Enquête de Peerevaluation.org sur de nouvelles formes d’évaluations des articles scientifiques

Je signale juste une enquête en ligne (en anglais) qui ne vous prendra pas plus de 5 minutes sur l’évaluation par les pairs et les formes innovantes qui pourraient être envisagées à l’avenir pour améliorer le processus. Il suffit de vous positionner sur plusieurs aspects en fonction de votre expérience et de la manière dont vous imaginez une évaluation scientifique sur des dispositifs en ligne.

L’enquête est menée par Peerevaluation.org , plateforme dont l’équipe travaille sur des nouvelles métries (openmetrics and altermetrics) et qui propose un réseau social dédié à ces questions. Il est probable que le projet évolue aussi en fonction des réponses.

J’en reparlerai certainement à nouveau.

 

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La formation aux cultures numériques : le livre !

Voilà! J’ai le plaisir de publier chez FYP éditions, mon premier ouvrage : La formation aux cultures numériques dont le sous-titre est : une nouvelle pédagogie pour une culture de l’information à l’heure du numérique.

Le livre est issu de travaux de recherche, d’expériences de terrain en tant que professeur-documentaliste et formateur mais le style d’écriture et le contenu vise un public beaucoup plus large.  Je remercie mon éditeur qui a veillé sur ce travail afin qu’il soit accessible au plus grand nombre. J’ai donc du faire quelques efforts pour éviter de trop parler d’hypomnemata!

Voici donc la présentation de l’éditeur :
Peut-on vraiment prétendre qu’il suffit de faire partie de la génération Y – d’être né à l’époque des jeux vidéos et de l’internet – pour posséder une maîtrise innée de la gestion de l’information et des outils du numérique ? Les mutations engendrées par le numérique ouvrent la porte à de grandes potentialités, mais également à de nombreuses interrogations sur l’évolution intellectuelle, culturelle et éducative de la société. Cet ouvrage met en évidence les dangers et les problématiques de la confusion entre usages et culture. Olivier Le Deuff questionne notamment les évolutions de la lecture, de l’écriture et de l’exercice de notre pensée. Il explique comment former les individus à des environnements numériques toujours en construction et qui, eux aussi, nous transforment. Il propose une nouvelle pédagogie pour l’acquisition d’une culture de l’information et l’adaptation à la civilisation numérique. L’auteur montre également comment adapter les programmes éducatifs, les méthodes et les lieux de formation, et quels sont les apprentissages nécessaires pour les jeunes et les adultes qui doivent désormais se former « tout au long de la vie ». C’est un ouvrage indispensable aux enseignants, formateurs, pédagogues, gestionnaires de l’information, politiques, créateurs de nouveaux services, à tous ceux qui s’interrogent sur le devenir de la formation, et pour que les « natifs » du numérique ne deviennent pas les « naïfs » du numérique.

C’est aussi une forme de prolongement du blog. Il est en effet opportun de temps en temps de changer de support de diffusion.

 

Bonnes lectures

Education Nationale : la dangereuse empreinte administrative comme substitut disciplinaire

Sous couvert de réformes, l’Education Nationale part en vrille depuis plusieurs années.  Cette descente aux enfers s’effectue sous la houlette d’un ministre dont le tribunal de l’histoire se chargera d’un réquisitoire sans concession.

La nouvelle évaluation des enseignants du secondaire se fera principalement selon la vision du chef d’établissement, ce dernier étant lui-même évalué. Il s’agit en gros d’évaluer surtout la conformité avec les projets décidés en haut lieu. Et qu’on ne se méprenne pas, ces projets n’ont rien de pédagogique, c’est tout au plus du bidouillage lié à une culture du résultat qui cherche à remonter de bons chiffres pour flatter l’égo du premier dirigeant du ministère. Cette culture du résultat chiffré et bidouillé n’a aucun sens et aucune réalité concrète sur le terrain.

L’objectif est de mettre en place un système moins couteux et qui parait plus clinquant en apparence notamment en substituant les recrutements d’enseignants par des moyens informatiques plus performants. L’objectif étant aussi de  faire plaisir aux dirigeants d’entreprises informatiques. Pas de pédagogie dans tout cela mais des instruments de flatterie et du mensonge.

