Le guide des égarés.

Information literacy, documentation, CDI, Internet, Pédagogie, culture de l’information, sciences de l’information et de la communication.Olivier Le Deuff 1999-2008
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Archive for the ‘Sciences’

Les signets sociaux ne sont pas utiles, ils sont indispensables…

septembre 01, 2008 By: Olivier Le Deuff Category: Sciences de l'information et de la communication, web 2.0 , la nouvelle Lévytation? 3 Comments →

Suite au billet de Bertrand Calenge s’interrogeant sur les outils de type delicious et repris par urfist-info, je ne pouvais ne pas réagir. D’une part, parce que les signets sociaux sont les premiers systèmes emblématiques du web 2.0 avec une vraie dimension sociale. D’autre part, parce qu’ils permettent de distinguer des vigies du web ou des veilleurs intéressants. J’ai fait ainsi quelques rencontres notamment celle d’electropublication.
Il y a également une relation collaborative qui permet de partager le travail de veille. Les signets sociaux constituent un élément clef indispensable de la veille désormais, une veille basée sur la confiance et non sur la surveillance.

Comme un bon article scientifique vaut parfois mieux qu’un billet de blog, voici donc en ligne mon article sur la question qui est disponible sur archivesic : Folksonomies et communautés de partage de signets Vers de nouvelles stratégies de recherche d’information.
résumé : Les folksonomies peuvent constituer une alternative aux moteurs de recherche en permettant la construction de parcours et la mise en réseau d’informations mais aussi de personnes. Nous avons étudié particulièrement les plateformes de partage de signets et notamment Ma.gnolia.com

Je précise quand même que l’article a été écrit il y a un an.


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Permanence du texte et esprit documentaire

août 29, 2008 By: Olivier Le Deuff Category: Sciences, Sciences de l'information et de la communication No Comments →

Mon dernier article vient de paraitre sur Horizon Sémiologie. Merci à Philippe Marhic pour sa rapide mise en ligne.

L’article restera quelques temps en accès libre. Vous pouvez donc le consulter dès à présent.

résumé :Notre propos vise à mettre en avant la permanence du concept de texte et la nécessité de former à un esprit documentaire par opposition aux discours s’inscrivant dans l’idée d’une révolution web 2.0 ou de la nécessité de suivre les voies d’une prétendue société de l’information. Le texte demeure selon nous un concept qui ne s’oppose pas à l’hypertexte mais qui, au contraire, le contient. De même, les programmes informatiques perpétuent cette culture textuelle au travers des architextes qui reproduisent fréquemment des formes culturelles héritées. Par conséquent, la capacité de lecture critique qui peut définir la littératie fait de cette dernière un élément qui n’est nullement surestimé mais au contraire sous-évalué. La translittératie, qui démontre une extension des ambitions de la littératie et la prise en compte d’un ensemble de supports, rejoint ainsi les objectifs de la culture de l’information.

A vos critiques et commentaires


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De la méfiance à la défiance : analyse informationnelle du mythe du complot

août 03, 2008 By: Olivier Le Deuff Category: Information literacy, Le bureau de Fox : Non classé, Sciences de l'information et de la communication No Comments →

Une petite annonce pour une publication un peu passée inaperçue au final que j’ai écrite pour la revue internationale en intelligence informationnelle.
Référence :
De la méfiance à la défiance : analyse informationnelle du mythe du complot. Revue internationale en intelligence informationnelle. < http://www.revue-r3i.net/file/2008_Le_Deuff.pdf>
résumé :

Le mythe du complot devient un objet d’études pour les sciences de l’information et de la communication et notamment pour les chercheurs en information-documentation (information literacy) qui cherchent à mettre en place une culture de l’information. Outre un accroissement des possibilités de diffusion des thèses conspirationnistes facilitées par le web, d’autres phénomènes peuvent contribuer à son succès comme les attitudes informationnelles de méfiance voire de défiance vis-à-vis des médias et des autorités traditionnelles. De plus des apparences trompeuses existent entre les aptitudes informationnelles des
théoriciens du complot et celles prisées en information literacy.
Mots-clés : mythe du complot, attitudes informationnelles, défiance, méfiance, formation.
Summary: The myth of conspiracy becomes an object of study for information and communication fields and particulary for researchers in information literacy. Conspirationnists theses find opportunities for dissemination with the web and some phenomena can contribute to its success as informational behaviour like mistrust against the media and distrust against traditional authorities. We want to show in this article the existence of deceptive appearances between informational skills of conspiracy’s theorists and those used in information literacy.
Keywords: myth of conspiracy, informational behaviours, distrust, mistrust, information literacy

L’occasion aussi de reparler des travaux débutés en la matière sur le blog historiae qui cherche toujours un repreneur.

