Le Mundaneum de Noël

Mundaneum de Noël
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J’ai récemment vu le film produit par Netflix avec Kurt Russell en père Noël dans « Chroniques de Noël ». Outre un personnage de père Noël renouvelé et plutôt attachant pour toutes les générations, le film nous donne à voir un moment particulier : celui de la conservation des lettres envoyées au père Noël de la part des enfants.

Le lieu est magnifique et géré par des créatures extraordinaires, des petits lutins.

Lutin dans la bibliothèque

Ce lieu ressemble à une bibliothèque fantasmagorique, une sorte de Mundaneum de Noël. On y accède par la hotte du père Noël par ailleurs.

Y sont classées principalement des lettres, ce qui suppose des fichiers d’un format un peu particulier, qui diffèrent donc de la taille des fichiers du Mundaneum d’Otlet.

Les fichiers de lettres au Père Noël

L’anecdote est sympathique et suscite évidemment plusieurs questions. Que fait-on des lettres envoyées au père Noël en France et qui sont traitées par un centre spécial non loin de Bordeaux à Libourne. On sait qu’une équipe est chargée d’y répondre et le fait de manière efficace. Mon fils pourrait en témoigner car il avait tenté l’expérience il y a quelques années.

L’examen des archives du père Noël permettrait de réaliser une belle enquête sociologique et historique voire médiatique. Je ne sais pas si cela a été fait. Je n’ai pas pris le temps de vérifier, mais ça serait une idée parfaite, d’autant qu’on y retrouverait assurément la question du goût des archives et la présence émotionnelle en sus des questions classiques des humanités digitales.

Mais j’en viens surtout à me demander en ces temps d’agitation et de réclamation perpétuelle, si cette pratique de la lettre au père Noël n’a pas pris d’autres formes dont les réseaux sociaux sont devenus le réceptacle.

Comme il n’y a pas véritablement de père Noël des adultes, on peut se demander qui gère les frustrations désormais ? Plus d’autorité magique, spirituelle voire transcendantale, comment finalement porter ses demandes et ses envies à la communauté de manière si ce n’est efficace tout au moins cathartique sans que cela ne devienne « le vide ordure planétaire » que craignait Finkielkraut ?

Le film montre en tout cas que le Mundaneum de Noël gère différentes sortes de documents notamment des lettres vidéos.

Le multiécran qui permet de visionner les lettres vidéos.

Autant de questions qui vont nous occuper assurément l’année prochaine en choisissant de se situer plutôt du côté du  père Noël de la connaissance face au père fouettard de l’agitation.

Le meilleur cadeau qu’on puisse requérir en ce moment, c’est celui d’un esprit reposé, propice à pouvoir penser et réfléchir en dehors des enjeux géopolitiques et marketing de la désinformation.

Kurt Russell chante « Santa is back in town » avec un look modernisé, et une envie de reprendre le volant de toute autre véhicule que son traineau.

Peut-être est-le moment pour que Paul Otlet revienne lui aussi sous une autre forme. Enfin, son esprit…

Kurt Russell en Père Noël d’un nouveau genre.

Hommage à Robert Escarpit : Bob is Back !

colloque Escarpit
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Un petit texte écrit dans le cadre du concours 2016 des 50 ans des IUT. J’avais pour l’occasion écrit une nouvelle dédiée à Robert Escarpit.

Je la publie ici en rappelant que va se tenir un important colloque prochainement sur cet acteur des universités et des SIC.

colloque Escarpit

Le colloque Robert Escarpit en septembre 2018

Voici donc ce texte : Bob is Back (en Bob is back)

Bob is back

Rouletabosse s’ennuyait. Son créateur était parti depuis trop longtemps. Il ne pouvait demeurer plus longtemps sans pouvoir déambuler, son petit carnet à la main, pour pouvoir prendre des notes. Il aimait tant faire son travail de journaliste, même s’il devait continuer pour cela à subir les brimades de son rédacteur en chef, l’as du ciseau qui lui réduisait ses articles à la portion congrue. Toute cette ambiance lui manquait, peu importe ce que son créateur avait prévu pour lui. Il voulait vivre à nouveau et toucher des lecteurs qui ne le connaissaient plus depuis bien de trop longtemps.

Il n’était plus qu’un personnage en quête d’auteurs, prisonnier des souvenirs de trop rares lecteurs qui se souvenaient de lui. Robert Escarpit s’en était allé vers d’autres aventures et il n’était pas prêt de revenir. Pourtant, il y a 50 ans, c’était bien différent, Robert impulsait le développement des premiers IUT du tertiaire à Bordeaux avec des formations en journalisme et en animations sociales. Dans les années 80, il fit naître un petit être étrange : Rouletabosse, un journaliste bossu qui devait sa silhouette étrange au fait qu’il était toujours en train d’observer ce qu’il voyait au point d’être toujours courbé. Rouletabosse avait ainsi pu prendre vie au gré de l’imagination de son auteur aujourd’hui disparu. Mais depuis aucune aventure ne lui avait été proposée.

Quelle injustice de se trouver ainsi coincé alors qu’il n’aspirait qu’à reprendre du service !

Certes, il est vrai, il n’était qu’un personnage de fiction mineure destinée à la jeunesse. Loin de lui l’idée de vouloir s’échapper pleinement de son contexte initial de production comme Sherlock Holmes. Il n’avait pas cette prétention. Il espérait qu’un auteur quelconque finirait par lui donner une seconde chance et quoi de mieux qu’un concours de nouvelles pour reprendre vie ? Et Rouletabosse était malin, il avait su se placer idéalement pour être le passager que l’auteur prend en stop alors qu’il élabore son chemin d’écriture. Impossible de ne pas céder à sa demande.