Depuis quelques années, le poids des enseignants et des formateurs au sein de l’EN a fortement diminué (désintégration de l’IUFM)  au profit de profils administratifs qui bien souvent constituent des freins à l’innovation, mais qui sous couvert justement de cette dernière, cherchent à imposer leurs vues malgré les réticences et les autres voies offertes par le terrain et par la recherche.

On critique parfois à raison, une trop forte crispation et attachement des enseignants à leur discipline d’origine. Cependant, la logique actuelle est de poursuivre une logique disciplinaire de plus en plus rude et stricte au sens foucaldien qui est celle du contrôle sur les corps et les esprits : un biopouvoir qui s’exerce sur les élèves et les personnels. Ce contrôle disciplinaire devient essentiellement politique et administratif et n’a que peu d’effets pédagogiques si ce n’est de considérer que des évaluations forcées et bidonnées relève de la pédagogie.  Le premier dirigeant du ministère transforme le ministère en une armée avec des généraux et des sous-chefs contraints d’obéir  à des ordres que d’aucuns trouvent souvent idiots. Mais plus personne n’ose rien dire, la peur gagne les rangs à tous les niveaux : l’Education Nationale devient la grande muette !

En ce qui concerne les professeurs-documentalistes, c’est le même effet : rien ne semble se produire tant le terrain escompte sur la lassitude de l’administration a égrené des nouveaux projets peu convaincants et surtout dangereux.

Pascal Duplessis a bien décrit les manœuvres et les dangers qui guettent le corps des professeurs-documentalistes. Or, le terrain reste muet notamment sur les listes de diffusion où l’inertie voire la banalité prend peu à peu le pas. Chacun semble se préoccuper de soi ; l’intérêt général si ce n’est au moins l’impression d’appartenance à un corps en danger devient  peu mis en avant. En grande partie, parce que plus grand monde n’ose s’exprimer publiquement de peur…de représailles. Les mails privés, les discussions en aparté dominent mais personne n’ose.

Comment peut-on imaginer que le lieu où doit se forger l’esprit critique et la capacité à exprimer son opinion argumentée telle que le nécessite une démocratie soit devenu à ce point censuré et auto-censuré ?

Clairement, pour les professeurs-documentalistes, une des solutions possibles peut se construire dans l’espoir d’une alternance politique. Cette solution est simple : c’est la sortie pure et simple et définitive de l’égide de la vie scolaire pour aller vers la création d’un corps d’inspecteurs dédiés.  Sans cette sortie, il n’y a aucun espoir car ce serait rester sous le contrôle direct d’une administration exécutive qui n’a plus rien de pédagogique. C’est la seule perspective pour le développement réel d’une culture de l’information et de son volet didactique.

Le learning center par opposition constituerait le tombeau définitif du mandat pédagogique et ferait sortir les professeurs-documentalistes du corps des enseignants.  Mais il n’y a pas que les professeurs-documentalistes. Il apparait de plus en plus clairement que c’est d’ailleurs une commande du ministère de supprimer un maximum de corps d’enseignants et de faire disparaître un grand nombre de disciplines.

Alors pour finir, j’ai envie d’inviter à renverser la tendance.  C’est maintenant qu’il faut s’exprimer.  Soit l’alternance se concrétise et on pourra placer des espoirs si on l’a bien préparée, soit elle ne se fait pas et la fin de l’EN sera alors inéluctable d’une manière téléologique.  Mais au moins, on sera mort les armes (intellectuelles ?) à la main.

Mais j’ai bon espoir dans un renouveau pour ma part et j’ai envie de renverser les menaces.  En cas d’alternance, on saura parfaitement se souvenir de qui aura joué lamentablement double-jeu et aidé le premier dirigeant dans ses bas desseins. C’est donc l’heure de l’ouvrir et de proposer des pistes de renouveau.

Mise à jour :  A lire aussi cet article sur Slate.

Best of SI du mois d’octobre

Un petit retour sur les billets qu’il fallait ne pas rater en octobre. L’occasion aussi de découvrir et de redécouvrir de nouveaux blogs et blogueurs.

Posted from Diigo. The rest of my favorite links are here.

Veille et analyse documentaire

C’est probablement parce que je dois donner des cours à l’IUT sur le sujet que je m’aperçois qu’une pratique un peu désuète comme le résumé prend tout son sens dans un travail de veille. J’essaie depuis quelques mois de mieux détailler sur diigo les résumés des ressources que j’indexe, notamment quand il s’agit de les mettre à disposition dans le bouillon.

