Le cabinet noir et les « documentalistes » de François Hollande

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Les révélations sur le cabinet noir sont étonnantes à plus d’un titre. D’une part, car cela peut certes paraître plausible, mais ce n’en est pas forcément crédible. Impossible de se faire une opinion tranchée à la lecture de l’article de Valeurs Actuelles dont les valeurs sentent plus la naphtaline que le produit neuf (voyant orange du décodex). Peu importe, on a à disposition des extraits du fameux bouquin dont tout le monde parle.

Sans avoir lu le livre, les quelques extraits me semblent tout droit sortis d’un scénario de fiction à la Antoine Bello dont la trilogie me paraît devoir figurer parmi les lectures essentielles pour ceux qui s’intéressent à l’évaluation de l’information et au storytelling.

Dans cette histoire de cabinet noir, on rassemble des éléments épars et on tente de leur donner un sens, au pire en exagérant certains aspects voire en les détournant quelque peu. Le cabinet noir repose sur un imaginaire complotiste, mais qui tourne assez vite en ridicule avec un François Hollande en chef d’orchestre. Difficile d’imaginer le gars qui se fait pincer en rendez-vous galant en scooter puisse mettre en place un cabinet à la Mitterrand, mais après pourquoi pas. Tout est possible dans ces scénarios où nous sommes tous devenus des personnages de fiction.

Néanmoins, plusieurs choses m’intriguent. Cela fait des années que les fausses informations qui circulent sur la plausibilité permettent de véhiculer tout et n’importe quoi. La fabrique du faux bat son plein, non plus pour accroître ses propres qualités comme c’était le cas aux époques médiévales et modernes, mais surtout pour diminuer la réputation des autres. C’est en tout cas ce que notait Umberto Eco.

Évidemment, le fait de mentionner les barbouzes du cabinet noir en lien avec la DGSE comme des « documentalistes »…m’a fait sursauter à plusieurs titres. Le premier est évident, puisque de voir ainsi détourner du sens premier les professionnels de l’information peut paraître irritant, même si je pense qu’il existe des proximités en la matière notamment dans l’art du classement et de l’indexation. Évidemment, des documentalistes dans le culte du secret fait songer à Suzanne Briet qui revendiquait l’inverse et qui considérait que « la documentation secrète est une injure faite à la documentation. ». Bref, une mention qui n’est pas très valorisante.

Le seconde point est plus étonnant, mais je vous le donne, car je ne suis pas certain que ce soit si anodin (suis-je aussi en train de sombrer en plein complot…en tout cas, une de mes observations dans le domaine, c’est que ceux qui dénoncent des complots sont toujours les premiers à en fomenter… de là à dire que Fillon finira à Fort Chabrol…).

La mention de documentaliste pour qualifier des agents secrets en tant que couverture mériterait d’être étudiée, d’autant qu’il me semble que les œuvres de fiction privilégient plutôt celle d’archiviste. Or, il y a un ouvrage de littérature jeunesse qui fait justement cette liaison, ce qui explique que ça m’a fait bondir immédiatement. Il s’agit de Langelot de Lieutenant-X (je vous en ai d’ailleurs parlé ici à propos d’une candidate à l’élection). Cette appellation figure dans un dialogue du premier volume, Langelot, agent secret. Je vous le livre tel quel le passage :

« Il faut apprendre à avoir confiance en ses supérieurs, dit-il. Les supérieurs sont rarement d’humeur à comprendre. Il faut les y forcer. Maintenant, Langelot, sans aucun engagement de part ni d’autre – car il faut que nous réfléchissions, vous et moi –, seriez-vous disposé à consacrer plusieurs années de votre vie à vous occuper de documentation ? Je vous précise tout de suite que la formation d’un documentaliste coûte très cher à l’État et que, par conséquent, une fois que vous aurez signé un contrat, il ne sera plus question de filer vendre du cirage ou des nouilles. Je vous précise aussi, à toutes fins utiles, que la documentation est un travail sérieux, absorbant, souvent fastidieux, qui ne ressemble guère à ce que vous avez pu lire dans les romans d’espionnage. Vous me comprenez bien ? Dernier point : je vous précise que c’est un travail dangereux… »

Tout en parlant, Montferrand observait le visage du garçon. Au mot « dangereux », il y eut enfin une réaction : le visage s’éclaira brusquement.

« Je crois que j’aimerais assez ça, monsieur. »

Cette histoire pourrait s’arrêter là… sauf que Lieutenant-X était Vladimir Volkoff, spécialiste de la… désinformation. Du coup, j’ai bien envie d’écrire l’histoire d’un mystérieux cabinet rouge…

 

Les candidats à la présidentielle et leur univers imaginaire

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J’ai toujours été persuadé que nous sommes façonnés par les références culturelles de notre enfance et particulièrement par les récits et dessins animés qui accompagnent notre formation. J’ai toujours aussi été convaincu que cela influence également les choix des électeurs avec des projections qui viennent parfois de l’enfance. Histoire de rappeler que même majeurs, nous restons toujours quelque part mineurs. J’amorce ici, un billet expérimental sur la façon dont je perçois les candidats à l’élection présidentielle française. Je n’ai traité que les cinq principaux.