Références utilisées dans l’article :
Campion-Vincent, V (2005) La Société parano : théories du complot, menaces et
incertitudes. Paris, Payot
Girardet, R. (1986) Mythes et mythologies politiques. Paris. Le Seuil
Duplessis, P. (2005). L’enjeu des référentiels de compétences info-documentaires
dans l’Education Nationale. Documentaliste-Sciences de l’information, vol. 42,
n°3, p178-189
Johnston, B., Webber, S. (2006). As we may think: Information literacy as a
discipline for the information age. Research Strategies.p108-121
Froissart, P. (2003) La « rumeur sur Internet ». Petite histoire des sites de
référence. Première conférence internationale francophone en Sciences de
l’information et de la communication (CIFSIC), du 28 juin au 2 juillet 2003, à
l’Université de Bucarest. <http://pascalfroissart.online.fr/0-pdf/froi-03.pdf>
Latour, B. (1995) La science en action: introduction à la sociologie des sciences.
Paris, Gallimard
Le Deuff, O. (2007a) « La culture de l’information : Quelles « littératies » pour
quelles conceptions de l’information ? » in VI.ème Colloque ISKO-France’2007
7 et 8 juin, à Toulouse, IUT de l’Université Paul Sabatier : IUT.
Le Deuff, O. (2007b) « Monstres, légendes et hérauts : vers une tératogenèse
documentaire ». In cinquième séminaire de Marsouin, Rennes, 5-6 juin 2007.
<www.marsouin.org/IMG/pdf/marsouinledeuff.pdf >
Lloyd, A. (2003). Information literacy: The meta-competency of the knowledge
economy? an exploratory paper. Journal of Librarianship and Information Science,
35(2), 87–92.
Madelin, H. (2002) Rumeurs et complots, Études 11, Tome 397, p. 477-488.
Pedauque, R.T. (2007). La redocumentarisation du monde. Toulouse, Cépaduès-
Editions
Rosanvallon, P. (2006) La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance.
Paris. Le Seuil
Serres, A. (2005) « Évaluation de l’information sur Internet : Le défi de la
formation », BBF, n° 6, p. 38-44
< http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2005-6/bbf-2005-06-0038-006.pdf >
Sutter, E. (1998) Pour une écologie de l’information. , Documentaliste-Sciences de
l’information, vol. 35, 2, p. 83-86
Taguieff, P.A. (2005) La foire aux « Illuminés ». Esotérisme, théorie du complot,
extrémisme. Paris. Mille et une nuits.
Eco, U. (1990) Le pendule de Foucault. Paris. Grasset


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Tableau des termes utilisés pour désigner « les jeunes générations.»

juillet 31, 2008 By: Olivier Le Deuff Category: Nouvelles générations : au delà du mur, Sciences de l'information et de la communication No Comments →

Termes liés à l’aspect « technologique » Termes plus sociologiques ou psychologiques
Digital Generation Generation Why
Milleniums-milgen Generation Next
Millenials Generation Me
I generation Echo Boomers
Gaming Generation Baby busters
Net Generation Boomlets
Google Generation Gen C (sous catégorie de la génération Y)
Homo zappiens

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L’information est-elle une science ?

juin 20, 2008 By: Olivier Le Deuff Category: Sciences 2 Comments →

Ce billet fait suite à la lecture de deux autres. Le premier est celui d’Olivier Ertzscheid qui rappelle qu’en dehors de notre hexagone, la science de l’information jouit d’une légitimité réelle au même type que des disciplines classiques telles la physique. Or en France les sciences de l’information demeurent toujours dans un statut hybride puisqu’associées aux sciences de la communication et dans un statut mineur puisque c’est bien un institut de la communication que pilote Dominique Wolton. Pourtant effectivement les communications scientifiques en la matière prennent de l’essor et les chantiers ne cessent de s’accroître.

Le second billet est celui de Jean Michel Salaun qui annonce le changement de dénomination de la faculté des sciences de l’information de Toronto qui retire le terme de sciences pour devenir Faculté d’Information afin d’être reconnu à l’instar des autres disciplines des facultés de droit, etc.

Soit nous considérons cela comme une réelle avancée et que désormais l’adjonction du terme science devient inutile car évident comme cela semble être le cas chez les canadiens, soit nous devons nous inquiéter du fait que c’est avant tout le caractère professionnel et managérial qui est mis en avant, cédant à une mode du raccourci sémantique, transformant l’institution devenue I-Ecole en un objet instable pouvant être rejeté.