C’est ainsi que Rouletabosse vient prendre place à mes côtés dans cette aventure pour mieux me raconter ce qu’il avait envie de dire et d’écrire :

« Il faut que je te parle de Robert. J’aimerais que tu le fasses revenir… »

Le petit bonhomme, à l’embonpoint certain et à la moustache malicieuse semblait bien sûr de lui. Je savais que lui répondre d’autant que Rouletabosse avait un accent assez prononcé, accent que je n’avais guère soupçonné auparavant. La mission paraissait complexe. Je ne connaissais pas particulièrement Robert. Je ne le côtoyais qu’à l’occasion de lectures au cours de recherches, puisant çà et là, réflexions et citations opportunes. Robert était de plus en plus l’Escarpit des sciences de l’information et de la communication, et de moins en moins celui des aventures du reporter Rouletabosse.

Pourtant, il fut un temps où cela fut différent. Au commencement d’ailleurs. Je m’en souviens encore. Ce n’était qu’une « prise » de bibliothèque alors que je devais avoir 8 ou 9 ans. Je visualise encore parfaitement l’endroit dans les rayonnages où se trouvait le livre qui m’a fait connaître Rouletabosse. L’illustration de couverture m’avait intrigué tout autant que le nom du personnage principal. Je n’avais pas saisi l’allusion à Rouletabille de Gaston Leroux que je découvrirais plus tard, même si mon père m’avait fait remarquer la similitude lorsqu’il me vit lire le petit roman de Robert Escarpit. Du contenu exact, je ne m’en souviens guère, si ce n’est que l’ouvrage était relativement drôle, que les illustrations jouaient à merveille leur rôle et que l’histoire mettait en scène un petit journaliste sans grande envergure au sens figuré, mais qui en avait davantage au sens propre. Je me souvenais également que le pauvre Rouletabosse menait ses reportages avec une certaine rigueur, muni de son carnet et de son stylo. Mais ce qui m’avait le plus marqué dans cette histoire et que je n’ai jamais oublié, c’était le terrible sort que faisait subir à ses articles, le terrible rédacteur en chef. Ce dernier usait à l’envi du ciseau pour réduire les articles au strict essentiel pour qu’ils puissent être intégrés dans le journal à la portion congrue. Étonnant qu’un personnage si épais ne puisse finalement réaliser que de si minces articles. Voilà pourquoi je n’ai jamais oublié Rouletabosse et donc son auteur, tant j’ai étroitement associé les deux noms pendant des années sans en savoir plus.

Ce n’est donc que plus d’une décennie plus tard que j’ai entendu à nouveau parler d’Escarpit. Mais cette fois-ci, il ne s’agissait plus de Rouletabosse du tout. J’étais à l’université Rennes 2 et Escarpit figurait parmi les références citées dans la mention documentation de ma licence d’histoire. Il me fallait sortir Escarpit du tiroir de la littérature jeunesse dans lequel je l’avais enfermé avec le souvenir de l’emplacement du petit roman dans la bibliothèque du quartier de mon enfance. Robert Escarpit était donc plus que cela. J’avoue que j’avais aussi un peu de mal à comprendre qu’on avait oublié qu’il avait également donné à vie à Rouletabosse lorsqu’on évoquait ses écrits d’enseignant-chercheur. Jeune étudiant, le souvenir de Rouletabosse demeurait et s’avérait aussi important pour moi que les écrits plus scientifiques de Robert Escarpit.

Les années ont passé. Bientôt 20 ans après ma seconde rencontre avec Robert et 30 ans après la première. Un homme n’est jamais le même selon l’époque où on le rencontre…

La proposition de Rouletabosse paraissait quelque part irréalisable tant il s’agissait de faire de moi l’intermédiaire d’un personnage qui souhaitait faire revivre son auteur. Auteur, Escarpit l’était assurément, mais c’était réduire en un mot un individu qui avait été également professeur, chercheur, conteur, analyste, affabulateur, engagé, encarté, écarté, écarteur, visionnaire, aveuglé, romancier, traducteur, démocrate, tyran, mari, séducteur, créateur, fondateur, instituant, rebelle… mort, mais encore vivant dans les souvenirs et les écrits.

Comment parvenir à faire revivre ainsi un tel personnage ? Rouletabosse paraissait jubiler de ma difficulté à appréhender le problème. Il souriait en coin et sa moustache s’allongeait de plus en plus et semblait se trémousser. Rouletabosse reprenait vie, c’était certain, et il manifestait une joie certaine quelque peu communicative. J’avais également envie de rire, tout en me demandant s’il fallait considérer le rire comme une forme de communication équivalente à celles qui prétendent pouvoir converser avec les morts. C’est alors que mû par cette soudaine hilarité, je me pris d’interpeller Escarpit :

« Escarpit, escartefigues, voilà à quoi ton nom me fait penser ! Escarpées, voilà les promesses que portent ton nom, escarres, scarifications, escarrifications, carpe diem, pitre et Pit et Rik, pittoresque, sempiternelles fourberies de Scapin, scapulaire et autres aventures du capitaine Fracasse, que ton nom dissimule tant de personnes. Laquelle osera me répondre ? »

Ma litanie insensée ne produit aucun effet, et je n’obtins évidemment aucune réponse d’outre-tombe. Cependant, Rouletabosse, l’œil vif ne cessait de prendre des notes. À croire que l’audacieux personnage menait l’enquête sur moi !

Je cessais d’interpeller Escarpit pour glisser à Rouletabosse :

« Tu veux venir à l’IUT ? »

Rouletabosse se contenta de faire briller ses yeux en guise de réponde. Je le menais alors dans les lieux dans lesquels j’exerçais depuis près de cinq ans. Ce n’était pas l’IUT originel bien entendu, mais l’esprit de Robert y était tout de même présent. Certains avaient sans doute tenté de poursuivre son œuvre, quelques-uns de façon modeste, les épigones de façon médiocre, certains ne parvenant jamais à comprendre la dimension des sciences de l’information-communication, lui préférant l’étroitesse d’une pensée convenue. Et Rouletabosse qui notait inlassablement toutes mes remarques, courbant son dos pour mieux griffonner toutes mes élucubrations sur Robert et ses disciples. Il me suivait alors que nous parcourions l’IUT, courant dans l’étrange escalier à ma suite alors que j’essayais de grimper en ayant l’air d’un imbécile à grands pas. Je voulais le mener du côté de mes milieux d’exercices, territoire de l’information-communication, l’infocom où se mêlent finalement comme l’avait sans doute pressenti Robert tout autant l’ivraie communicationnelle que le faux comme, ainsi que tous les aspects de l’informel et du formel, de la formation et de la déformation, du livre et de l’ivresse, du support et de l’insupportable, du document et du monument, du commun et de l’incommunicable, de l’information et de la désinformation, de l’ire et de l’erreur, de l’autorité et de l’autoritarisme, de la médiation et du remède, de l’antidote et du poison, de la lecture et de l’écriture, de Rouletabille à Rouletabosse, du journaliste au blogueur…

Rouletabosse s’arrêta soudain, l’air intrigué et curieux :

«          Du quoi ?