Jean Luc Mélenchon est une ombre jaune aventurière.

On aurait pu le voir en Bob Morane, mais il n’en a pas vraiment le profil. Par contre, son action de bilocalisation hologrammique dans sa tenue mao un peu étrange m’a aussitôt fait penser à Ming, l’ombre jaune, l’ennemi génial de Bob Morane qui a certes le crâne lisse, là où Jean Luc l’a chevelu, mais avec un habit de clergyman qui nous rappelle la veste Mao de Jean Luc. L’ombre jaune ne meurt jamais, car le personnage possède plusieurs doubles répartis sur le globe qui prennent sa succession dès que la précédente ombre jaune décède.

L’ombre Jaune

Au final, Mélenchon est une sorte de mixe de l’univers de Bob Morane à lui tout seul, une volonté de pouvoir digne de Ming avec les artifices qui vont avec, le désir d’incarner l’aventurier avec des accents castristes ou guevaristes. A noter le  probable rapport sympathique avec l’ami écossais de Morane, Bill Ballantine, histoire de rappeler qu’on peut lever le coude de temps en temps d’une autre façon que pour lever le poing. Si son positionnement se veut très à gauche, il apparaît bien plus entre le Yin et le Yang finalement. Evidemment, il ne peut que perdre à la fin, mais il doit demeurer présent car il veille au juste équilibre. Seule la nièce de Ming, l’eurasienne Tania Orloff et amour impossible de Bob Morane pourrait triompher. Avis aux amatrices qui parviendraient à opérer ce positionnement gagnant. On peut aussi retrouver chez Mélenchon, une sorte de mixte entre San-Antonio et Bérurier, mais il a davantage orienté sa campagne dans un positionnement plus technophile qui nous place davantage chez Bob Morane.

Benoît Hamon et les cités d’or

Sa fille l’a comparé à plusieurs reprises à Mendoza des cités d’or, ce personnage éminemment charimastique, figure paternelle protectrice, mais qui reste un adulte sournois appâté par les gains potentiels. Mendoza se veut protecteur mais escompte toujours trouver les cités d’or… Hamon ici espère en faire autant pour les redistribuer sous forme de revenu universel. Il n’a pas compris que l’intérêt est dans la quête et donc la construction plutôt que dans la prise. Surtout que les cités d’or apparaissent difficilement accessibles quand on n’en a pas les clefs.

Calmèque ou Hamon dans sa tentative pour sauver le PS

Calmèque ou Hamon dans sa tentative pour sauver le PS

D’un autre côté, Benoît fait parfois penser au commandant Calmèque des Olmèques dans sa tentative désespérée de protéger la montagne sacrée et le générateur d’immortalité du PS.

Hamon et Mendoza et l'équipe du PS

Hamon en Mendoza avec l’équipe du PS

Sa réussite semble difficile dans la mesure où il est entouré d’un grand nombre de Sancho et de Pedro et que ses Tao, Zia et Esteban n’ont pas dépassé les réflexions du syndicalisme étudiant. Reste à savoir si l’alliance avec Jadot va lui permettre d’accéder à l’énergie solaire qui fera de lui Hamon-Ré.

 

Emmanuel Macron, le jeune Maestro.

Contrairement à toutes les critiques qui évoquent son vide, c’est de loin le candidat le plus complexe. D’ailleurs, celui qui propulse le vide est au contraire le pneumatique (voir tous les sens sur wikipédia), c’est-à-dire celui qui envoie l’air nécessaire pour vivre, l’énergie pour transmettre le message au sens technique du pneumatique, et qui est également le pneumatique au sens de celui qui dirige les âmes. Il est celui qui avale toutes nos aspirations… reste à savoir s’il parviendra à en faire concrétiser quelque chose. Incarnant le Yin et le Yang de manière assumée, contrairement à Jean Luc qui pourrait le faire également, il est davantage l’homme de Vitruve que la figure du christ.

L'homme de Vitruve

macron et (est?) l’homme de Vitruve

Du coup, alors qu’il est le plus jeune de la campagne physiquement, il est le plus sage et donc également paradoxalement le plus vieux. Son modèle, c’est Maestro d’ »il était une fois l’homme » dans le personnage du savant. Mêlant sciences humaines et sociales avec

Maestro ou l'idéal de Macron

Maestro ou l’idéal de Macron

une approche économique et statistiques, il tente de réconcilier des traditions françaises opposées ce qui ne peut que déranger les manichéens. Ce genre de personnages connaît parfois des destins oedipiens et des fins tragiques même après un accès au pouvoir prodigieux, car leur destinée est souvent celle du sacrifice. Soit il parvient à vaincre le sphinx (Œdipe), soit il a trop d’avance (Léonard).

