisme qui s’oppose aux Lumières et l’ombre de la mort qui pèse sur les vivants avec l’horreur ou le dégout de la vie. C’est la mémoire vive qui est mise de côté pour les Mémoires d’Outre-tombe.

Pourtant cette culture utilise des éléments indispensables à la culture technique et notamment l’exercice nécessaire de la réflexion et de la méditation, en opérant une skholé, un arrêt pour prendre le temps de réfléchir. Mais elle demeure dans la contemplation, la morale chrétienne ayant placé la félicité dans un au-delà qui fait de la vie active, une étape à passer. Sans compter que les techniques sur lesquelles reposent sur cette culture, et notamment le livre, sont sacralisées. La magie remplace l’ingénierie.

 

La culture technique prend à l’inverse le temps d’agir. Elle réalise donc le transfert d’une culture scolaire et lettrée à une culture opérationnelle dont le savant est le meilleur représentant. Pascal est savant et son génie est avant tout celui de l’ingénieur et non pas celui de quelques esprit magiques.

 

2. La culture technique : la culture en action.

La culture technique passe de la légende, la legenda, la chose à lire, à la chose à faire. Non pas que ce fut par volonté de progrès, mais par volonté de savoir et de connaître. Et ce passage ne peut s’opérer selon Hannah Arendt que par le passage de la contemplation à l’action qui nécessite davantage l’usage des mains pour mieux connaître la nature :

« Quoi qu’il en soit, l’expérience fondamentale à l’origine de l’inversion de la contemplation et de l’action fut précisément que l’homme ne put apaiser sa soif de connaître qu’après avoir mis sa confiance dans l’ingéniosité de ses mains. Ce n’est pas que la vérité et la connaissance perdissent leur importance, c’est qu’on ne pouvait les atteindre que par « l’action » et non plus par la contemplation. » (Arendt, 1983, p.363) L’homme actif n’a pas pour autant remplacé l’homme contemplatif dans la hiérarchie sociale, notamment par des mécanismes de dépossession qui ont fait de l’homo faber un homo laborans, c’est-à-dire un travailleur dépossédé de la compréhension de son milieu. Une prolétarisation qui a presque gagné tous les secteurs du travail du fait d’une trop grande spécialisation notamment.

L’internet à ses débuts impliquait une participation également technique de la plupart des acteurs. Désormais, le réseau par souci de faciliter l’accès, pour des raisons tout autant démocratiques que commerciales, permet à tous de participer…sans pour autant en comprendre les mécanismes.

 

  1. Une culture littéraire mineure face à la technique.

La culture technique est davantage l’apanage de l’ingénieur que du génie. La magie fait place à l’ingénierie. De plus, la conception de l’héritage n’est pas le même dans la culture littéraire et la culture technique. Tandis que chez l’auteur du Génie du Christianisme, c’est le respect dans la crainte qui prédomine- la figure du comte de Chateaubriand étant le symbole de cette paternité justement effrayante-, chez Newton c’est le respect dans la transmission et la compréhension : le passé est un soutien et non un fardeau. Là où chez Chateaubriand, on trouve une position d’héritage pesant, il est au contraire libérateur chez Newton.

La culture littéraire est donc mineure face à la technique, elle ne la comprend pas, ne cherche pas à la comprendre soit par mépris, par recherche de l’otium, soit par crainte de quelque diablerie. Il serait presque tentant de dire que la culture littéraire ici, empêche l’exercice de l’entendement, de cette capacité à penser par soi-même.

Cet état de minorité est justement celui que dénonce Gilbert Simondon qui regrette également que la culture et notamment la culture générale ne devienne que l’expression d’une culture normée dans une logique d’héritiers au sens de Bourdieu.

La culture technique ne s’oppose pas à la nature et se situe donc à un niveau différent du positivisme scientifique qui normalise –nous songeons notamment à une lignée qui mène aux idéaux de la prétendue société de l’information- et diffère d’un obscurantisme qui nous mène au matin des magiciens.

La culture littéraire a été reprise justement par les publicitaires pour faire de l’objet technique un artifice entourée de discours, de magies, de possibilités infinies au travers de stratégies hypnotiques.