  • Du blogueur, mon cher Rouletabosse. Il va te falloir te mettre à la page, si je puis me permettre. Tu devrais passer une année ici pour te former !
  • Mais qu’est-ce donc ?
  • Un blogueur est une personne qui écrit et produit du contenu en ligne sur une plateforme dédiée qui enregistre ainsi ce qu’il écrit plus ou moins régulièrement. Cela signifie web log en fait… tant de noms qu’il va te falloir apprendre, toi qui as connu le succès dans les années 80 : Internet, web, web 2.0, réseaux sociaux, digital labor, tags, likes, surveillance, cookies, spam, mashups, API, onepage, WordPress… » 

 

Je m’élançais dans une liste sans fin comme si je lui exposais ou plutôt explosais à la figure une série de noms qui constituaient autant de savoirs et de compétences qu’il ignorait complètement.

Rouletabosse rapetissait à mesure que j’exposais ces étranges évolutions et ce vocabulaire inqualifiable pour lui.

« Il est venu le temps des humanités digitales, mon cher Rouletabosse ! »

Le petit journaliste ne souriait plus. Pire, il commençait à transpirer et je commençais à sentir sa sueur empreinte d’angoisse, qui en devenait assez désagréable.

Désormais, totalement à l’aise, j’avais l’impression d’être devenu le rédacteur en chef du petit journaliste, sauf que ce n’était pas son texte que je réduisais, mais bien le journaliste lui-même… J’osais même en rajouter de façon suffisante :

« Que veux-tu, il s’en est passé en 50 ans ! Joyeux anniversaire, mon petit Rouletabosse ! »

Je compris que j’avais été un peu loin. Le petit être de papier était en train de se dissoudre, tel un vieux parchemin aux proies aux flammes. J’essayais de me raisonner, et que tout cela n’avait aucun sens. Je cherchais en vain de l’aide, mais personne ne semblait être présent dans l’IUT. Cela ne pouvait être vrai, je tentais de sortir de ce que je pensais être un mauvais rêve. Mais ça n’était pas le cas. Je ne me souvenais plus comment j’étais arrivé à l’IUT, et comment j’avais pu y mener avec moi le reporter bossu si ce n’est pas la force de l’esprit.

Rouletabosse s’était consumé au point de n’être plus qu’un amas de confettis brûlés… comme autant de souvenirs éparpillés. Qu’avais-je donc fait !

Pris par un remord absurde, je tentais de recueillir ce qui restait du petit être comme s’il était encore possible de le reconstituer. J’affleurais avec mes doigts les petits bouts de papier cramés, dans l’espoir de les rassembler pour leur donner forme à nouveau. Un carré noir par-ci, un autre moins noirci par là. Je ne savais quel était le sens que je cherchais, mais tout compte fait, mes manipulations finirent par produire un effet. J’étais parvenu à reconstituer le visage de Rouletabosse. Je l’avais recréé tant bien que mal. Une dernière touche finale, et un nouveau Rouletabosse apparut comme par magie. On aurait dit SuperMario surgissant d’un horizon perdu… Le petit journaliste reprenait vie, rassemblait ses pixels et se mettait à descendre et remonter les marches de l’IUT avec une facilité déconcertante. Il circulait telle l’information virale sur les réseaux sociaux avec une aisance qui contrastait avec son physique rondouillard. Je le vis alors partout. Il était sur tous les pc des salles informatiques, sur mon portable et sur tous les sites et réseaux sociaux que je tentais alors de consulter. Il se jouait des nouveaux mondes digitaux et je vis alors arriver des sucres d’orge de toutes les couleurs et autres joyeusetés sucrées qui se mirent à peupler l’IUT qui était en train de devenir une interface numérique, avec une esthétique issue des jeux d’arcade des années 80… Rouletabosse allait et venait et accumulait les bonus et les points à l’envi. Il semblait impossible à arrêter, mais l’envie de partir à sa suite finit par me gagner. Je parcourus alors l’IUT de Bordeaux Montaigne dans son intégralité, surfant sur des chamallows géants dans le plateau télé, chipant un nombre incalculable de nounours gélifiés à la bibliothèque, de guimauves en chocolat à la cafétéria, et volant dans les amphis sur des licornes en sucre. Je montais avec une aisance incroyable les escaliers en accumulant les points avec une facilité déconcertante. Je trouvais étonnant l’absence de collègues et d’étudiants certes, mais l’aventure valait le coup d’être vécue. Rouletabosse grossissait à vue d’œil au fur et à mesure qu’il engloutissait les uns après les autres bonbons et autres douceurs. À cette allure, je craignais qu’il ne finisse par éclater par péché de gourmandise. Mais au contraire, il gagnait sans cesse en agilité. Il s’éloignait de plus en plus de moi, au point qu’il m’était impossible de le suivre désormais. Je le vis devenir bleu, puis se diviser en une infinité d’unités… Des millions de Rouletabosse apparurent alors sur les médias sociaux, telle une campagne de marketing digital parfaitement orchestrée.

Je n’avais pas fait revenir Rouletabosse comme je le croyais. Il n’était qu’un intermédiaire, un messager, le missi dominici de son créateur. Le message qui faisait le buzz sur Twitter était pour moi éloquent et ne laissait aucun doute possible :

Happy Birthday ! Bob is Back !’