 

François Fillon, le maître du château néogothique

J’ai eu bien plus de mal à trouver la référence adéquate tant il incarne a priori l’homme sans qualité. Il semble n’avoir aucun idéal quelconque ou plutôt des idéaux qu’il refoule car inavouables. C’est probablement le candidat le plus dangereux dans la mesure où ses idéaux semblent se placer dans des personnages plutôt négatifs. Il aimait les méchants dans son enfance. Ce n’est pas d’Artagnan mais clairement Rochefort, un Rochefort amoureux de Milady de Winter. Un fantasme qu’il a donc poursuivi car Milady est bien plus attirante et désirable que Constance Bonacieux.  Faut-il d’ailleurs ne voir que dans Pénélope, un personnage passif ?. Personnage gothique ou néogothique, Fillon ne parvient pas pleinement à assumer qu’il appartient à cet univers excitant qu’on peut découvrir dans la série Penny Dreadfull. Ne sachant vraiment quelle est la nature de son destin, il n’assume pas ses côtés doubles Jekyll et Hyde ou de comte de Dracula. Il tente en vain de dissimuler cette noirceur présente dans tous ses romans néogothiques anglosaxons qui nous font comprendre que le beau château dissimule des maléfices peu avouables.

François et Pénélope

François et Pénélope, mais qui a vraiment l’emprise ?

Son problème vient du fait qu’il a tenté de se faire adopter par ceux qui en fait le détestent le plus : les tenants de la foi et les téléspectateurs de Derrick, en écartant ses autres alliés et créatures de la nuit. Il finira comme la créature de Frankenstein sauf s’il parvient à attirer les marquises des anges.

 

Marine Le Pen et l’imaginaire des bibliothèques rose et verte

Prisonnière d’un héritage paternel bien trop pesant, elle veut  reproduire le modèle pour nous contrôler à son tour. Tel Fantômette sans cesse prisonnière et ligotée au point d’avoir pu développer des fantasmes SM, Marine Le Pen poursuit ses désirs de domination et de prise de leadership.  De là à dire qu’il ne faudrait justement par donner trop de pouvoir à Fantômette, il n’y a qu’un pas.Elle est donc également Claude du club des cinq en se montrant plus intrépide et plus intelligente que ceux qui l’entourent dans son parti, ce qui n’est pas très difficile s’agissant du FN. Voilà sans doute pourquoi, son modèle semble être parfois le sous-lieutenant Langelot du Service national d’information fonctionnel, incarnant l’agent secret français idéal, qui parvient à mener toutes ses missions à bien à tous les endroits du globe pour sauver la France des menaces intérieures et extérieures.

langelot, l'idéal de Marine Le Pen

Langelot, l’idéal de Marine Le Pen

Un idéal vraiment intéressant pour elle…d’autant que Langelot est initialement orphelin. Problème, elle ne bénéficie d’aucun capitaine Montferrand pour l’épauler. Philippot ressemblant davantage à Corinne, l’autre héroïne de Lieutenant X (qui est en fait Volkoff, spécialiste de la désinformation- j’y reviendrai), qui se demande si elle a fait le bon choix d’embarquer alors qu’elle est la fille du patron du SNIF. Mais Marine ne veut justement pas être Corinne, même s’il  lui faudra assumer sa filiation double : la fille du patron et de celui qui l’a influencé à savoir Lieutenant-X… puisque le pseudonyme de Corinne est au départ Delphine Ixe. Problème en cas de second tour face à Macron, elle devra affronter celui qui ressemble le plus à un Langelot éternellement jeune..

Tous nos personnages présentent un problème classique des obsédés du pouvoir, un rapport à la mort problématique et des idéaux souvent mal assumés. En se plaçant dans les mains de leurs électeurs, ils prennent le risque d’être déséquilibrés. J’ai tenté ici de les dé-livrer. Cette élection ne devrait pas être celle qui fait des électeurs des supporters de foot trop chauvins, mais davantage des lecteurs en quête d’aventures. La majorité ce n’est pas le rejet de la minorité mais le fait de pouvoir l’assumer. A vous de choisir dans quel univers, vous voulez placez votre destin de lecteur-électeur désormais.

Ceci était un essai de politique-fiction, toute ressemblance avec des faits non alternatifs est totalement plausible.

Nestor Halambique est-il une métaphore de Paul Otlet ?

Halambique en couverture
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J’émets une supposition que je n’ai pas trouvée exprimée ailleurs pour l’instant. Je viens de relire hier soir le sceptre d’Ottokar et je m’interroge fortement sur le personnage du professeur Halambique que rencontre Tintin. Je lui trouve une ressemblance avec Paul Otlet. peut-être est-ce une déformation personnelle, mais j’expose ici une suggestion.