Lionel Dujol effectue un effort du même type en résumant de manière indicative également sa veille. Il fait le choix d’en donner moins, mais de veiller justement à une bonne qualité de l’information qui se trouve déjà pré-analysée.

La fameuse « curation » critiquée très élégamment par Frédéric Martinet, c’est en fait simplement la redécouverte d’une sélection de l’information organisée, thématisée avec des résumés au moins indicatifs. C’est aussi la possibilité d’offrir des synthèses, voire des notes de synthèses (un de mes autres cours à l’iut d’ailleurs) un peu à l’instar des excellentes réalisées à l’INRP (je me souviens jamais du nouveau nom). Bref à nouveau de la documentation pur jus. On a beau dire, on y revient toujours.

Ces techniques d’analyse de l’information sont pleinement essentielles aujourd’hui. Plusieurs formes sont évidemment possibles. Les méthodes cartographiques mériteraient d’être considérées comme des analyses à part entière. Récemment, j’ai proposé à mes étudiants de travailler à partir d’un texte complexe et assez long de Rémi Sussan qu’ils devaient résumer. Pour mieux les aider dans cette tâche, on a procédé collectivement à une cartographie des concepts et des idées fortes avec cmaptools. Voici la réalisation faite en cours

Visualisation du texte de Rémi Sussan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout cela pour dire, qu’il faut que le travail de veille ne soit pas qu’un simple signalement mais qu’il constitue une étape propice à la réflexion et à l’apprentissage de connaissances. La jolie carte de Richard Peirano pour explique son PLE (Personal Learning Environment) s’inscrit dans ce cadre.

Désormais, ces techniques d’analyse documentaire se déclinent et peuvent connaître diverses formes avec le numérique. Les outils de « curation » présentent donc des intérêts à condition qu’ils ne demeurent pas de simples gadgets mais bel et bien inscrit dans une stratégie d’analyse poussée.

Le blog du chercheur ou l’effet trampoline

La réflexion  de François Bon, lue ce matin, a un peu aidé la mienne sur le sujet de l’écriture du blog, notamment pour un enseignant-chercheur.

Le blog d’un chercheur est-il une  production professionnelle ou amateur ? Il est évidemment impossible de trancher. De même que prétendre que tous les écrits d’un blogueur qui serait chercheur appartiennent nécessairement à la science. On se trouve clairement dans un entredeux, un de ces espaces qui paraissent parfois dérisoires aux gens sérieux, mais qui sont pourtant essentiel à la communication scientifique et à la communication tout court. C’est souvent là que se joue et s’opère les transitions du fait de la construction d’un effet blogueur, au même titre que l’effet maître en pédagogie. Le blog construit une relation plus intime, liée à une confiance qui se construit peu à peu. Le blog devient le trampoline du chercheur qui peut aisément prendre de la hauteur à partir de ses recherches et de son quotidien. Ces prises de distance et de hauteur lui réclament aussi quelques efforts dans la manière de faire, mais sa régularité en fait une forme d’ascèse nécessaire, un exercice de soi qui recherche l’élargissement de sa pensée, de sa mise en contact avec l’autre. Un autre qui ne se limite pas à ses pairs mais qui s’étend à l’agora. Cette montée n’est pas sans risque, car elle peut être sujette à critiques, désaccords mais elle peut être aussi liée à l’hybris. Le blogueur quittant alors le trampoline, ne voulant plus descendre et préférant s’envoler vers les sphères médiatiques dans lesquelles il finit par se complaire. Il ne revient plus alors sur son terrain, le blog devenant alors autopromotion de soi. Le blogueur dès lors ne parle plus que de lui-même et finit par ne plus rien dire d’intéressant. Tout cela pour dire qu’il n’y a sans doute rien de pire que d’imaginer un blogueur scientifique qui deviendrait blogueur professionnel. L’essence de sa profession est ailleurs. Toutefois, blogueur est un véritable travail : en tant que travail sur soi mais aussi en tant que mise à disposition des autres. Si bien que si on peut considérer que blogueur-chercheur n’est pas une profession, bloguer fait bien partie du travail du chercheur et peut-être encore davantage de l’enseignant-chercheur du fait du caractère pédagogique apparent.

Dès lors, toute montée du blogueur n’en sera que meilleure s’il sait parfaitement retomber sur son terrain pour à nouveau se projeter.IMG_4245
Creative Commons License photo credit: jordan.olels

Réticularité décentralisée et réseaux associés.