Recrutement d’un doctorant pour projet ANR HyperOTLET

Paul Otlet jeune
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Thèse en sciences de l’information et de la communication pour le projet ANR HYPEROTLET

Thèse financée pour trois ans au sein du laboratoire MICA, équipe E3D, Université Bordeaux Montaigne.

La thèse s’inscrit dans le programme de recherche ANR HyperOTlet qui vise à travailler sur l’œuvre de Paul Otlet et à proposer une version augmentée du Traité de documentation, ouvrage cardinal qu’il publie en 1934. Le projet HyperOtlet associe plusieurs équipes et laboratoires pluridisciplinaires et articule des recherches historiques et documentaires à un dispositif numérique collaboratif en élaborant un écosystème numérique autour de quatre axes :

  • la (re)contextualisation (Centre Maurice Halbwachs, CMH) de la culture numérique ;
  • une réflexion sur les problématiques actuelles de la documentation dans les humanités numériques (Laboratoire MICA (Médiations, Informations, Communication, Arts), de la « documentarité » et de la « documentalité » ;
  • l’élaboration de nouveaux instruments de lecture, de consultation, de circulation dans les œuvres (Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques, Enssib), Maison des sciences de l’homme Paris Nord, Msh-PN).
  • l’animation d’une communauté épistémique qui pourra porter une tradition documentaire européenne (MICA, Enssib, Mundaneum);

 

Le travail du doctorant consiste dans la réalisation d’un travail de recherche à la fois au niveau de l’épistémologie des sciences de l’information et de la communication ainsi que sur l’évolution de la tradition documentaire impulsée par Otlet au travers des dispositifs documentaires actuels avec un focus sur l’innovation documentaire apportée par l’écosystème HyperOtlet et HyperOtlet1.0.

 

Compétences souhaitées

Bonne connaissance de l’information-documentation, de son histoire et de ses concepts

Intérêt pour l’histoire et l’évolution des systèmes d’information et d’organisation des connaissances

Intérêt pour les travaux sur archives

Connaissances en architecture de l’information

Connaissance du mouvement des humanités digitales

Capacité à traiter des corpus importants

Intérêt pour les logiciels de cartographie du web et des outils de traitement automatique

 

Diplômes : Master en sciences de l’information et communication, Sciences de l’information et des bibliothèques, Humanités numériques ou équivalent.

 

Début : 1er octobre 2017.

Engagement : 3 ans

Dépôt des candidatures : 10 septembre 2017.

 

Conditions :

Le poste requiert une présence très régulière sur Bordeaux avec inscription à la formation doctorale de l’Université Bordeaux Montaigne.

Des déplacements sont à prévoir (Paris, Lyon, Mons)

 

Renseignements et contact :Olivier Le Deuff. oledeuff@gmail.com +33 6 87 65 31 27Bertrand Müller bertrand.muller@ens.fr  + 33 6 51 49 23 56

Nestor Halambique est-il une métaphore de Paul Otlet ?

Halambique en couverture
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J’émets une supposition que je n’ai pas trouvée exprimée ailleurs pour l’instant. Je viens de relire hier soir le sceptre d’Ottokar et je m’interroge fortement sur le personnage du professeur Halambique que rencontre Tintin. Je lui trouve une ressemblance avec Paul Otlet. peut-être est-ce une déformation personnelle, mais j’expose ici une suggestion.

Je ne sais pas si Hergé a connu Paul Otlet ou s’il a été au courant de ces travaux, mais le personnage présente quelques similitudes physiques, sans compter que la fédération internationale de sigillographie fait vraiment penser à la Fédération Internationale de documentation, ex office international de bibliographie. En 1938, l’année d’apparition du professeur Halambique, le mot bibliographie auquel pourrait faire songer la sigillographie, est moins usité, car le mot documentation a clairement pris le dessus.

Halambique en couverture

Halambique fait la couverture

Halambique a rédigé non pas un traité de documentation, mais une brochure sur comment on devient sigillographe ? On voit bien un personnage passionné, quelque peu distrait et qui consacre sa vie à une discipline dont il cherche également à démontrer le caractère scientifique. L’histoire évoque aussi l’idée de jumeaux, dont un est en fait un traître. La gémellité ici fait peut-être référence au duo Lafontaine-Otlet. Le personnage pourrait être alors un mélange des deux.

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

les frères Halambique, ou le duo Otlet-Lafontaine ?

En ce qui concerne la sigillographie, Paul Otlet consacre quelques remarques sur l’étude des sceaux dans le traité de documentation par ailleurs (voir le passage sur wikisource).

Est-il possible d’envisager une rencontre entre Georges Rémi et Paul Otlet, même fortuite ? Je suis tenté de l’exprimer, surtout que les conditions de lieu et de temps paraissent tout à fait plausibles.

Avis aux tintinophiles..

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Paul Otlet a-t-il inspiré le personnage de Nestor Halambique ?

Amusant également, l’histoire de la perte de la serviette. On voit quelques photos d’Otlet ou de Lafontaine avec justement des serviettes du même type. C’était probablement la mode de l’époque, mais quand même… le rapprochement en tentant. Je vous invite à voir les photos de Paul Otlet et d’Henri Lafontaine sur les collections du Mundaneum.

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Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Otlet en plein discours. Tintin lui a-t-il remis à temps sa serviette ?

