Quelques réflexions autour des folksonomies.
Le guide des égarés.
culture de l'information, Information literacy, documentation, CDI, , Pédagogie, sciences de l'information et de la communication, Humanisme numérique.Olivier Le Deuff 1999-2012
Category Archives: web 2.0 , la nouvelle Lévytation?
Web 2.0 et web sémantico-social
La sempiternelle ritournelle recommence, ceci tuera cela : le livre tuera l’édifice, le web 2.0 est mort. Je m’étais demandé durant l’été si la blogosphère n’était pas en train de s’essouffler ce qui me semblait être un peu le cas d’autant que je pressentais que ce n’était qu’un repos pour l’expression d’une envie de nouveautés. Ainsi, il semble que nous soyons rentrés dans un état de volonté de renouveau incessant comme si la stabilité, la routine constituerait une menace de notre intégrité physique et intellectuelle.
Le web 2.0 est en place, mais il l’est depuis déjà trop longtemps pour les pionniers, alors il faut encore bouger pour demeurer tout le temps en avance (en avance sur qui ou quoi d’ailleurs ?) Pour cela, il faut tuer l’ancienne créature pour en faire émerger une nouvelle qu’on appellera web 3.O, bidulemegafun, superchébran peu importe. Etrangement donc dans le petit monde du web, le désir d’instabilité semble être la règle et j’avoue parfois subir ce sentiment auquel il faut résister.
C’est un des dangers que cet état d’esprit devienne celui du web car il peut s’avérer au contraire anti-évolution et peut même empêcher la concrétisation technique. D’autre part, il peut également empêcher notre individuation ainsi que la stabilité de nos processus de veille et de collaboration.
L’individuation technique a besoin de stabilités tout au moins conceptuelles pour pouvoir évoluer et permettre l’expression et la poursuite de potentialités. Il en va de même pour nos individualités.
Cela signifie qu’il faut prêter attention à ce que le marketing ne vienne pas une nouvelle fois court-circuité les relations que nous construisons via les nouveaux hypomnemata des dispositifs sociaux plus communément nommés outils du web2.0.
Le web 2.O n’est donc pas mort. Certains rétorqueront probablement avec raison qu’il n’a probablement pas existé mais nous ne saurions accepter l’argument tout aussi fallacieux du nihil novi sub sole.
Je dois néanmoins admettre que j’observe des évolutions et la concrétisation de potentialités. La plus importante selon moi est celle de la construction de systèmes sémantico-sociaaux. Il devient de plus en plus difficile de parler seulement de web, cela paraît désormais trop restrictif et a fini par dissimuler pour beaucoup d’usagers et notamment chez les prétendus digital natives, la réalité technique des réseaux . L’apparition de l’expression de cloud computing ou d’informatique dans les nuages traduit bien ce sentiment de transmission de l’information de manière quasi éthérée voire magique. S’il n’en est rien dans l’esprit des concepteurs de tels architectures, la confusion se développe dans l’esprit de l’usager lambda.
Et nous sommes ici tentés de reprendre l’analyse médiologique qui considère que le meilleur média se fait oublier. Il semble que les technologies de l’Internet parviennent de plus en plus à réussir ce tour de force.
Les infrastructures techniques vont devoir toujours demander des moyens financiers quant à leur développement et leur maintien. Reste à savoir qui sera chargé de sa prise en charge tant c’est le fait de proposer des services qui s’avère le plus rentable.
L’autre question est donc de savoir de quel type de solution sémantico-sociale nous voulons. Deux alternatives nous sont proposées :
- La première est une vision orientée usager en tant que consommateur et client. Cette dernière cherche donc à indexer surtout les activités et les goûts de l’usager pour mieux capter son attention et le manipuler. Pour cela, l’idéal est de le maintenir en état de frustration permanente. On apporte toujours de la nouveauté, on incite sans cesse à s’équiper et on change de nom….au web 2.0 par exemple. On ne laisse pas le temps à l’usager devenu captif de prendre les devants et de se construire psychiquement et intellectuellement ainsi que collectivement.