Au final, l’objet technique se trouve mis à distance de manière négative dans une impossibilité à le comprendre tandis que la distance nécessaire est abolie en ce qui concerne les discours publicitaires qui utilisent les techniques de la culture littéraire pour convaincre. Le publicitaire est devenu sophiste, le philosophe et l’homme lettré lui laissant la technique comme le montre Simondon (Simondon, 2005. p.522) :

« Si nous considérons l’ensemble des machines que notre civilisation livre à l’usage de l’individu, nous verrons que leurs caractères techniques sont oblitérés et dissimulés par une impénétrable rhétorique, recouverts d’une mythologie et d’une magie collective qu’on arrive à peine à élucider ou démystifier. Les machines modernes utilisées dans la vie quotidienne sont pour la plupart des instruments de flatterie. Il existe une sophistique de la présentation qui consiste à donner une tournure magique à l’être technique, pour endormir les puissances actives de l’individu et l’amener à un état hypnotique dans lequel il goûte le plaisir de commander à une foule d’esclaves mécaniques, souvent assez peu diligents et peu fidèles, mais toujours flatteurs. »

C’est la figure du robot qui apparaît ici sous-jacente. Une figure, symbole autant d’aspirations que de craintes que nous trouvons notamment dans la science-fiction.

 

4. Le regard cyberpunk

 

Cette peur se manifeste encore parfois au sein de l’Education Nationale où la culture des lettres demeure omniprésente…avec son impossibilité à penser la technique. Une culture inopérante pour des générations qui doivent pourtant faire face à une diversité d’objets techniques. La littérature exploite beaucoup d’ailleurs ces craintes sous forme de dystopies où la technique contrôle l’humain. Nous songeons également à la science fiction qui exploite cette thématique. Notamment le mouvement cyberpunk qui a inspiré les techniciens de l’Internet notamment au niveau du vocabulaire. La SF demeure un champ souvent hors domaine scolaire et peu prisé par la culture littéraire classique puisqu’elle reste fréquemment un mauvais genre dont l’apparition est fort rare dans les programmes. Le rejet vient justement de son vocabulaire technique qui en fait un genre vulgaire pour la culture littéraire normée. Pour autant, la science fiction opère un positionnement intéressant entre culture littéraire et technique. Le mouvement cyberpunk décrit ainsi souvent la technologie et ses excès sous tous les angles en y mêlant les idées punk (liberté de chacun diminuée, dégradation de la société généralisée…) et des magnats dirigeants le monde depuis leurs terminaux d’ordinateurs, ainsi que des gadgets cybernétiques. William Gibson, l’auteur du Neuromancien[1] qui a inspiré l’usage du terme cyberespace exprime cette position étonnante :

« Pour créer des univers de fictions, je pars plus de mon intuition que de ce qui est logique, car pour moi le monde dans son ensemble est illogique. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux ordinateurs je n’y connaissais rien, mais j’aimais bien le principe de l’interface, donc j’ai déconstruit le langage informatique et l’ai reconstruit à ma façon pour montrer ce que la technologie pourrait devenir. Et ce que j’ai imaginé a, en retour, commencé à influencer ceux qui fabriquent les machines. Tout ça n’a rien de rationnel. »[2]

La science fiction constitue un pont possible entre les deux cultures en réintégrant la technique au sein de la littérature. Cependant, elle le fait de manière peut-être trop exagérée parfois, la rendant omniprésente. On passe d’un rejet de la technique à un techno-centrisme. On demeure sous l’obsession du contrôle, avec la sempiternelle question de qui a le pouvoir : l’homme ou la machine ? Or, la culture technique implique une sortie de cette vision simpliste et une étude des relations homme-machine plus complexe mais plus efficace.

Conclusion :

La culture littéraire reste toujours basée sur une forme de culte de l’auteur, notion rendue de plus en plus complexe actuellement avec le web. La culture littéraire vise à la démonstration de sa culture par la référence. C’est une culture personnelle qui repose notamment sur une lecture isolée.

La culture technique repose sur la formation plutôt que sur le conformisme et implique un caractère collectif et participatif plus élaboré qui invite à s’inscrire dans la compréhension du travail de l’autre en vue de son éventuelle amélioration.

Cela signifie que l’Internet et le web doivent être compris pour ce qu’ils sont : des créations humaines et que la culture littéraire doit faire place à la culture technique. Cette dernière s’appuie également sur la culture de celui qui sait lire et écrire mais sans être normée. Elle implique plus la connaissance que la recherche de reconnaissance.