Henri Lafontaine et sa serviette

Henri Lafontaine et sa serviette

teasing : Mon roman steampunk. Hot & Steam. Chapitre 1 gratuit

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Voilà bientôt trois mois que j’ai mis en ligne, Hot & Steam et quoi de mieux que d’offrir le chapitre 1 pour  donner envie (ou pas) de lire la suite… miniature hot et steamPour rappel, le roman se passe à l’ère victorienne dans le pur esprit steampunk avec des technologies improbables pour l’époque et une héroïne qui n’a bien évidemment peur de rien. Mais je vous laisse découvrir le premier chapitre…

1.     Lady V.

La grande horloge venait de sonner cinq fois dans l’après-midi alors qu’une pluie fine s’abattait sur la capitale britannique. Londres semblait sereine, quoique pas encore resplendissante, la faute à une grisaille tenace depuis plusieurs jours. Fort heureusement ; les conducteurs des nouvelles berlines à vapeur gardaient espoir et continuaient d’astiquer les chromes et les dorures de leurs véhicules à énergie avant-gardiste. Les pubs ne désemplissaient pas et les clubs de gentlemen permettaient de trouver un peu de chaleur commune malgré le temps maussade. Les Ravelry’s club of ladies, lieux de rendez-vous des amatrices de tricot et de crochet, connaissaient un succès grandissant au point que les hommes pouvaient désormais y être également admis. Un immense progrès pour la gent masculine assurément qui pouvait réaliser des chandails originaux et plus conformes à la nouvelle ère qui commençait. L’hiver n’allait pas tarder à arriver, les soirées se faisaient plus courtes, il fallait préparer l’arrivée de la saison froide, oublier un peu l’été. Cependant, la ville avait comme envie de quelque chose d’exaltant avant de rentrer dans la période hiémale. Tout était allé si vite en quelques années, les supercalculateurs, les motorisations innovantes, les nouveaux systèmes de communication. Tout le monde n’était pas encore prêt mentalement, comme si la fin de ce XIXe siècle avait connu une précipitation impossible à prévoir, comme si les technologies étaient apparues un siècle trop tôt. Beaucoup de personnes se sentaient de plus en plus dépassées et dépourvues face à cette révolution technologique, notamment un grand nombre de décideurs. Si les plus anciens habitants peinaient parfois à saisir les tenants et aboutissants de ces évolutions, d’autres au contraire y trouvaient leur plénitude et parvenaient à exprimer tout leur potentiel comme les personnages principaux de l’aventure que nous allons vous conter.

L’héroïne de cette histoire n’avait plus vingt ans depuis très peu de temps. C’est pourquoi l’aventure ne pouvait plus attendre. Lady V était lasse. Son lit était vraiment trop grand, elle manquait de compagnie. Son chemisier blanc ouvert laissait entrevoir une poitrine agréable à regarder au travers du laçage détendu. Ses longs cheveux bruns et ondulés tombaient de part et d’autre de ses épaules. Son pantalon court lui donnait un style de pirate. Une pirate toutefois soignée qui ne négligeait aucun détail de son apparence. On l’appelait Lady V. V était pour Victoria, mais le fait de porter le même nom que la reine lui déplaisait.

« Je m’ennuie de trop. Il me faut une aventure ou un homme rapidement, ou les deux, ce serait encore mieux ! »

« Je vais appeler Rémi pour qu’il me fasse venir mes nouveaux habits que j’ai essayés la semaine dernière chez ce nouveau tailleur, Armand de Saint-Simon. Il est charmant d’ailleurs, dommage qu’il ne préfère la compagnie des hommes, à ce qu’on dit. »

Elle décrocha son privaphone cuivré pour mander Rémi, son majordome. Les systèmes de communication téléphonique sur des réseaux privés étaient devenus la mode depuis que tout le monde se savait espionner par les services nationaux et les dispositifs privés des prestataires industriels. Lady V avait donc choisi de développer son propre réseau de communication. Tout d’abord au sein de sa propre demeure, puis en liaison avec les personnes de son entourage.

Rémi Valentin était le factotum de la maison. Ancien aide de camp de la défunte mère de Lady V, il était resté au service de sa fille afin de veiller à son éducation et de prêter attention à ce que des malandrins ne lui veuillent aucun mal. Rémi Valentin avait été de ceux qui avaient été contraints rapidement de s’adapter en vivant aux côtés des pionniers des nouveaux réseaux. Expert en arts martiaux, il était connu pour être une des meilleures lames d’Europe et peu osaient le défier en connaissance de cause. Désormais âgé d’une cinquantaine d’années, il était le chauffeur personnel de Lady V tandis que sa compagne Béatrice faisait office de cuisinière et de gouvernante de la demeure. Tous deux veillaient à ce que la jeune femme soit la plus heureuse possible.

Les prétendants étaient nombreux d’autant que la fortune de Lady V était immense, notamment du fait des inventions de son aïeule, qui avaient fait les beaux jours de l’industrie néo-industrielle. Les plus grandes firmes avaient acquis une partie de ses brevets pour pouvoir développer leurs projets ambitieux et devenir les fleurons mondiaux de cette nouvelle économie survenue très rapidement après celle de l’industrie lourde. Les réseaux de tuyaux parcouraient intégralement la cité, avec un système d’énergie offert par la puissance de la vapeur et des dispositifs communicationnels parallèles qui permettaient une circulation des news et des documents quasiment en temps réel. Certains n’hésitaient pas à avancer que l’information était devenue la nouvelle matière première de l’ère qui avait débuté vingt ans plus tôt. Seulement personne ne savait encore réellement ce qu’était véritablement l’information. Les dirigeants n’y comprenaient rien et tentaient tant bien que mal à retarder les échéances de la mutation notamment en se préparant à une guerre totale.

La demeure de Lady V . avait été une des premières à être équipée des nouvelles technologies et les tuyaux de cuivres avaient été parfaitement customisés pour s’intégrer de façon harmonieuse avec le reste de la décoration. Toutes les pièces avaient été raccordées aux systèmes énergétiques et communicationnels les plus modernes. Lady V. avait tout de même décidé de conserver l’ancien dispositif de pneumatiques pour communiquer plus facilement avec ses domestiques. C’était d’ailleurs le moyen qu’elle utilisait le plus souvent pour faire part de ses envies à Béatrice qui n’aimait guère les technologies récentes.