Je ne sais pas si Hergé a connu Paul Otlet ou s’il a été au courant de ces travaux, mais le personnage présente quelques similitudes physiques, sans compter que la fédération internationale de sigillographie fait vraiment penser à la Fédération Internationale de documentation, ex office international de bibliographie. En 1938, l’année d’apparition du professeur Halambique, le mot bibliographie auquel pourrait faire songer la sigillographie, est moins usité, car le mot documentation a clairement pris le dessus.

Halambique en couverture

Halambique fait la couverture

Halambique a rédigé non pas un traité de documentation, mais une brochure sur comment on devient sigillographe ? On voit bien un personnage passionné, quelque peu distrait et qui consacre sa vie à une discipline dont il cherche également à démontrer le caractère scientifique. L’histoire évoque aussi l’idée de jumeaux, dont un est en fait un traître. La gémellité ici fait peut-être référence au duo Lafontaine-Otlet. Le personnage pourrait être alors un mélange des deux.

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

En ce qui concerne la sigillographie, Paul Otlet consacre quelques remarques sur l’étude des sceaux dans le traité de documentation par ailleurs (voir le passage sur wikisource).

Est-il possible d’envisager une rencontre entre Georges Rémi et Paul Otlet, même fortuite ? Je suis tenté de l’exprimer, surtout que les conditions de lieu et de temps paraissent tout à fait plausibles.

Avis aux tintinophiles..

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Amusant également, l’histoire de la perte de la serviette. On voit quelques photos d’Otlet ou de Lafontaine avec justement des serviettes du même type. C’était probablement la mode de l’époque, mais quand même… le rapprochement en tentant. Je vous invite à voir les photos de Paul Otlet et d’Henri Lafontaine sur les collections du Mundaneum.

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Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Henri Lafontaine et sa serviette

Henri Lafontaine et sa serviette

La fin de la révélation ?

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Je vous livre un début de réflexion que seul le blog peut accueillir pour le moment, tant il s’agit d’une amorce non finalisée, mais qui est mue par un besoin de s’exprimer face à un sentiment d’impuissance croissant.

J’ai achevé il y a quelques jours la lecture de numéro zéro d’Umberto Eco qui n’est pas son meilleur ouvrage loin de là, et qui m’a laissé un étrange sentiment également. Mais je commence à mieux saisir le message au fil du temps. L’histoire est celle d’un pseudo-journal qui ne paraîtra jamais, une sorte de farce en quelque sorte, mais qui finir par se retourner contre les journalistes, car un des journalistes obsédé par les théories du complot, finit par relier tout un tas événements de la politique et de l’histoire italienne à la non-mort du Mussolini. Cette histoire rocambolesque possède un tel fonds de crédibilité qu’elle précipite la fin de l’expérience, car elle met finalement trop de personnes en danger. Néanmoins, les hypothèses de l’étrange complot finissent par être divulguées par une télévision anglaise qui révèle alors au grand public toutes les manipulations et les acteurs impliqués. La conclusion est alors terrible : il ne se passe rien, personne ne démissionne, tout le monde reste en place, rien n’est vraiment grave de toute façon.

C’est la leçon du numéro zéro, une conséquence finalement tragique, c’est la fin du pouvoir des médias d’investigation et la disparition progressive de la révélation. Le message ne passe plus, car il y a trop de messages évidemment, mais également parce que l’enjeu n’est pas que ce soit vrai ou faux, mais que tout le monde s’en fout. Il ne peut y avoir de suite aux révélations que si et seulement si, il y a des suites judiciaires, à condition que cette dernière puisse exercer son action… ce qui n’est évidemment plus le cas. Les ministres grugent le fisc et restent en place, etc.

Chaque affaire révélée par les médias ne produit plus d’effets, car il y en a tout simplement trop d’une part, d’autre part parce que ça n’étonne plus personne. La révélation ne fonctionne plus, car l’affaire à révéler n’est pas une chose rare, ce qui témoigne d’un niveau de corruption de la République jamais atteint jusqu’alors en France. Par exemple, alors que la mairie de Bordeaux a manipulé les chiffres du budget notamment autour du nouveau stade, ce qui constitue une escroquerie de plus de 100 millions d’euros et qui devrait conduire à une démission immédiate de l’édile responsable… ce dernier raille simplement l’opposition. Même chose finalement pour les divers leaks, les lanceurs d’alerte sont quant à eux poursuivis en justice, voient leur vie détruite…pendant qu’on cherche à protéger les secrets industriels (en fait les petites magouilles entre amis). On pourrait imaginer que l’hypocrisie habituelle aboutirait à sacrifier de temps en temps quelques personnages, mais le plus simple est de blâmer désormais celui qui interrompt le jeu. Celui qui tente le chemin de la révélation est considéré comme un infâme streaker qu’il faut plaquer au sol. C’est lui qu’on sacrifiera au final pour le bénéfice du show must go on.