Finalement cela revient à poser la question brutalement : l’information peut-elle être le support d’une science ? Nous pouvons par notre pratique répondre affirmativement. Mais il est clair qu’elle ne peut être une science purement isolée…mais quelle science peut vraiment l’être ? La solution hybride française va à mon avis s’avérer un avantage au cours des années futures tant les domaines communicationnels et informationnels vont rencontrer des terrains communs. Je considère déjà que la culture de la communication élargit ses horizons et tend à devenir une culture de l’information et de la communication.

Scientifiquement néanmoins, il y a nécessité de découper, de forger des concepts. En clair, il s’agit d’éviter la confusion et la fusion totale sans quoi la science n’existerait plus et laisserait place à des dogmes. C’est tout l’enjeu scientifique actuel, parvenir à créer à la fois des associations, des liens tout en ne dénaturant pas les concepts et objets scientifiques. Pour tisser la vision de Simondon à la sauce Stiegler, il convient scientifiquement de créer des milieux scientifiques associés qui permettent à des éléments scientifiques stables de se constituer propres à leur champ respectif et de parvenir à créer des stratégies collectives transdisciplinaires permettant la potentialité créatrice.

Une nouvelle fois, j’ai le sentiment que la situation hybride et insitutionnellement difficile des sciences de l’information n’est pas un désavantage à condition que son état transdisciplinaire ne soit pas un obstacle à la stabilisation du travail scientifique. L’ensemble du travail scientifique ne peut être en bêta perpétuelle. Le fait que dans le classement français sciences de Wikio, certes très discutable car basé sur la popularité et non sur l”autorité, 11 blogs dans les 20 premiers concerne les sciences de l’information et des bibliothèques témoignent d’un bouillon intellectuel dont la communauté scientifique doit se saisir. Il faut malgré tout désormais que tout cela puisse institutionnellement être visible notamment au niveau français. Car c’est bien là qu’il semble qu’il faille travailler, si l’information est une science, elle n’est pas devenue une institution au même titre que le droit par exemple ou comme les mathématiques. Cela se voit également au niveau de l’Education Nationale ou finalement elle n’est pas non plus considérée comme une discipline mais tout au plus intégré dans les éducations à. Or, les enjeux informationnels sont trop importants désormais : les sciences de l’information doivent occuper une place au sein du système scolaire. Le travail doit donc se poursuivre entre sciences et savoir, pour cela il faut des moyens et notamment humains mais également la caution institutionnelle qui tarde à venir. Il est vrai qu’une science et des savoirs qui amènent le citoyen à réflèchir à l’âge de la vitesse ne sont peut-être pas du goût de tous les décideurs.


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Vers une tératogénèse documentaire?

mars 10, 2007 By: Olivier Le Deuff Category: Sur les traces de Vannevar :articles No Comments →

Je travaille actuellement sur un article sur les mutations du document numérique.

Voici quelques unes de mes réflexions sur le sujet de la tératogénèse documentaire où se mêlent monstres, légendes et hérauts.

Le monstre est à l’origine une chimère, un élément crée par l’homme ou ce que dernier vise à montrer comme l’indique l’étymologie du mot. Il en est de même désormais du document numérique qui peut être qualifié de monstre en étant à la fois difficile à définir et à délimiter, pouvant se métamorphoser et se devant d’être vu et montré. Le document se doit d’être désormais populaire notamment au sein de la blogosphère.

Ces changements documentaires aboutissent à la transformation suivante :

Le savoir cède ainsi sa place au c’est à voir. Le document intéressant n’est donc pas nécessairement pertinent, mais au contraire cocasse, drôle, facile à transmettre comme par contagion. Par conséquent, rumeurs, trucages, bêtisiers, vidéos coquines ont tout autant d’importance voire plus dans la blogosphère que l’article scientfique ou l’information politique internationale. Les notions de pertinence s’effacent devant celles d’influence. L’encyclopédie Wikipédia étant parfois symptomatique mêlant des articles de qualité aux articles médiocres voire truffés d’erreurs sans compter les articles pseudo-scientifiques notamment sur la dianétique. Borgès n’aurait guère imaginé mieux, une bibliothèque de Babel infinie qui contient d’étranges documents fluctuants. La mystérieuse cité de Tlon évoquée dans Fictions . Wikipédia affirme que les articles les plus populaires (sic) sont les plus corrigés et donc les plus fiables. Les erreurs historiques que contient l’article Internet interrogent. Ainsi au savoir prédomine le populaire, la légende : étymologiquement ce qui doit être lu (que ce soit de la lecture de textes ou d’images : la notion de texte pouvant être élargi cf. Yves Jeannneret) comme le montrait Michel Foucault dans les Mots et les choses à propos des encyclopédies du XVIème siècle qui mélangeaient les faits avérés et les mythes.