- L’autre solution nécessite une vision moins positiviste des techniques du web sémantique et notamment une vision moins objectiviste à la fois de l’information et de l’individu. Il s’agit ici de parvenir à ajouter de la valeur (de la valeur esprit?) à nos actions et aux documents présents sur les réseaux. Cela nécessite donc des stratégies de collaboration, des passerelles entre amateurs et professionnels, entre professeurs et élèves, entre dirigeants et dirigés. L’usager ici est plus le citoyen qui cherche à devenir majeur c’est à dire à sortir de son état de minorité dans lequel les industries de programme ou autres types de domination symbolique et physique tendent à l’y cloisonner. Ici nous retrouvons donc la réflexion de Stiegler autour des milieux associés par rapport aux milieux dissociés de la première alternative.
Evidemment, je souhaite que ce soit la deuxième solution qui ne l’emporte mais ce n’est chose aisée d’autant qu’il n’est pas évident de clairement distinguer les deux alternatives..
La bataille de l’intelligence commence, à nous tous d’y prendre part et surtout de prendre soin.
Cartes du web 2.0 et des folksonomies
Je remets à jour mes pages web et notamment les cartes réalisées avec mind manager concernant le web 2.0
Elles se trouvaient sous un autre serveur et ancien hébergeur que je n’utilise plus désormais.
Je n’ai pas le temps de remettre à jour tous mes supports de cours en conséquence si bien qu’il y aura parfois des désagréments et je m’en excuse.
Voici les principales cartes et leurs nouvelles urls, certaines sont complexes mais il suffit de les mettre dans vos signets sociaux préférés.
Web 2.0 : le côté obscur et le côté positif
Historique du web 2.0
Le web 2.0 et l’infopollution
Foksonomies
Petit rappel sinon pour le côté obscur de Facebook.
Généralement, il faut cliquer sur aperçu de la map pour avoir la carte en entier.
Les signets sociaux ne sont pas utiles, ils sont indispensables…
Suite au billet de Bertrand Calenge s’interrogeant sur les outils de type delicious et repris par urfist-info, je ne pouvais ne pas réagir. D’une part, parce que les signets sociaux sont les premiers systèmes emblématiques du web 2.0 avec une vraie dimension sociale. D’autre part, parce qu’ils permettent de distinguer des vigies du web ou des veilleurs intéressants. J’ai fait ainsi quelques rencontres notamment celle d’electropublication.
Il y a également une relation collaborative qui permet de partager le travail de veille. Les signets sociaux constituent un élément clef indispensable de la veille désormais, une veille basée sur la confiance et non sur la surveillance.
Comme un bon article scientifique vaut parfois mieux qu’un billet de blog, voici donc en ligne mon article sur la question qui est disponible sur archivesic : Folksonomies et communautés de partage de signets Vers de nouvelles stratégies de recherche d’information.
résumé : Les folksonomies peuvent constituer une alternative aux moteurs de recherche en permettant la construction de parcours et la mise en réseau d’informations mais aussi de personnes. Nous avons étudié particulièrement les plateformes de partage de signets et notamment Ma.gnolia.com
Je précise quand même que l’article a été écrit il y a un an.
Sur Facebook, la rentrée des élèves s’effectue en ce moment
La montée en puissance de Facebook se poursuit…inexorablement. Le modèle économique est encore peu évolué mais ce n’est guère qu’une question de temps. La force de facebook c’est qu’il est en passe de devenir « le » réseau social, la nouvelle carte d’identité numérique.
On y retrouve donc tout et n’importe quoi et l’infopollution y est présente. Mais les possibilités de filtrage et d’organisation ces réseaux commence à se mettre en place afin de distinguer amis proches, relations professionnelles, fans et…élèves.