Jamais, on a vu un tel culot des personnes incriminées… on a l’impression de se retrouver dans le sketch de Catherine de Pierre Palmade « si tu t’excusais et qu’on n’en parlait plus !».

Dans l’histoire de la circulation et de l’information, le vocabulaire de la révélation a bien sûr été lié au vocabulaire religieux, mais également à la découverte scientifique. Finalement, le journalisme en a fait un de ses fers de lance, en incarnant un quatrième pouvoir nécessaire. Or, il devient non seulement de plus en difficile de réaliser ce travail, mais lorsqu’il est réalisé… il est d’emblée mis en doute ou pire ignoré. La révélation est devenue impuissante, face à d’autres magies que je ne sais comment qualifier. Il se produit en tout cas une forme de tragédie informationnelle d’un type nouveau que je ne sais pas encore conceptualiser. Ce dévoilement informationnel impuissant ne peut qu’inquiéter, car il est le marqueur d’un désenchantement du monde, de dysfonctionnements suite à une sorte de magie noire dont nos politiques sont les grands maîtres. Finalement, ces médecins de nos sociétés ne sont pas là pour nous soigner, mais faire de nous des malades permanents porteurs de tous les maux. On retrouve ce que disait Antonin Artaud à propos de cet état de magie noire qui n’existait pas il n’y a pas si longtemps. Sauf que ce n’est pas une mort classique, mais une zombification qu’avait déjà dénoncée Romero. Cette situation informationnelle étrange va alimenter mes réflexions (et mes actions ?) dans les prochains mois

Une des réponses se situe peut-être dans l’humanisme de Montaigne dont j’ai lu récemment la biographie par Stephen Zweig. On connait la célèbre devise « Que sais-je ? » de l’ancien édile de Bordeaux. Cette question, il nous faut nous la poser, à condition de l’accompagner d’une autre question « Que fais-je ? » Sans doute pouvons déjouer une énième conjuration de Catilina (saine lecture pour les rares latinistes survivants), mais ne pourrons pas sauver cette république.

À la recherche du lecteur attentionné

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On fête les cinquante ans de la création du mot hypertexte. Il faut d’ailleurs bien distinguer le mot et le concept qui s’inscrit dans une histoire plus longue.

Oliver Ertzscheid rappelle que Ted Nelson a songé à développer l’idée du fait qu’il n’arrivait plus à suivre le cheminement incessant de ses idées. En quelque sorte, l’hypertexte est le résultat de ce qui pourrait être en apparence un déficit d’attention, mais il est préférable de considérer qu’il s’agit surtout d’une transattention. Une attention multisupports qu’il faut savoir gérer en ne perdant pas le fil, un fil qu’il m’arrive de plus en plus souvent de perdre en ce qui me concerne, vu les différentes tâches que je dois réaliser et qui requièrent une mise en attente pour être réinvesti dès que besoin. C’est tellement épuisant qu’effectivement, parfois je ne sais plus ce que je voulais faire alors que je l’avais décidé la seconde d’avant.

Seulement, même le lecteur peu occupé se retrouvera dans une situation similaire du fait d’une hyperstimulation médiatique qui le poussera à zapper, si bien qu’il sera peu aisé de le garder captif très longtemps dans l’espace du web. Pas certain que l’avenir du livre se dessine totalement dans l’univers du web, tout au moins le livre  tel que l’on a connu et le web  tel qu’on a pu le connaître également. Je plaide assez souvent en faveur de la liseuse car elle permet plus aisément de minorer les sollicitations répétées pour mieux se concentrer sur la lecture. Pour ma part, la lecture d’un livre est un moment privilégié (sur papier ou sur liseuse) car c’est justement un temps que je dédie à une lecture attentionnée. Cela ne m’empêche pas de rester dans la logique de la lecture hypertextuelle tant il s’agit de pouvoir faire des liens et prendre des notes si besoin.

Il reste la question de la lecture exigeante ou tout au moins complexe, qui oblige à un certain entraînement et à une capacité à exercer son esprit, pour tenter de saisir le sens ou d’en imaginer la portée. C’est ici que certaines craintes émergent. L’article de Télérama cite quelques analyses très pessimistes en la matière. Mais il est difficile de saisir l’avenir de la littérature, tant le sujet est soumis à des jugements de valeur. Ce qui apparaît le plus nettement, c’est qu’il devient de plus en plus difficile de vivre de son art. Les tirages annoncés par Télérama font froid dans le dos quand on constate que d’anciens prix Goncourt ne dépassent pas les 2 000 exemplaires…

À ce niveau, ce qui m’inquiète le plus désormais, c’est qu’outre les héritiers et autres rentiers qui pourront faire de la littérature un loisir appréciable, les auteurs français finiront par se raréfier vis-à-vis des auteurs en langue anglaise dont l’universalité de la langue permet de toucher un public plus vaste. Comment continuer à persévérer dans ce domaine, quand les temps d’écriture sont restreints du fait d’un travail prenant et que le peu de ventes réalisées oblige à des choix qui peuvent être celui de l’abandon. La force de vente du français est bien moindre que celle de l’anglais, environ dix fois moindre. Et ce n’est pas rien quand on sait finalement que 500 exemplaires vendus d’un ouvrage vous inciterait éventuellement à poursuivre tandis que 50 pourraient vous saper le moral.

