Débranche !

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Non ce billet n’est pas un hommage à la chanson de France Gall mais une réaction envoyée sur la liste cdidoc à propos de l’émission ripostes où une documentaliste signalait les propos d’Alain Finkielfraut qui pensait qu’il fallait mieux débrancher les élèves car ils avaient un esprit critique insuffisant. Elle notait également le fait que certains critiquaient les efforts trop nettement employés pour aider les 15% en difficulté.

Je crois que les deux thèses ne sont pas si mauvaises. En effet, je plaide aussi assez souvent pour le « débranché » qui est fortement utile et oblige les élèves à lire, analyser et synthétiser. Par contre je suis pour l’usage réfléchi et efficace des TICE ce qui n’est pas toujours le cas. Notre système n’est pas parvenu encore à en tirer la pleine quintessence du fait du manque de maîtrise technique des outils des enseignants mais aussi par manque de réflexion pédagogique quant à leurs usages. Dans les deux cas (débranché ou branché), il faut qu’il y ait une réelle stratégie pédagogique derrière. De plus, si ce n’est pas l’Ecole qui forme à l’esprit critique sur Internet, qui le fera. Plaider pour un débranchage absolu est donc une hypocrisie totale car nos élèves se connecteront chez eux.

Quant aux efforts dépensés sur les 15%, il faut quand même constater que l’on dépense beaucoup d’énergie en pure perte en heure de soutien, en colles, punitions, réunion avec les parents, etc. Au bout du compte, les élèves moyens et les meilleurs en pâtissent car leur progression est freinée. Sans compter, que les enseignants s’épuisent en cours avec les plus récalcitrants en passant trop de temps à tenter de se faire écouter. La solution consiste à imaginer un collège multiple dans la lignée du collège unique mais prenant en compte les évolutions. Il convient donc de créer plus de structures de style segpa pour faire progresser les élèves en difficulté et qui ne ralentiraient pas dès lors les autres classes. Cela nécessite donc des moyens supplémentaires et des enseignants formés dans ce but. Très souvent lors des heures de soutien, les enseignants ne parviennent guère à faire évoluer ces élèves car il faut utiliser des méthodes différentes. Pour parvenir à ce système, il est à mon avis urgent d’établir un examen en fin de cm2 ce qui motiverait les élèves de primaire et qui permettrait en juin de préparer la rentrée suivante au collège et de connaître les élèves devant être orientés en section spéciale. L’examen rendrait de fait le refus de l’orientation par les parents impossible. L’égalité républicaine doit aider l’élève à tirer le maximum de son potentiel, cela est valable pour l’ensemble des élèves.
Ensuite, selon moi, il faudrait réduire les cours à 45 minutes (dans mon collège, ils sont actuellement de 50 minutes ce qui n’est pas l’idéal à mon avis) ce qui permettrait de dégager du temps pour des heures à effectif réduit qui ne serait pas du soutien mais du défi et qui s’adresserait à l’ensemble des élèves afin de les faire progresser ce qui se fait déjà chez nos collègues finlandais.

 

update du 28/10/2007 : l’article d’affordance à ce sujet.