Je publie ici des extraits de mon article sur les réseaux de loisirs créatifs disponible d’ailleurs sur archivesic sous forme de preprint.

Ref de l’article : (2010) « Réseaux de loisirs créatifs et nouveaux mode d’apprentissage», Distances et savoirs. Vol.8, n°4, p.601-621

1.1 Réseaux, communautés ou écumes?

Nous nous sommes intéressé au concept de communauté de pratiques pour qualifier ces réseaux de loisirs créatifs en retenant la définition suivante « un réseau social persistant et actif d’individus qui partagent et développent un fond de connaissances, un ensemble de croyances, de valeurs, une histoire et des expériences concentrées sur une pratique commune et/ou une entreprise commune » (Barab, Makinster & Scheckler, 2004, p. 55)

Un joli maillage à détricroter...

Le concept a reçu quelques critiques notamment le fait de ne pas assez prendre en compte les enjeux de pouvoir ainsi que les théories de l’acteur-réseau de Latour et Callon. De plus, le concept repose à la base sur des organisations qui sont principalement des entreprises et non des communautés en ligne, même s’il existe plusieurs transpositions, comme celle de Chanier et Cartier (Chanier, 2006) à propos d’enseignants qui échangeaient en ligne sur leurs pratiques et vécus. Ces derniers évoquaient également le concept de « communauté d’apprentissage ». Cependant, ce concept renvoie à un processus intentionnel d’apprentissage ce qui n’est pas nécessairement le cas présent. Nous sommes aussi face à des communautés en ligne ou virtuelles (Rheingold, 2001). De la même manière, la définition de ces communautés fait débat. Rheingold souligne d’ailleurs la nécessité pour les usagers de développer des compétences sociales et de participation (participation literacy) en tant que culture participative au sein des dispositifs en ligne. Rieder (Rieder, 2010) considère quant à lui que la réalité des communautés en tant que groupe privilégiant un intérêt commun (Gemeinschaft) est en fait fort rare. Rieder montre même que le concept de réseau qualifie de plus en plus une variété de relations de manière indifférenciée que le lien entre individus soit fort ou faible. De la même manière que pour celui de communauté, il conviendrait selon Rieder d’utiliser un autre concept. Il propose celui d’écume pour qualifier ces individualités de masse agissant entre des « membranes numériques » :

« Le web social introduit des nouveaux vecteurs de sociogenèse, des manières sociotechniques de production de liens sociaux. En partant des interfaces proposées par les membranes techniques, nous témoignons actuellement de l’émergence de nouvelles formes de prise de contact et de création de relation dont la médiation passe par la plasticité du substrat numérique. »

Ces nouvelles formes décrites par Rieder témoignent d’une complexité sociotechnique qui permet de prendre en compte l’individu[1] au sein du groupe. Le rappel de l’échelon individuel nous parait pertinent tant notre enquête et nos entretiens démontrent la constitution à la base d’un environnement personnel d’apprentissage et de traitement de l’information dont la mise en place est facilitée par les outils du numérique. Nous utiliserons malgré les mises en garde de Rieder, le concept de réseau et notamment de réseaux au pluriel pour qualifier ces diverses relations autour de centre d’intérêts communs. Nous privilégierons dans ce cadre le concept de « réseaux associés » tel qu’il est développé par Bernard Stiegler.

 

1.2 Des réseaux associés

Ces nouveaux agencements issus notamment du « web social » entrainent de nouvelles potentialités en matière de formation, particulièrement en formation continue et ce de manière informelle, ce que rappellent fort justement Jean Max Noyer et Brigitte Juanals à propos des technologies intellectuelles qui se développent actuellement (Noyer, 2010, p.38):

« Le renouvellement des dispositifs de formation continue et la remise en cause des systèmes de formation figés dans le temps comme dans les contenus. C’est à ces conditions que des dispositifs coopératifs impliquant des agents hybrides, hétérogènes, asynchrones et porteurs de temporalités et de subjectivités très différenciées, peuvent se développer. Ils sont susceptibles de fonctionner de manière performante selon des schèmes ascendants, « rhizomatiques » et favorisant les pratiques auto-organisationnelles. »

En cela, les réseaux de loisirs créatifs peuvent constituer un bon exemple de modèle des réseaux associés que décrit le philosophe Bernard Stiegler qui emprunte le concept à Simondon (Simondon, 1989) :

