Pour en finir avec le Learning Center E02 : Vive la documentation libre !

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A l’heure où la funeste Dgesco vide ses poubelles (dernier texte en date : l’évaluation des enseignants), le fameux vademecum sur le Learning Center repaptisé 3C est en préparation. Il devrait être transmis aux inspecteurs (IPR) rapidemment. On note au passage le processus très top-down quand les mêmes vont nous parler de nouveaux usages et de pratiques ascendantes innovantes… la bonne blague. Ce vademecum issue d’une réflexion ni scientifique, ni pédagogique et encore moins démocratique marque la volonté de quelques uns d’imposer leur manière de voir et de faire. On notera pour l’occasion que la proximité politique de cette stratégie du learning center n’est même plus dissimulée. Si on pouvait avoir encore un doute, il n’y en a plus : le learning center appartient à cette lignée du sarkozysme éducatif mené par Luc Chatel et Jean-Marie Blanquer …et ceux qui auront appliqué avec Zèle cette politique dans un jusqu’auboutisme consternant ou dans l’espoir d’un revirement politique qui leur serait favorable aux législatives.
La propagande a apparemment encore continué durant le séminaire national sur les ressources numériques. Les tweets ayant même fait état d’une prospective peu réjouissante avec évidemment le discours facile de l’autodidaxie qui pourrait évidemment s’exprimer dans le learning center. Il faut rappeler quand même que les décideurs de cette politique n’ont jamais exercé dans un CDI… ce qui rappelle à nouveau l’inconvénient d’avoir une inspection non spécifique.
Il a encore été souligné durant la partie « prospective » que les professeurs-documentalistes comme les bibliothécaires n’ont pas à se soucier d’appropriation car les documentalistes ne sont pas « professeurs de discipline ». Toujours ce même discours qui fait de la documentation, une forme annexe, un élément vassalisé et au service de. C’est vrai que ça a de quoi faire fantasmer les hommes de pouvoir que de pouvoir vassaliser une discipline.
Sans doute, la documentation n’est pas une discipline comme une autre puisqu’elle reste attachée à des formes physiques, des lieux et des ressources et que le CDI s’est développé sur le terreau de pédagogies alternatives. Soit. Mais la documentation n’a eu de cesse d’évoluer notamment avec le numérique. Et les résultats montrent bien que la formation sur le terrain demeure encore insuffisante et que les travaux pour rationaliser la formation et les efforts réalisés par les acteurs du terrain mériteraient davantage d’encouragement. On pense évidemment aux perspectives ouvertes par la didactique de l’information (voir également le blog des trois couronnes) qui rejoint pleinement le développement d’une réelle culture de l’information ainsi que la participation à une culture numérique diverse qui soit aussi bien technique que réfléchie.
Le lieu n’est pas de redire ici ce qui a déjà été écrit et c’est que j’ai avancé dans ma thèse (ou encore dans mon livre) comme bien d’autres collègues dans d’autres travaux et acteurs de terrain. Il existe des savoirs, des notions, des méthodes propres à la documentation. Le learning Center cherche à les dissimuler pour mieux les enfermer et les contrôler tout comme le pacifi n’était au final qu’un instrument d’éparpillement des forces.
La documentation ne doit pas céder et se voir affublée de nouveaux fers à ses pieds.

Vive la culture de l’information ! Vive la documentation libre !

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