La mesure de la blogosphère

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A quelques jours de la publication du nouveau classement wikio que j’ai plusieurs fois critiqué mais dont il est toujours intéressant d’examiner le fonctionnement surtout depuis que  le TALentueux Jean Véronis a pris la tête de la machine, il est opportun de s’interroger à nouveau sur la mesure de l’Internet et notamment du web et des réseaux sociaux. On peut toujours critiquer les classements type wikio,  mais il est  absolument nécessaire que des outils de mesure soient développés pour le web. Il serait donc opportun aussi de développer de nouvelles mesures « blogométriques ». L’idéal serait d’avoir des mesures davantage scientifiques qui ne visent pas seulement à des classements d’influence ou d’audience. D’ailleurs, il serait également souhaible que le classement qui se veut désormais plus rigoureux avec des règles connues évolue et ne prenne pas en compte que les rétroliens provenant de blogs. Il y a là un point gênant, un blog populaire se voit doté d’un poids supérieur à un site institutionnel qui n’est d’ailleurs pas pris en compte. Tout aussi gênant qu’impensable pour des classements de blogs scientifiques ou professionnels. Mais il y a encore d’autres types de mesures à effectuer sur des corpus précis et je déplore que nous n’ayons plus d’études ambitieuses comme celle qui avait abouti à la théorie de noeud papillon. A quoi ressemble le Web? J’aimerais bien découvrir de nouveaux graphes en la matière.

Plus ça va, plus les mesures sont effectuées de manière automatisée sur des échantillons restreints. Il est ainsi possible d’obtenir des visualisations de son propre réseau social. Mais il serait intéressant d’en avoir d’autres sur des aspects plus collectifs.
Il y a donc des sphères énormes de travail et des tas de corpus à examiner.

Je ne peux donc que saluer les initiatives des cartographes du web, de la blogosphère et des réseaux sociaux.
Je conseille donc le  récent travail de claude Aschenbrenner avec sa carte de blogs sous la forme de celle du réseau du métro parisien. Ce dernier travaille d’ailleurs depuis longtemps dans ce domaine et il nous donne même sa manière de faire. Dans le prolongement, il est opportun de rappeler que les annales du colloque carto 2.0 sont disponibles et qu’il constitue un bon moyen de découvrir de nouveaux territoires. Vous découvrirez également des acteurs incontournables en ce qui concerne ces domaines.
La visualisation de l’information constitue un moyen de nous fournir des réprésentations qui améliorent notre compréhension. Le nouvel essor de la cartographie de l’information est une bonne nouvelle après le semi-échec de la cybergéographie et notamment de l’atlas de cybergéographie de Dodge qui n’est plus mis à jour.

C’est aussi l’occasion de s’interroger sur les projets de mesure totale de l’Internet et du web qui semblent désormais être oubliés tant la tâche semble impossible. Pas de pantométrie donc si ce n’est avec l’hybris de Google. Il est vrai que les propos de l’auteur de SF, Laurent Généfort s’inscrivent ici dans la lignée de Borgès :

•« Le pouvoir sur l’intégralité du Rézo(…)Le zéro, on l’appelle. Beaucoup de pirates ont caressé ce rêve, mais le Rézo échappe à toute appréhension globale. Vous connaissez la maxime : pour connaître l’univers, il faut un ordinateur de la taille de l’univers. » [1]

Un peu de modestie et de mesure dans les deux sens du terme et un peu de recul aussi pour nous autres tenants de l’amélioration des bibliothèques et autres prophètes des bibliothèques 2.0, voici une bibliothèque qu’il sera difficile d ‘égaler :

Vous trouverez plus de renseignements et de photos sur le site de wired magazine qui consacre un article à cette étonnante bibliothèque, oeuvre d’art, cabinet de curiosité, haut lieu de l’humanisme.

[1]  Laurent Genefort. Rezo. Paris : fleuve noir. 1999 SF métal n°63

update : Eric Dupin signale un travail de cartographie intéressant.

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