 

On sait depuis fort longtemps que l’essentiel de la production éditoriale est réalisé par des auteurs qui ont une autre profession. Les rares auteurs qui s’en sortent sont des usines à best-sellers dont chaque sortie est accompagnée par une stratégie publicitaire qui en font un produit marchand, facile à consommer. Ce sont de produits marketing dont la qualité littéraire n’est pas exceptionnelle, mais sans être pour autant médiocre, ce que nous montrait Alexandre Geffen. Même les Arlequins ne sont pas à blâmer finalement. Ils ont autant de mérite que des Danielle Steel qui sont simplement mieux packagés pour être vendus plus chers. Car la question est bien économique. Peut-on continuer à vendre du livre aussi cher, comme une sorte de produit de luxe ? Comment peut-on se plaindre d’une diminution des lecteurs et vendre aussi cher un ouvrage ? Le modèle est désuet.

Il faut alors « vendre » de la lecture. Car de la lecture, il y en a, et il y en a beaucoup. Faut-il envisager de comptabiliser le nombre de pages lues comme le fait Amazon avec Kindle ? Au passage, on notera que cette métrie de lecture ne fonctionne que si vous êtes sur Kindle. Si vous transformez votre fichier pour le lire avec une autre liseuse, ça ne fonctionne pas. Au final, le plus gênant pour l’auteur est autant de ne pas vendre assez que de ne pas être lu véritablement. Mes statistiques sur mon dernier roman sont désespérantes sur ces deux points, enfin surtout sur celui des ventes qui sont totalement faméliques.

Vers le livre gratuit ?

Toutefois, Amazon ouvre des perspectives nouvelles sur un modèle qui va inévitablement vers la gratuité progressive du livre numérique au travers de systèmes d’abonnements ou de redevances. La fameuse licence libre n’a jamais si bien porté son nom que si elle concerne justement le livre. La licence livre, voilà sans doute le futur modèle avec un système de rémunération au téléchargement et au nombre de pages lues, voire de phrases… Cela peut sembler horrible à certains, mais ce découpement de l’œuvre apparaît comme un modèle alternatif intéressant. On rappellera aussi qu’Amazon est un des rares à proposer un système de rémunération pour les médiateurs et ceux qui recommandent les ouvrages Toutefois, la gratuité présente le risque bien connu qui est celui d’une faible reconnaissance puisqu’on ne l’achète pas. Pourtant, personne n’ose dire ça de la télévision notamment publique majoritairement gratuite… en dehors de la fameuse redevance. Redevance qu’on voudrait étendre à l’ensemble des supports actuellement.

Il est finalement étonnant que la France ait fait le choix de subventionner ainsi la télévision et par le biais de l’intermittence, les arts du spectacle, mais finalement peu l’écriture et la lecture sauf via les aides à la presse. Étrange système qui permet de fort bien payer des animateurs de spectacle télévisuels, des intermittents du spectacle bons comme mauvais, mais qui laissent des milliers d’auteurs avec des revenus qui ne sont que complémentaires ? Parmi les pistes proposées, celles du revenu universel ou celle d’envisager petit à petit des systèmes d’intermittences plus larges.

L’Amérique a développé son modèle depuis des années sur les industries du cinéma et de la télévision. La France voit peu à peu son modèle culturel s’effriter, se gangréner et laisser la place aux mêmes qui tiennent à leurs prébendes. C’est sans doute le moment de s’interroger sur le modèle que l’on souhaite désormais défendre, car sous peine de vouloir s’arcbouter sur les modèles du passé, il est inévitable que ce soit le modèle d’ailleurs et notamment des États-Unis qui s’imposera. Amazon propose un abonnement qui permet un téléchargement illimité sur certaines œuvres. Le retour financier pour les auteurs est moins intéressant que celui de la vente directe bien évidemment, mais cela mérite un plus ample examen. Publienet avait lancé une telle logique il y a déjà plusieurs années. Pourquoi ne pas envisager des modèles à la consommation ?

Alors, l’idée d’étendre la redevance peut-être une idée opportune à condition de repenser totalement le modèle culturel et audiovisuel notamment vis-à-vis de ceux qui comme moi, n’ont pas de télévision, mais qui sont abonnés à des dispositifs type netflix.