Mais laissons parler Simondon :

« Dans l’homme, il faut une culture technique, faite de la connaissance intuitive et discursive, inductive, des dispositifs constituant la machine, impliquant la conscience des schèmes et des qualités techniques qui sont matérialisés dans la machine (…) » (Simondon, 2005, p.521)

La formation à l’Internet ne peut donc reposer que sur un simple usage qui voit l’Internet comme un instrument. La connaissance des réseaux et de leur histoire est nécessaire. L’apprentissage d’une culture technique s’avère dont primordiale et ce qui justifie pleinement la défense d’un enseignement technologique et d’un enseignement informatique, notamment en matière de programmation. Il reste que cette culture ne peut être complète que dans le cadre d’une culture de l’information, culture autant lettrée que technique.

Nous noterons d’ailleurs que la documentation qui présente un héritage technique et scientifique évident, et une proximité évidente avec les machines apparaît beaucoup mieux à même d’effectuer ce travail que les lettres.

 

 

Bibliographie :

ARENDT, H., Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, coll. « Pocket Agora », Paris, 1983

BARTHELEMY, J.H. Penser l’Ecole avec Gilbert Simondon. In Skholé. < http://skhole.fr/penser-l-%C3%A9cole-avec-gilbert-simondon-par-jean-hugues-barth%C3%A9l%C3%A9my>

CHATEAUBRIAND, F.R, Génie du christianisme, tome 1 (Flammarion, 1993).

MOREAU. P. Chateaubriand entre Montaigne et Pascal, Cahiers de l’Association internationale des études francaises, 1969, n° 1, pp. 225-233. <http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1969_num_21_1_937>

SIMONDON, G. (1958). Du mode d’existence des objets techniques. Paris, Aubier.

SIMONDON, G. (2007). L’individuation psychique et collective : A la lumière des notions de Forme, Information, Potentiel et Métastabilité. (p. 293). Editions Aubier.

 


[1] William Gibson. Op. cit.

[2] Interview de William Gibson par les humains associés. [en ligne]

http://www.humains-associes.org/JournalVirtuel2/HA.JV2.Gibson.html

Candidature Adbs

Je profite du blog pour signaler ma candidature au conseil d’administration de l’ADBS. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’association, un détour par son site s’impose.

Ma profession de foi est la suivante : (je précise que le je employé a surtout pour but de devenir un nous)

Mon objectif est de veiller à une articulation juste entre les milieux de la formation et les milieux professionnels.

A cet effet, je m’engage à poursuivre les réflexions et les réalisations pour valoriser et mettre en valeur les valeurs et les compétences des métiers de l’information et de la documentation au travers notamment d’une « communauté de pratiques » dynamique.

Je mettrai notamment mes compétences à disposition pour le succès du projet de réseau social de l’adbs.

Je veillerai également à articuler la recherche et les perspectives professionnelles à développer.

Je m’engage également à défendre des valeurs issues de l’héritage documentaire qu’il convient de faire fructifier.

Pour cela, je souhaite également contribuer à la réputation internationale et l’association au travers de différentes manifestations internationales.

L’objectif est donc d’articuler au mieux les différentes facettes des métiers et de la profession entre les étudiants, les professionnels, les chercheurs et les différents acteurs qui peuvent œuvrer au bénéfice des métiers de l’information-documentation.

Il s’agit de travailler autour d’un continuum depuis la sphère scolaire jusqu’aux sphères décisionnelles.

 

Pour voter c’est ici.

Générations autopoïétiques : soutenez le générateur autopoïétique

Je vous invite à soutenir le projet lancé par Oliver Auber.

C’est quoi ce truc :

« Générateur Poïétique, derrière ce nom étrange se cache en effet une expérience collective et très enrichissante pour les enfants de 7 à 77 ans. Le Générateur Poïétique propose simplement de dessiner en temps réel à plusieurs sur une même image. Oui, mais pas n’importe comment : les règles minimales du Générateur Poïétique permettent qu’un dessin global s’auto organise effectivement petit à petit avec des dizaines ou des centaines de participants comme l’ont déjà montré des premières expériences menées sur différents réseaux … depuis 1986. (GLOUPS, oui vous avez bien lu : 1986, l’idée du GP ne date pas d’hier! C’est même une oeuvre pionnière du « NetArt », au point d’occuper le dernier chapitre du « Que Sais-je » sur ce sujet (Voir <ICI>).

 

Grâce à vous, c’est peut-être des milliers de personnes à l’oeuvre qu’il nous sera donné de contempler sur une même image qui pourrait être projetée en juin pour la première fois quelque part dans Paris dans le cadre de <FUTUR EN SEINE> (fête de la ville numérique) si les organisateurs de cette manifestations rendent cela possible. »

Si vous ne savez pas ce qu’est l’autopoïèse, allez donc vérifier vos connaissances sur l’article de wikipédia.