Béatrice avait de plus en plus de mal avec les frasques de Lady V, car elle faisait parfois courir des risques insensés à son époux. Mais elle savait que Rémi avait besoin de cette dose d’adrénaline pour pouvoir trouver un peu de bonheur dans l’existence. Rémi aimait tout particulièrement conduire le véhicule ultrarapide à moteur alternatif de Lady V, la Viper qui parvenait à se faufiler partout tout en bénéficiant de plus grand confort. Combien de fois, était-il arrivé juste à temps pour récupérer Lady V d’une impasse dans laquelle elle s’était mise. Mais elle était comme ça, insaisissable, goûtant chaque seconde la vie pour en puiser la quintessence.

Rémi lui fit donc porter sa nouvelle tenue spécialement conçue pour s’adapter à son écosystème informationnel et pour mieux mettre en valeur son esprit et la jeunesse de son corps. Il installa l’ensemble sur son valet de bois. Lady V devint alors rayonnante, exulta et sortit enfin de son lit. Sans la moindre gêne, elle ôta un à un ses vêtements devant Rémi qui visiblement fit mine d’être choqué, notamment car il savait que c’était toujours à ce moment-là que Béatrice se plaisait à venir. Ce fut une nouvelle fois évidemment le cas. La nudité de la demoiselle l’exaspérait, car elle trouvait ce comportement indigne d’une dame de haute estime. C’était aussi le moment où Rémi la rassurait et ne manquait pas de lui glisser un baiser comme preuve de leur amour vieux de plus de vingt ans.

Ignorant les réactions de ses serviteurs, Lady V commença tranquillement à se vêtir tout en annonçant :

« Ce soir, j’ai soif d’aventure. Je sors. Le jeune baron du réseau des étudiants pleins d’avenir m’a convié à sa soirée. Le Spiegelnet est le réseau sur lequel il faut absolument être et la soirée promet d’être riche en rencontres diverses et sera certainement l’occasion de pouvoir se lancer dans de nouvelles aventures. »

Lady V poursuivait son soliloque tout en commençant à se vêtir peu à peu. Quelques minutes plus tard, elle était prête. La femme qui se contemplait dans le miroir n’était pas de celle que l’on pouvait oublier. Un haut chapeau bordeaux aux laçages violets sur le devant couronnait sa tête et venait mettre en valeur une veste type queue-de-pie dans les mêmes tons que le chapeau avec un velours imperméable -temps pluvieux oblige – qui contrastait avec un laçage de satin violacé. La veste laissait toutefois entrevoir une chemise prune satinée dont le col ouvert permettait aux audacieux de jeter un regard sur le corsage. Cette attraction avait plus d’une fois nui à ceux qui avaient tenté de la combattre à l’épée. Perdant momentanément leur concentration, ils durent le regretter amèrement.

Lady V portait ce soir un pantalon de la même couleur que la veste avec de longues bottes remontant au-dessus du genou avec la reprise des mêmes laçages violacés. Nul doute, le créateur Armand l’avait sublimée avec cette nouvelle tenue. Elle était resplendissante, mais le nec plus ultra était à venir. Car Armand n’était pas seulement un excellent tailleur, c’était aussi un génie de l’habillage digital. Il était de ceux qui savaient à la perfection vous vêtir avec les meilleurs outils et tissus qui vous rendaient grâce. Lady V ajouta alors à son cou un petit médaillon d’argent qui dissimulait en fait une min-caméra haute technologie capable de la suivre dans ses moindres mouvements. La caméra était reliée à un central d’informations et de données situé dans le grenier de sa demeure. Grenier qui n’avait rien d’insalubre bien au contraire et qui était le lieu de résidence de son amie Dominique. Dominique était celle qui analysait les données transmises à partir des éléments recueillis pour en informer si possible en temps réel Lady V. Cette dernière était de ceux qui avaient fait le choix de changer de vie en quittant leur sexe originel. Officiellement connu sous le nom de Dominique Alain pour les spécialistes en intelligence digitale qui lisaient quotidiennement son carnet, Dominique vivait en réalité une existence totalement féminine et s’avérait une redoutable séductrice.

Fidèle alliée de Lady V, Dominique était toujours présente quand elle en avait besoin. Un retour de service depuis une rupture familiale un peu compliquée liée à sa situation transgenre qui déplaisait fortement à sa famille.

Une montre en or vint couvrir le poignet gracieux, mais finement musclé de la jeune femme. Cette montre dissimulait en fait un système qui analysait immédiatement la condition physiologique de celui qui l’a portait. Elle contenait également un émetteur qui permettait de la retrouver si besoin. C’était justement ce dispositif qui avait permis plus d’une fois à Rémi Valentin de venir la récupérer avec la Viper.

Dans la poche intérieure gauche de sa veste, elle déposa tranquillement son mundaneum, cette super bibliothèque digitale inventée par un idéaliste belge grâce à laquelle on pouvait accéder à toutes les connaissances disponibles. Le dispositif était couplé à un système de transmission qui lui permettait de communiquer par téléphone à distance sur des réseaux sécurisés.

Dernière pièce ultime, les lunettes. Lady V ne les portait pas tout le temps malgré une myopie grandissante. Elles étaient joliment décorées par des motifs floraux qui entouraient les verres correcteurs. Ces verres permettaient d’améliorer la vision de la réalité afin de disposer d’informations complémentaires qui étaient soit envoyées directement par des algorithmes puisant dans des bases de données publiques ou plus confidentielles. Dominique était maître dans le paramétrage des lunettes qui ne fonctionnaient que pour Lady V, qui n’avait alors besoin que de les chausser pour aussitôt déclencher l’ouverture des possibilités digitales. Qui d’autre voulait les porter n’y aurait vu que de banales lunettes de vue alors qu’il s’agissait d’un puissant élément informationnel et de communication.

Il ne manquait plus rien à Lady V pour être prête à sortir, ou plutôt si, un dernier élément dont elle ne se séparait que rarement : sa fidèle canne de décoration, noire ébène avec un pommeau doré surmonté d’une salamandre, le symbole de Lady V. Mais cette superbe canne était également une arme redoutable et dissimulait une épée qu’elle maniait à la perfection grâce aux leçons de Rémi Valentin.