Clairement, c’est la question des lecteurs qui doit être posée. S’ils tendent à disparaître, c’est qu’on ne fait rien pour les satisfaire et qu’on ne leur donne pas les moyens d’accéder à une diversité de lectures. Plus le niveau de lecture sera médiocre en sixième, plus le nombre de lecteurs potentiels s’effondrera. À ce niveau, l’Education Nationale est coupable. Il serait préférable d’investir dans des liseuses que dans des tablettes. On ne peut que rappeler l’importance de rapprocher lecture-écriture à ce niveau d’ailleurs. Cette relation étant la condition sine qua non pour l’accès à la majorité de l’entendement dans le texte de Kant sur les Lumières.

C’est donc la recherche du lecteur attentionné qu’il faut désormais construire, mais aussi de manière plus large pour la francophonie et la culture en général. 50 ans après avoir inventé le terme d’hypertexte, c’est d’un nouveau Xanadu dont nous avons besoin.

L’évènement du « Je Dis »

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J’avoue que j’en ai un peu assez. J’ai de plus en plus de mal avec la kyrielle d’évènements qui tournent autour du numérique. Il y en a de trop et surtout c’est de plus en plus de la communication clinquante et de l’enfonçage de portes ouvertes : « le numérique c’est bien, il faut du numérique, il faut de la médiation au numérique, il faut de la culture numérique… Bref, y a qu’à, faut qu’on… c’est l’évènement du « je dis »…toujours la même rengaine au final avec derrière des enjeux stratégiques de placements des uns et des autres et des tentatives pour apparaître compétents dans un domaine. En la matière, tout devient possible, un journaliste ou un vendeur de technologies qui n’a jamais enseigné peut devenir le spécialiste en matière d’éducation ; mais dans le domaine tout est possible désormais… On retrouve certains retraités en manque de leur pouvoir d’antan qui viennent encore nous polluer par leur présence lors de ses événements alors qu’il aurait été souhaitable qu’ils se taisent à tout jamais, alors qu’on aimerait davantage en écouter d’autres. Et puis le lot des administratifs toujours de plus en plus nombreux accompagnés de leurs chargés de mission, et les vrp de toutes sortes de produits miracles… Seulement, les positions un peu précises et complexes n’ont pas toujours leur place et on ne sait pas vraiment à qui sont dédiés ces événements parfois qu’on devrait appeler « les vainement »…

Alors, il est vrai que moi aussi je participe parfois à certaines manifestations – assez souvent à contre-courant d’ailleurs, mais je crois qu’il est de plus en plus temps de passer vraiment à d’autres modes. L’argent mis dans ces innombrables journées d’études, colloques, congrès et autres grandes messes en tout genre pourrait être davantage utilisé à travailler davantage sur le terrain, à recruter et à mener des recherches actions. La logique événementielle finit par transformer des chercheurs en vendeurs de soupe lyophilisée… rémunérés parfois plus de 5000 euros la conférence…si ce n’est pas plus.

Au final, on finit par tout mélanger… et culture numérique se réduit à une question d’usages ou à l’enseignement du code et comme ça tout le monde est content. Ce qui est dommage au final, c’est que le plus mauvais de événementiel connait des échos forts, car il n’y a aucune matière à réflexion et qu’il est facile de retweeter ou de liker ce qui semble une évidence. J’ai finalement vu peu d’échos par exemple de la journée du GR-CDI qui semblait pourtant d’un bien meilleur niveau que les grandes messes de la semaine qui ne servent pas à grand-chose au final. Et pourquoi tant de messes en présentiel alors qu’on évoque le numérique ? Pourquoi ne pas privilégier des approches moins clinquantes mais des lieux et milieux où on peut se retrouver et notamment en ligne ? Je me demande si on sait vraiment organiser des événements en ligne au final. Probablement, car la logique de événementiel est différente.

Du coup, la logique événementielle devient tout sauf de la communication, ou tout au moins pas de la communication dans le sens où je l’entends, c’est-à-dire le fait de publier quelque chose pour que chacun puisse en prendre connaissance. On voit que de plus en plus il y a un oubli important du contenu de ce qui est communiqué, comme une césure entre l’information et la communication, comme une perte de sens.

L’Événementiel finit par une masquer une instabilité, une incapacité à se poser qui l’éloigne de plus en plus de la communication qui doit aussi permettre la transmission, la participation et la construction. On s’entreglose en vain. On croyait à une nouvelle Renaissance, mais de plus en plus c’est un nouveau Moyen-âge que nous sommes en train de construire.

On a de l’argent pour l’événement, mais plus pour recruter. Les profils de poste n’ont pas encore pris le virage d’exiger un minimum de culture numérique dans la fonction publique, tandis que des entreprises peinent parfois à recruter faute de moyens financiers suffisants ou de compétences disponibles sur le marché.  Idem dans le public ou on ne parvient pas vraiment à recruter des pointures dès qu’on monte en puissance sur les technologies. A quand un cloud institutionnel ? Si c’est jamais, autant signer de suite chez Google et l’assumer une fois pour toute plutôt que de continuer à bricoler. Je ne compte plus le nombre d’échecs pour monter des réseaux sociaux professionnels ou associatifs faute de moyens ou de volonté réelle. Je ne parle pas des administratifs qui nous parlent  désormais de numérique et qui ont refusé tout un tas de projets précurseurs…

Je n’ai toujours pas compris non plus l’histoire des labels french tech, si ce n’est qu’on a l’impression que les villes préparent un dossier comme pour les Jeux Olympiques en espérant toucher le gros lot.