En effet, je note depuis quelques mois l’arrivée massive d’anciens élèves sur le réseau. Je suis dans l’Education Nationale depuis 2001 et les premiers anciens élèves qui se sont inscrits étaient désormais étudiants. Mais changement de cap depuis deux mois, je vois désormais même des collégiens arriver sur le réseau. Voilà qui ne peut que poser des questions sur les relations que cela implique avec leurs anciens professeurs. Seulement, je pense également à leurs actuels professeurs.
Faut-il accepter toutes les demandes, sachant que le terme « amis » est toujours de mise sur Facebook ?
Quelque part, cela implique une réciprocité peu hiérarchique.
Pourtant, il y a probablement des pistes pédagogiques énormes derrière dans la construction d’une nouvelle relation, à condition qu’il ne s’agisse pas d’amitié mais de confiance. Le professeur peut ainsi user de Facebook dans une optique pédagogique en se montrant présent en dehors du présentiel, voilà qui nous sort de la captivité de l’établissement et peut contribuer à enrichir le présentiel.
La frontière est évidemment peu évidente mais elle ne fait que renforcer le phénomène d’effet-maître, essentiel à la démarche pédagogique.
La solution peut consister donc à accepter les demandes d’élèves en leur permettant d’accéder à un profil restreint. Pour cela, j’ai pour ma part créer une catégorie « élèves » sur Facebook.
Si les plus jeunes arrivent, le modèle économique va suivre car comme le dénonce Bernard Stiegler, la publicité a choisi sa cible depuis bien longtemps : les jeunes. Notre rôle est donc de prendre soin de nos jeunes générations qui arrivent sur Facebook. Contrairement aux « skyblogs », facebook est davantage intergénérationnel et nous pouvons plus facilement réagir que lorsque nous sommes avachis devant Tf1.
Pour aller plus loin, il va sans doute nous falloir désormais montrer l’exemple sur Facebook. La gestion de son identité numérique passe par une construction sociale et collective qui nécessite des modèles. Evitons dès lors que ce ne soit la publicité qui nous l’impose.
Pour clore ce billet sur la gestion de l’identité numérique, je vous laisse méditer cette phrase
« Tes secrets, je vais les découvrir;
Il suffit d’aller sur Internet »
Teki Latex. La petite fille qui ne voulait pas grandir
La mesure de la popularité
Un article de Wired Magazine fait le point sur la popularité et notamment celle qui est issue de l’Internet.
Chris Anderson a d’ailleurs mis au point un gadget google qui permet de mesurer sa popularité personnelle, bref le page rank des personnes, voilà qui confirme bien la tendance actuelle de l’identité numérique et de l’indexation des activités des internautes et pas seulement des pages web.
Cela s’inscrit parfaitement dans ce que j’avais décrit comme le passage de l’autorité à la popularité et de la pertinence à l’influence.
Puisque désormais, nous sommes tous soumis à la mesure de la popularité au sein de l’Arcadie, vous pouvez donc tester vous-mêmes :
Vous constaterez que des blogueurs obtiennent des scores supérieurs à des stars…A méditer.