La suite ici si vous voulez soutenir financièrement même modestement le projet. C’est aussi l’occasion de montrer que de nouvelles formes de participations sont possibles y compris au niveau économiques. Kisskissbank permet de financer ainsi tout un tas de projets.

C’est aussi un moyen de voir ce qu’on peut réellement produire collectivement, en peu de temps. Toute forme d’intelligence collective est donc pleinement à encourager.

Vous pouvez aussi le tester…JAVA INACTIF

 

 

En vidéo :

Pour mieux comprendre, ce qu’on peut faire :

 

 

Je pense que plusieurs projets de ce type vont émerger dans les années futures. Notamment des travaux d’écriture, de création, de traduction, de construction. L’union fait la force..

La redocumentarisation et l’intelligence collective

Frédéric Lefebvre a un secret. Il est capable à lui tout seul de déclencher des tempêtes de réactions collectives rien qu’avec la moindre des ses gaffes.
Il est le cinquième élément de twitter.
C’est un générateur de « même » impressionnant, une expression dispersée qu’un hashtag permet de rassembler.
Tout est parti de là

Ensuite, le hashtag #bibliolefebvre est apparu…et chacun a tenté alors de participer.
Voici le document qui récapitule en partie de ce mouvement d’intelligence collective. Pour rappel, tweetdoc permet de générer des pdf qui reprennent l’ensemble des tweets mentionnant le même hashtag ce qui permet un bel effet de redocumentarisation. Cela prouve aussi que le document constitue de plus en plus un produit final, une téléologie sur les environnements numériques plutôt qu’un commencement.

Même l’intéressé au final a lui même reconnu et utilisé le hashtag.

Désormais, la question est posée, comment générer de tels mouvements en aussi peu de temps pour des missions plus généreuses et plus porteuses à long terme ?
Une des leçons de cette histoire, c’est quand le projet est lancé de manière calculée et par quelqu’un qui parait trop intelligent, la foule peut avoir le sentiment qu’elle n’a pas les moyens de suivre. Le spontané réclame du « décomplexifié » (barbarisme personnel). A méditer pour la suite…

Touchgraph SEO et les identités

Je teste touchgraph seo, qui est plutôt dédié au référencement mais qui permet en tricotant un peu de tisser et de faire apparaître différents liens entre plusieurs identités à partir de la sienne  notamment.

C’est assez amusant.

Voici un exemple avec plusieurs requêtes à partir de mon nom et en ajoutant à la suite des requêtes sur des acteurs célèbres de la blogosphère ou du top wikio.

Classement « science » wikio Août 2010 et nouvelles métries

Voici le classement « Science » tel que me l’a transmis wikio.
Pas de grands bouleversements à mon sens.

J’ai accepté de le publier dans l’espoir de relancer le débat sur les nouvelles métries.

J’ai été à plusieurs reprises critique avec ce classement sur le blog et dans des articles notamment à cause du mélange entre autorité et popularité et surtout du fait de l’exclusion de liens institutionnels. Malgré tout, ce classement avec tous ces défauts a le mérite d’exister et il faut bien constater que nos métries scientifiques demeurent insuffisantes pour rendre compte des mutations du numérique.

1 Technologies du Langage
2 affordance.info
3 Bibliobsession 2.0
4 {sciences²}
5 La feuille
6 En quête de sciences
7 Le blogue de Valérie Borde
8 L’édition éléctronique ouverte
9 ThatCamp Paris 2010
10 Ecrans de veille en éducation
11 Tom Roud
12 teXtes
13 Mapping Expert
14 Le guide des égarés.
15 Évaluation de la recherche en SHS
16 La Science au XXI Siècle
17 Historicoblog (3)
18 Enro, scientifique et citoyen
19 Vagabondages
20 À la Toison d’or

Classement réalisé par Wikio

Si vous êtes intéressé pour participer à la réflexion sur les nouvelles métries, faites le moi savoir par mail ou par commentaire. Je vous inviterai à la participation autour du document de réflexion.

La bibliothèque 2.0 : genèse et évolutions d’un concept

Suite à l’enquête menée et relayée sur ce blog, j’ai finalisé il y a quelques mois un article qui vient de paraître dans un numéro spécial des cahiers du numérique consacré justement au web 2.0.

L’article est disponible sur cairn. Il est possible de le lire gratuitement si vous êtes chercheurs ou étudiants et que vous disposez de l’abonnement cairn via votre bibliothèque universitaire préférée!