Je note aussi un malaise grandissant…y compris au Thatcamp de Lyon duquel je reviens. L’ambiance est retombée, les humanistes digitaux ou numériques semblent fatigués (moi le premier en tombant malade dès l’animation de l’atelier que j’animais), absorbés par une multiplicité de tâches grandissantes. Pourtant, le ThatCamp offre davantage de perspectives en matière de communication scientifique. J’espère que ce n’est qu’un mauvais passage.

Finalement ce triomphe de événementiel alors qu’on ne cesse de parler de durable est une vaste plaisanterie qui profite de la lente agonie de la valeur esprit.

ps: Olivier Ertzscheid nous montre ce matin qu’il ne faut pas désespérer et qu’il y a moyen de faire des choses en commun, et c’est bien l’essentiel.

Quel meilleur des mondes ?

Par défaut

Un petit texte pour marquer la rentrée et impulser la dynamique de l’année scolaire et universitaire qui vient de débuter. L’envie aussi d’ajouter de nouvelles pierres à l’édifice du blog qui est désormais en pleine adolescence. Cela va bientôt faire quinze ans que cette aventure a débuté et le guide des égarés continue d’accompagner mes pérégrinations professionnelles et dans les milieux mouvants infodocumentaires. Je n’ai guère le temps de publier très régulièrement sur le blog qui n’est qu’un de mes modes de publication depuis quelques années. Je publie davantage finalement via des articles de recherche, des articles professionnels ou au travers d’ouvrages voire de romans désormais. L’année qui vient et notamment le prochain trimestre viendra confirmer cette tendance. Il est clairement hors de question pour moi d’être un monoblogueur et la variété des supports apparait comme salutaire dans cette entreprise de diversification. Mais laissons place au sujet du jour…

Tout semble désormais aller pour le mieux dans nos vies contrôlées par des algorithmes, nos choix sont intégrés dans la machine et de plus en plus anticiper. Nos désirs sont interprétés à l’avance et finalement l’information dont nous avons besoin nous ait fournis sans que nous n’ayons besoin d’opérer une requête. Les dirigeants opèrent de même en escomptant que les algorithmes se montrent capables en temps réel de leur conférer la décision adéquate. La démocratie ne devient plus alors qu’un artifice, un simulacre de la démocratie alors que les machines se sont montrées supérieures dans leur capacité à gérer le monde. L’intelligence collective s’est mise en place, mais ce n’est pas vraiment celle des hommes, mais davantage celles de nos technologies de l’intelligence.

A quoi bon dès lors se fatiguer puisque la réponse se trouve à une portée de clic, qu’elle est déjà potentiellement enregistrée quelque part et qu’il n’y a plus qu’à lire le scénario prévu selon les données qui seront apportées à la machine. Peut-il manquer des données ? De moins en moins, tout devient connecté (d’ailleurs que montre la montre si ce n’est nous, devenus monstre ?) ce qui minimise alors ce risque d’une mauvaise interprétation liée à des données manquantes.

Le texte d’Evgeny Morozov dont on trouve une traduction sur le blog de Paul Jorrion nous oblige à nous interroger sur le sens de la politique actuellement et dans les prochaines années, et le rôle du citoyen mais aussi de l’individu. On ne peut que constater qu’une fois de plus la course aux compétences et aux littératies prend sans cesse du retard face à l’évolution de nos quotidiens numérisés.

Bref, nos cerveaux sont englués dans le kragle, mais ce n’est pas grave, car tout est super génial !

Les murs célèbres des siècles précédents sont tombés (bien que d’autres voient encore le jour), mais nous sommes devenus les briques. Des briques qui prennent un sens que nous ne parvenons pas toujours à construire nous-mêmes et que des systèmes d’information trouvent à notre place.

Cette année sera l’occasion sur le blog de nous interroger sur ce qu’il est possible de faire. Probablement, une des pistes est de s’interroger sur ce qu’est l’information aujourd’hui et comment refonder la communication, au-delà des logiques néo-sophistes et des captations de l’attention, pour rappeler que la communication n’est pas que de la Com » mais surtout la possibilité de mettre en commun.

Repenser le commun, le travail en commun, l’intelligence commune face au désastre politique et aux nouvelles grammaires des existences, voilà des pistes à examiner.

De nouvelles perspectives que je tenterai d’exposer comme j’ai également envie d’évoquer une transition entre des lieux de savoirs qui deviendraient des milieux de savoir.