Je vous fait part de ma réflexion amorcée dans un futur article à paraître dans un colloque fin 2008 dont je vous livre le début
« Notre propos est de montrer que la redocumentarisation du monde (PEDAUQUE, 2007) franchit un nouveau pallier avec l’indexation de plus en plus fine de nos activités personnelles qui fait de notre double numérique un document qui prend forme dès la naissance . L’individu ou tout au moins son double numérique, voit ses activités tracées et répertoriées et pouvant être exploitées notamment à des fins commerciales. Il émerge comme un Ka documentarisé qui comme dans les mythes égyptiens naît en même temps que l’usager mais qui lui survit au-delà de son existence avec la conservation et la présence des données en ligne (ZISKIND, 2004) :
« Double uni au corps, il est de toutes les activités quotidiennes de l’homme. Puissance vitale, il confère protection, bonheur, santé et joie. Le Ka est capable de poursuivre une vie dans l’au-delà inspirée de sa vie antérieure. »
L’individu voit ses traces et ses activités répertoriées et indexées et donc transformées en documents exploitables (documentarisation) et réexploités à diverses fins (redocumentarisation) Ce mouvement s’inscrit dans ce que nous avons décrit précédemment sous le terme d’Arcadie qui constitue le prolongement du web 2.0 avec l’exhibition permanente des activités des usagers. Certains spécialistes de l’Internet comme Howard Rheingold vont jusqu’à prédire la fin de l’anonymat voire de la vie privée. Par conséquent les projets de culture de l’information et dans sa version internationale d’information literacy doivent redéfinir conséquemment leurs ambitions. »
update du 27 juillet : Philippe Lagane en parle également et nous donne un autre lien sur la mesure de la célébrité :
http://howto.wired.com/wiki/Celebrity_Meter
Faut-il encore bloguer ou le web 2.0 s’essouffle-t-il?
Les derniers echos de la blogosphère font part de lassitude, d’arrêt voire de volonté de ne plus s’inscrire au sein de classements tels wikio qui finissent par apporter au blogueur un lectorat parfois non désiré et des sollicitations plus ou moins appréciables.
D’une certaine manière, il est probable que nous sommes entrés dans une phase qui nécessite un second souffle, une période de stabilité qui implique certainement de nouveaux modèles économiques ou tout au moins une définition plus précise de l’économie de l’attention, de la long tail et du bien commun. Sur ce dernier aspect, il est intéressant de voir la dernière conférence d’Hervé Le Crosnier répertoriée sur savoirscdi où figure également mon interview. A noter aussi l’intervention d’Hervé à Brest.
Néanmoins, c’est aussi l’occasion de tester quelques nouveaux services durant cette accalmie estivale.
Le premier d’entre eux que j’ai choisi d’ailleurs d’intégrer au blog , c’est apture qui permet de générer des liens hypertextes via des documents présents sur wikipédia, flickr et les plateformes de vidéo entre autres pour le blogueur. Mais le lecteur peut en soulignant simplement un terme, effectuer une recherche automatiquement en déclenchant le processus du plugin apture que j’ai intégré à WordPress. Les possibilités peuvent être intéressantes notamment pour les projets collaboratifs. François Guité en parle ici d’ailleurs.
De la même manière, sprout au nom certes ridicule, permet de réaliser des petits documents en flash qui peuvent être utilisés au sein des blogs mais aussi dans les cours en ligne ou en présentiel. Cela permet de se passer de couteux logiciels comme ceux d’articulate même si Sprout offre moins de possibilités…pour le moment. Reste à savoir si l’indexation des documents flash par les moteurs va également réellement réussir.
Tout cela pour probablement constater que l’été est propice au renouvèlement des forces et que ça nous promet une rentrée blogosphérique animée voire agitée et qu’une fois de plus l’autorité et la science vont être encore un peu bouleversées et que cela va nous donner encore à réflèchir.
Donc il faut encore bloguer mais en goutant l’otium, en dilettantisme cet été, en quasi oisif du blog en espérant qu’il en demeure un peu de dandysme à la rentrée avec l’arrivée des gentlemen blogueurs, adeptes de l’esthétisme de l’écriture relationnelle et sachant user également quant il le faut de la provocation voire de la critique. Enfin de là, à ce que les blogueurs écrivent dans la lignée de Théophile Gautier ou de Huysmans, il y a plus qu’un long chemin mais un bel et bien un étrange labyrinthe.
Ce qui est évident, c’est que des nouvelles formes de publications vont probablement suivre bientôt et mettant un scène des processus de validation et de sélection. Reste à savoir d’où vont émerger les nouvelles notoriétés…
Pour ma part, je bloguerai donc peu, le blog quelque peu en parent-thèse.