Lady V s’admira une dernière fois dans son psyché. Une seule chose était sûre. Rien ne pourrait lui résister ce soir et tous finiraient par succomber.

Rémi Valentin ouvrit galamment la portière de la superbe voiture noire comme la nuit qui était aussi la plus rapide et la plus performante de l’époque. Construite par un physicien dont on n’avait plus trace actuellement suite à une tentative de télétransportation, elle avait été héritée par Lady V.

Elle s’installa dans le fauteuil confortable à l’arrière du véhicule tandis que Rémi prenait place dans l’habitacle de conduite. La voiture démarra en un quart de seconde, quelques minutes plus tard, Rémi Valentin déposait Lady V au sein de la demeure du baron dont les armoiries étaient symbolisées par une montagne de sucre.

 

Pour la suite, c’est ici.

 

Parution de Hot et Steam

couverture hot et steam
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La période des vacances est propice à des publications moins sérieuses qui facilitent l’évasion. Je vous propose donc la lecture de mon nouveau roman, Hot et Steam que j’ai écrit l’été dernier pendant mes vacances dans les Pyrénées ariégeoises. Finalement, il m’a fallu un an pour finaliser le projet, pour trouver le temps de la relecture et des corrections. J’ai encore quelques travaux qui demeurent ainsi en suspens, mais j’ai jugé qu’il était temps pour hot et steam de sortir.

Le projet était simple : écrire un roman dans une ambiance steampunk avec une héroïne intrépide. L’histoire de base a donc été écrite en une quinzaine de jours l’année dernière. Les corrections se sont davantage étalées. L’ouvrage est disponible uniquement sous format numérique. De ce point de vue, je garde la lignée de mes publications précédentes sur Publienet. Je dois finaliser durant l’année universitaire, un nouveau roman qui évoque la puissance de la société Argos. J’espère y parvenir.

Bon, mais Hot et Steam, lors de quoi ça parle ? Voici le teaser :

Londres, à la toute fin de règne de Victoria, la jeune et intrépide Lady V. est en quête d’aventures et de romance. Alors qu’elle rêve de combattre des ennemis en chair et en os, elle est confrontée à un adversaire bien plus coriace : un démon qui semble bien décidé à éliminer toute la nouvelle société digitale présente à la soirée du célèbre baron, créateur du réseau social le plus en vue. Dans une atmosphère steampunk où les nouvelles technologies bouleversent la fin de l’ère victorienne, Lady. V tente d’éviter le pire pour profiter du meilleur. Meurtres étranges, personnages haut en couleur, fantômes malfaisants, inventions improbables, hot et steam est un cocktail explosif qui ne demande qu’à vous séduire.

couverture hot et steam

Mon dernier roman en mode steampunk

Il est disponible pour l’instant uniquement sur Amazon ( peut-être le démon de l’histoire finalement ?). C’est l’occasion pour moi de tester également l’autopublication et ses arcanes. Il devrait être disponible dans quelques mois sur d’autres plateformes. Cela me permettra en même temps d’étudier les ressors de ce mode de publication et des mécanismes de rétribution. J’en reparlerai probablement.

En fonction du succès ou du non succès, il y aura une suite ou pas. J’ai pleins d’idées potentielles, il me faut trouver le temps et la motivation pour le faire alors que j’ai beaucoup trop d’autres travaux d’écriture, notamment des articles à écrire et à réviser avant septembre, sans compter les projets qu’il faudra finaliser pour les déposer rapidement en octobre. Tout cela pour dire que les fenêtres pendant lesquels je peux totalement déconnecter du travail pour écrire de la fiction sont de plus en plus rares et de plus en plus restreintes.

Malgré tout, l’écriture de fiction est aussi un moyen pour moi d’exprimer différemment des points et des sujets qui me tiennent à cœur, et ce court roman s’inscrit dans cette lignée. Vous y retrouverez des réflexions actuelles simplement déplacées dans une atmosphère victorienne dopée aux réseaux cuivrées, aux énergies à vapeur dans lequel l’occulte se mêle au rationnel. Une véritable entreprise de rétro-archéologie des médias que permet plus aisément la fiction.  J’ai voulu réaliser une histoire courte, au rythme punchy, un peu à l’instar des Bob Morane où l’action se succède jusqu’à la chute finale. Un roman à énergie alternative qui permet de s’évader tout en incitant à quelques réflexions. Peu-être le début d’un nouveau style de littérature, tant l’idéal pour moi serait de produire des romans type Arlequin mais avec de quoi nourrir une réflexion et de sortir des archétypes genrés. De « l’évaréflexion » en quelque sorte.

Si vous ne savez pas vraiment ce qu’est le steampunk, je vous conseille la lecture de cet article que j’avais écrit à la même époque pour Intercdi. Finalement, le roman ne constitue que son pendant fictionnel.

Pour quelques euros, vous pouvez tenter de vous évader quelque peu.

 

 

 

Une erreur historique : Leibniz et Gabriel Naudé

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Une erreur historique découverte en cours, pendant lesquels j’insiste pour que les étudiants usent de leur accès web pour compléter et corriger ce que je raconte .  Un premier miracle a eu lieu hier matin, un étudiant a remarqué que j’avais fait une erreur d’un an sur une date de naissance. Pas de quoi être déstabilisé, mais une première et une bonne nouvelle.

Du coup, je les ai encouragés à  vérifier les dates de naissance quand j’ai oublié de les noter… et c’est alors qu’en écrivant les dates au tableau, je constate une terrible impossibilité historique que je commets dans mon cours et dans… mon livre Du Tag au Like à la page 16 !