« Le concept de milieu associé a été forgé par Simondon pour caractériser un milieu technique d’un type très particulier : est appelé « associé » un milieu technique tel que l’objet technique dont il est le milieu « associe » structurellement et fonctionnellement les énergies et les éléments naturels qui composent ce milieu, en sorte que la nature y devient une fonction du système technique. » (Stiegler, 2006, p. 53)

Le milieu associé peut s’étendre dès lors à internet selon Stiegler :

« (…) Il existe de tels milieux techniques et industriels où c’est l’élément humain de la géographie qui est associé au devenir du milieu technique : tel est le cas du réseau internet. Et elle est la raison pour laquelle internet rend possible l’économie participative typique du logiciel libre. Internet est en effet un milieu technique tel que les destinataires sont mis par principe en position de destinateurs. Cette structure participative et en cela dialogique est la raison de son succès foudroyant. » (Stiegler, 2006, p. 53)

Stiegler évoque notamment les communautés du logiciel libre où les usagers peuvent partager et mettre à disposition des programmes qui pourront ensuite être testés et améliorés. Un parallèle a déjà été montré non pas directement avec les communautés des logiciels libres mais entre l’éthique hacker (Auray, 2002) et les réseaux d’usagers du tricot par Rose White lors d’une conférence à Berlin[2].

 

Ces réseaux associés reposent pleinement sur un réseau personnel d’apprentissage qui s’affranchit de la distance, ce qu’exprime parfaitement une participante à notre enquête :

« Comme j’habite dans un tout petit village à 30 kms d’une ville et que je viens de la région parisienne, ça me permet de m’évader du quotidien facilement et surtout d’apprendre pleins de choses. Quant aux blogs et ou les réseaux créatifs, moi qui n’est seulement commencer à tricoter à la main que depuis 1 an et demi, ça m’a permis de progresser énormément. J’avais bien une voisine qui tricote mais pas aussi « calée » que les certaines tricoteuses du web. On se fait des « tricopines » qui partagent le même hobby et on se « refile des tuyaux ». Les vidéos sont drôlement utiles, on peut prendre son tricot et regarder la vidéo, l’arrêter, revenir en arrière tout en faisant en même temps les explications. » (Usager n°165)

La transmission s’opère à la fois par contact direct via les messageries ou sur les forums mais aussi en y trouvant des éléments d’informations sur les blogs et les sites spécialisés. Les ressources pertinentes sont ainsi également partagées.

Références

AURAY, Nicolas. Ethos technicien et information. Simondon reconfiguré par les hackers. In Jacques ROUX. (sous la dir. de). Gilbert Simondon, Une pensée opérative. Publications de l’Université de Saint Etienne, 2002

BARAB, S.A., MAKINSTER, J.G., SCHECKLER, R. (2004). Designing system dualities: Characterizing an online professional development community. In S.A. Barab, R. Kling et J. H. Gray (dir.), Designing forvirtual communities in the service of learning. p. 53-90). Cambridge: Cambridge University Press

CHANIER, T., CARTIER, J. Communauté d’apprentissage et communauté de pratique en ligne : le processus réflexif dans la formation des formateurs. Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, 3(3), 2006

RHEINGOLD, Howard. Les communautés virtuelles. Addison-Wesley France, Paris, 1995RIEDER, Bernhard. « De la communauté à l’écume : quels concepts de sociabilité pour le « web social » ? », tic&société, Vol. 4, n° 1, 2010<http://ticetsociete.revues.org/822>

SIMONDON, Gilbert. Du mode d’existence des objets techniques. Paris : Aubier. 1989

STIEGLER, Bernard et al. Réenchanter le monde : La valeur esprit contre le populisme industriel. Paris : Flammarion, 2006

STIEGLER, Bernard. Prendre soin : Tome 1, De la jeunesse et des générations. Paris, Flammarion, 2008

WENGER, Etienne. Communities of practice : Learning, meaning and identity. Cambridge: Cambridge University Press, 1998

WENGER, Etienne. « Communities of practice and social learning systems. » Organization, 7(2), 225 – 246



[1] Il serait tentant de rappeler que l’échelon individuel concerne autant l’individu humain, que l’objet technique.

[2] Rose WHITE. The History of Guerilla Knitting, session in the 24th Chaos Communication Congress in 29-12-2007

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