Voici sinon l’introduction de l’article :
Nous proposons de retracer la genèse du concept de bibliothèque 2.0 depuis son émergence avec les outils offerts par le web 2.0 jusqu’à ses récentes évolutions vers de nouveaux territoires tels ceux du numérique. Le concept demeure flou et tend à devenir quelque peu daté.

Nous avons réalisé un enquête en ligne auprès de professionnels des bibliothèques pour tenter de comprendre leur perception de la bibliothèque 2.0. Nous montrons que ce n’est pas tant la bibliothèque que les professionnels qui y travaillent davantage ainsi que le rôle conféré aux usagers qui a le plus évolué.

Introduction
Parmi les expressions et les concepts issus du web 2.0, celui de bibliothèque 2.0 (library 2.0) est un des plus intéressants à étudier. D’une part, car il est un des premiers à avoir émergé peu de temps après le début de popularisation du web 2.0 et, d’autre part, car il mêle deux concepts qui sont d’essence antinomiques, ce qui a pu conduire à des controverses sur la réalité de la bibliothèque 2.0 et sur l’utilité et la réelle nouveauté d’une telle expression. La bibliothèque est issue d’un modèle traditionnel des savoirs avec des circuits de vérification et la volonté de mettre à disposition une information de qualité qui soit classée de manière normée. Le web 2.0 privilégie d’autres aspects dont celui de libre expression et de facilitations des échanges. La légitimité diffère donc, elle est d’essence autoritaire dans la bibliothèque tandis qu’elle repose sur la popularité dans les outils du web 2.0. Cette opposition entre deux modèles nous permet d’affirmer que ce qui a vraisemblablement le plus évolué n’est pas la structure ou l’institution bibliothèque au cours du phénomène web 2.0, mais davantage les professionnels qui y travaillent ainsi que les usagers. Dès lors, nous pouvons constater qu’il s’agit plus d’une évolution professionnelle avec l’émergence d’un autre concept : celui de bibliothécaire 2.0 ; l’expression émanant plus particulièrement de la « blogosphère » de l’informationdocumentation. Cet intérêt rapide pour le web 2.0 des sphères bibliothéconomiques s’explique par le fait que beaucoup de professionnels s’étaient déjà interrogés sur l’évolution apportée par le web sur le domaine des connaissances et les conséquences sur l’institution des bibliothèques.

La littérature scientifique sur le sujet est essentiellement anglo-saxonne si ce n’est quelques travaux en allemand. Quelques articles tentent de donner une définition du concept (Maness, 2006) mais encore Needleman (2007) tandis que Collins et Stephens (2007) parmi d’autres tentent de mieux circonscrire le concept et d’y analyser les oppositions théoriques et pratiques. Le sujet demeure encore étudié et tend à être davantage appliqué à des situations concrètes comme dans la récente étude réalisée sur les bibliothèques universitaires et leur rapport avec le web 2.0 (Xu, 2009).

Nous avons choisi d’étudier principalement la version francophone du concept au travers d’une enquête auprès des professionnels de bibliothèques et à travers l’étude de blogs abordant la question. Parmi les 168 réponses obtenues à notre enquête[1] [1] L’enquête s’est déroulée du 3 janvier au 2 février…
suite, nous avons cherché à mesurer les visions d’un concept qui apparaît déjà quelque peu daté, voire dépassé. Notre travail constitue une tentative pour déterminer la réalité de la bibliothèque 2.0 et les éléments de changement, voire réellement novateurs qu’elle accompagne. Une nouvelle fois, pour tout ce qui est lié au phénomène du web 2.0, il convient de s’interroger sur le rôle de la technique au sein d’une institution et parmi une profession. Très souvent, le web 2.0 et par ricochet, la bibliothèque 2.0 se résume à l’utilisation d’outils. Sa définition est d’autant plus difficile que certains auteurs n’hésitent pas à évoquer des changements de paradigmes tandis que l’enquête démontre une faible concrétisation sur le terrain. Nous avons pu observer la présence de débats voire de rapports de force entre les principaux acteurs d’une « biblioblogosphère », qui souhaitent élargir les potentialités de la bibliothèque, et des acteurs de terrain dont les usages et les réflexions sont restés fortement traditionnels. La question de l’évolution des compétences informationnelles, techniques et notamment informatiques des professionnels des bibliothèques est donc posée et fortement sous-jacente au concept de « bibliothèque 2.0 ».

Bonne lecture..

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