Professeurs-documentalistes : le changement, c’est… Jamais ?

Posted by on octobre 26, 2012 at 9:14 .
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De retour des journées de l’Andep après une table ronde sympathique animée par Michèle Caine qui est parvenue à gérer nos désaccords affichés et que nous avons eu plaisir à rappeler notamment entre Jean Pierre Véran d’un côté et Alexandre Serres et moi de l’autre.
La table ronde a succédé au discours très attendu du nouvel inspecteur général. ..
Quelle déception. Du Jean Louis Durpaire dans le texte ! Un plagiat, un clone, un fac-similé, une redocumentarisation mâtinée d’hollandisme pour faire passer la pilule. Le changement qui ne change rien, toujours la même rengaine.
Bref pas de quoi rêver. La didactique demeure bien loin de l’institution. Le pacifi et le Learning Center sont bien là par contre. L’étoile noire demeure. Les Siths aussi.
Tant que les professeurs-documentalistes demeureront sous le contrôle de la vie scolaire, rien ne changera à mon avis.
On fait mine d’adhérer à la didactique, on rappelle l’importance pédagogique pour mieux la nier ensuite. Rien ne change. Rien, ou si plutôt, ça empire. Qu’aucune discipline ne soit en passe d’être créée, ok c’est pas le moment et c’est pas le but non plus. Mais que l’expérimentation learning center continue de vouloir nous être imposée comme solution miracle, ça commence à faire beaucoup. Jean Pierre Véran a été très honnête dans ses propos en nous dépeignant sans doute involontairement en fait un futur bien sombre. Du coup, la vision d’avenir qu’il dépeint est en fait une dissolution progressive de la profession.
On tente de flatter la profession en la plaçant dans un renouveau pédagogique dont on a du mal à comprendre comment il pourrait s’opérer vu que les acteurs du terrain peinent à voir leur expertise en infodoc véritablement reconnue. La culture de l’information, c’est important, tout le monde le dit mais on fait mine d’agir. C’est vrai qu’une formation ça prend du temps, les effets sont longs tandis qu’un LC, c’est plus bling bling.
Malgré l’ambiance sympathique, je reviens des journées de l’Andep relativement inquiet par ce fossé qui se creuse entre des velléités administratives et un terrain et des recherches bien différentes.
Je l’ai dit et je le redis : la solution est la sortie de la vie scolaire qui nous impose des visions fort différentes du métier et un avenir qui ne mène à rien.
Le débat a eu le mérite d’avoir lieu. Merci encore aux organisateurs et orginsatrices de l’Andep et de l’Ardep Languedoc-roussillon. Désormais, il va falloir compter les points car le rêve de l’inspection générale est de promouvoir un learning center à la française en 2014 lors du congrès de l’Ifla. C’était plus ou moins officieux, c’est désormais officiel.
Sans doute, la fin de carrière approchant, certains rêvent de voir laisser une trace. J’invite d’ailleurs ceux et celles qui souhaiteraient expérimenter (Jean Pierre Véran a quand même admis que le Learning Center n’était pas une innovation) à donner comme nom à leur LC celui de notre indéboulonnable inspecteur général.
Quant au nouvel arrivé suite au recours médiatique, on ne saurait lui conseiller de rapidement développer sa propre vision des choses. On sera là pour l’aider et on est prêt à oublier ce premier discours qui n’était pas vraiment le sien. Et il y a urgence car il en va de la politique de recrutement qui ne peut reposer sur une vision managériale.
On a besoin de professeurs-documentalistes. On a besoin d’une politique pédagogique à la hauteur pour réussir les futurs recrutements et l’évolution de la profession.

De mon côté, je veille sur le faucon millénium infodidactique qui est toujours prêt à passer à l’offensive.

3 Comments

  • L. Passage dit :
    Bonjour,
    Une suggestion : devenez inspecteur (général)! Pardon si cela sonne pour vous comme une insulte, là n’est pas l’intention, mais finalement on a l’impression que les chercheurs et didacticiens manquent de pouvoir, et les inspecteurs, de formation relative à la didactique et la recherche en information documentation.
    Bref, je m’empresse d’oublier cet article avant le 15 novembre. Et si par malheur je venais à penser à ce sombre avenir le 13 ou le 14, je mettrais ma foi dans les ressources du bricolage et du braconnage certaldiens pour espérer pouvoir donner du sens aux apprentissages même dans un contexte qui n’y est pas favorable. (Il faut bien être naïf quand on commence !)
  • On peut se demander aussi si on a vraiment besoin d’inspecteurs généraux.
  • Camille dit :
    Pour le coup, je pense qu’il y a une bataille à mener, et sur plusieurs fronts, comme sur la lune d’Endor.

    Parce que cette inspection EVS, qui cherche à tous nous réunir, pour dans les ténèbres nous lier n’est ce pas, ne peut convenir à aucune des catégorie de personnels qui en dépendent.

    Aucun inspecteur n’a été prof-doc. Je ne crois pas que certains ont été CPE. Quelle est la proportion de ceux qui ont été chefs d’établissement ?
    Et encore, dans le cadre des personnels de direction, il n’est pas question de rapport hiérarchique direct.

    Nous pourrions donc nous unir avec nos collègues CPE et avec les chefs d’établissement, pour obtenir une inspection spécifique, quitte à changer le mode de recrutement puisque l’absence d’agrégation empêche un recrutement issu du corps.

    Donc il nous faut des docs pour organiser un raid et saboter la source d’énergie du bouclier d’énergie du chantier de l’étoile noire, des CPE-Ewoks pour s’en prendre aux gardiens du temple, et un proviseur Jedi apte à abattre l’empereur et son bras droit.

    Je ne suis même pas sur que les inspecteurs se battraient jusqu’à la mort pour la défendre.

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