Notre analyse s’appuie sur l’évolution du web via le développement de la blogosphère et des folskonomies (système d’”indexation”? -d’annotations plutôt- collaborative libre), de leurs principales caractéristiques et des usages qui en sont faits. Les blogueurs populaires étant plébiscités par leurs lecteurs et de plus en plus courtisés par les publicitaires, ils deviennent les nouveaux hérauts qu’il faut lire et écouter (podcast oblige)

Finalement, cette redocumentarisation du monde qualifiée par Roger Pédauque est productrice d’une information difficile à distinguer, parfois redondante voire sans cesse commentée. D’ailleurs ces commentaires nous ramènent à la définition foucaldienne [1]: « la tâche infinie du commentaire se rassure par la promesse d’un texte effectivement écrit que l’interprétation révèlera un jour dans son entier. » Finalement cette tératogénèse documentaire n’est pas synonyme d’enrichissement culturel et les savoirs offerts et disponibles au plus grand nombre deviennent l’apanage des initiés. Le parcours documentaire constitue un cheminement, une construction qu’il convient d’apprendre et de transmettre. Sans doute aussi parce qu’information et savoirs sont liés par l’éducation.

 

Source de l’image : le bestiaire médiéval.


[1] Michel Foucault. Les mots et les choses. Gallimard. p. 52

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Article sur le web 2.0 : Le succès du web 2.0 : histoire, techniques et controverse.

février 27, 2007 By: Olivier Le Deuff Category: Sur les traces de Vannevar :articles No Comments →

 

Voici donc en ligne sur archivesic mon article sur le web 2.0 :

Le succès du web 2.0 : histoire, techniques et controverse.

résumé : 

Le succès du web 2.0 nécessite une analyse afin de tenter de définir un terme fortement employé depuis quelques mois mais dont il est très difficile de déterminer les frontières tant théoriques que techniques. Nous tentons ici d'apporter quelques éclaircissements sur ce phénomène.

http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00133571 

L'article permet de mieux comprendre les cartes sémantiques sur le sujet :

http://gde.jexiste.fr/stageweb2.0/Stage%20web%202.0/ 

Voici l'introduction du texte la suite sur archivesic.

1. Introduction

Le but de notre propos est d’analyser la notion de web 2.0 qui est très à la mode du point de vue « web marketing » et qui est parfois décriée par certains techniciens du web. Nous pouvons même poser la question : le web 2.0 existe-t-il vraiment ? Il semble en effet que le web 2.0 soit d’abord une idée, et peut-être même une idée recyclée. Néanmoins le succès du web 2.0 est notable. Quels concepts pourraient nous aider à comprendre les conditions de la réussite d’une notion aussi floue ? Nous sommes confrontés ici à de fortes hybridations entre les techniques, les individus, les imaginaires et les discours. Ce travail nous interroge aussi sur notre posture tant nous sommes au cœur de ces dispositifs au point d’en vanter parfois les mérites[1]. Il nous a fallu sortir des a priori et tenter de mieux discerner mythes, utopies voire dystopies qui entourent le web 2.0. Nous sommes donc confrontés à un processus émergeant et qui est parvenu à obtenir un écho fort ce que certains nomment parfois buzz dans la blogosphère D’ailleurs le web 2.0 fonctionne comme un marketing viral parfois également appelé buzz marketing Faut-il se tourner dès lors vers la mémétique[2] (Dawkins 2003)? Par conséquent que dire du mème « web 2.0 » si ce n’est qu’il évolue effectivement selon chacun et qu’il est donc difficile de bien le saisir et l’isoler. Notre maîtrise de la mémétique est encore trop limitée pour que nous puissions procéder à une analyse uniquement par ce biais. Les travaux de Dan Sperber (Sperber 1996) autour d’une approche épidémiologique ainsi que ceux de l’historien Raoul Girardet (Girardet, 1986) concernant le mythe du complot constituent également des pistes intéressantes sur les théories concernant l’évolution des idées. Nous avons donc fait le choix de procéder à une analyse des conditions historiques et techniques d’émergence du phénomène ce qui nous a conduit à nous interroger sur les visions (les imaginaires ?) et les aspects sous-jacents du web 2.0.

 

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