Je raconte en effet que Leibniz, dont beaucoup ignorent qu’il a été bibliothécaire, a rencontré Gabriel Naudé… qui l’a inspiré dans sa profession et dans ses méthodes de classement et de classification.:

Gabriel Naudé. source wikimedia commons

« La bibliothèque du Duc Auguste de Brunswick-Lunebourg[1], la plus grande du monde au xviie siècle, est également intéressante, car ce collectionneur établit lui-même son propre catalogue, tandis que la tendance était plutôt de confier la bibliothèque du mécène à un érudit. Il établit un système classificatoire et des cotes qui sont également liées au format des ouvrages à des fins d’économie d’espace. Ce catalogue sera ensuite nettement amélioré par le philosophe Leibniz (1646-1716) qui lui succèdera en tant que bibliothécaire. Une carrière professionnelle qu’il mènera d’ailleurs pendant 40 ans. Sa rencontre avec Gabriel Naudé, le bibliothécaire de Mazarin, auteur de l’ouvrage Advis pour dresser une bibliothèque, rédigé en 1627, l’incite à constituer une bibliothèque universelle qui couvre tous les savoirs. Leibniz s’intéressa beaucoup aux travaux de classification et d’indexation et déplorait justement le manque de mots-clés dans les descriptions bibliographiques. »

Leibniz. Source wikimedia commons

Le problème dans cette histoire, c’est qu’il y a un mais… Gabriel Naudé nait en 1600 et meurt en 1653, tandis que Gottfried Wilhelm Leibniz nait en 1646 et meurt en 1713. Du coup, certes Leibniz est un génie sans doute précoce, mais une rencontre décisive alors qu’il n’a que 7 ans sur le lit de mort de Naudé semble plus qu’improbable.

Or Wikipédia rapporte plus ou moins la même histoire :

« Gabriel Naudé occupe une place centrale dans l’histoire des bibliothèques et de la bibliophilie. D’abord, par la publication, 1627, de son Advis pour dresser une bibliothèque’. Naudé, « l »homme de France qui avoit le plus de lecture » (Bayle), le futur bibliothécaire de Mazarin, celui, aussi, qui enseigna, plus tard, le classement et le maniement des livres à Leibniz, est le premier théoricien d’une bibliothèque systématiquement organisée »

Nul doute que Leibniz a lu Naudé, mais Wikipédia parle carrément d’enseignement !

Si  moi aussi, je raconte cette histoire (fable ?), c’est que je l’ai lue non pas sur wikipédia mais dans les articles qui évoquent la carrière de bibliothécaire du philosophe et mathématicien allemand. C’est le cas de l’article passionnant de Jacques Messier dont celui paru en 2007 dans Argus et dont on peut lire une version allongée ici, Un bibliothécaire parmi les humanistes : Gottfried Wilhelm Leibniz (1646 – 1716). Voici ce que nous en dit Jacques Messier :

« Leibniz fit également la rencontre du bibliothécaire du Roi, Gabriel Naudé, auteur de l’ouvrage  A(d)vis pour dresser une bibliothèque, rédigé en 1627.  Cet ouvrage lui inspira l’idée de constituer la bibliothèque universelle, couvrant tous les domaines du savoir. Gabriel Naudé, conçoit une bibliothèque destinée au grand public contenant des ouvrages sur tous les sujets susceptibles d’intéresser le plus grand nombre.  Il dresse un catalogue par ordre alphabétique d’auteurs et de sujets. »

Je ne suis donc pas le seul à faire la même erreur. Mais pourquoi cette erreur ?  La réponse est peut-être dans cet ouvrage sur les fondations de la bibliothéconomie allemande que je n’ai pas encore eu le temps de consulter et que commente le BBF :

« Dès cette époque, pourtant, la cause des bibliothèques ne reste pas un vain mot pour l’Allemagne, même morcelée, qui en possède alors deux particulièrement célèbres. L’une se trouve à Wolfenbüttel, où plane encore l’ombre de son directeur, Leibniz, qui a également été bibliothécaire à l’autre, celle du duc de Brunswick, à Hanovre, et s’est inspiré de l’Avis pour dresser une bibliothèque de Gabriel Naudé. De plus, Leibniz a, sans doute, été le premier, comme le constate l’auteur, à prendre conscience du profit que pouvait tirer des ressources d’une grande bibliothèque de recherche le progrès des connaissances, et de l’intérêt qu’il y avait à procéder à des acquisitions régulières pour maintenir une bibliothèque au courant de l’activité scientifique et littéraire, plutôt que de lui préférer une bibliophilie, parfois coûteuse. Il en était de même pour Lessing, également appelé à une fonction officielle dans une bibliothèque. »

Cela nous permet d’émettre l’hypothèse que ce n’est pas Leibniz qui a rencontré Naudé, mais peut-être le fameux duc de Brunswick, qui est son propre bibliothécaire et qui possèdait une bibliothèque considérée comme la plus grande de son époque. Leibniz lui succèdera dans cette mission de classement. Une hypothèse séduisante, mais dont je n’ai aucune preuve.

Par contre, les autres hypothèses possibles sont des rencontres avec des personnes différentes portant le nom de Naudé. Il est possible que Leibniz est rencontré Gabriel Naudé… mais le fils ! Naudé était libertin, on peut imaginer une filiation. Au passage, il y a pas mal de bibliothécaires libertins, je pense notamment à Casanova. Mais je n’ai pas trouvé trace d’une telle hypothèse. L’article de Robert Damien ne nous en apprend pas plus.

Troisième hypothèse, la confusion entre Gabriel Naudé et Philippe Naudé, à qui Leibniz a adressé une lettre. Les deux Naudé n’ont rien à voir, le second est huguenot quand le premier justifie la Saint Barthélémy.

Pour l’instant, j’ai préféré rejeté l’hypothèse que Gabriel Naudé puisse avoir survécu sous la forme d’un ectoplasme ayant suivi des ouvrages qu’auraient acheté le duc de Brunswick quand la bibliothèque de Mazarin a été dispersée. Il aurait alors conversé avec Leibniz sous cette forme. Pas très crédible pour un des théoriciens de la raison.

Voilà, où j’en suis, j’attends vos hypothèses !


[1] Schneider Ulrich Johannes, « Quel système de savoir ? Du “jardin des livres” de la bibliothèque du duc Auguste au catalogue de Leibniz », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2006-2, n° 82, p. 8-14.